LA LUNE ROUSSE, PUIS LA LUNE DE MIEL
Le mariage était conclu; mais la lune de miel se fit attendre. Le dauphin et la dauphin e débutèrent par la lune rousse. Les premières années de leur union ne furent guère heureuses. Maurice passa ces années -là en Flandre, loin de la cour où il ne fit que de rares apparitions. Préoccupé qu'il était, du commandement de son armée d'abord, puis, du gouvernement des provinces conquises, le maréchal n'eut guère le loisir d'approfondir les secrets du jeune ménage. En défendant de son épée et de son génie le sol et les intérêts de sa patrie adoptive, Maurice était heureux de penser qu'il travaillait désormais pour la fille de son frère et pour les enfants qu'elle ne tarderait pas à donner à la France. Il était disposé à voir tout en rose ; et, en fin de compte, il eut raison. Quand, après la paix, il revint finir sa carrière à Chambord, les brumes du matin s'étaient dissipées et ne troublaient plus le bonheur des jeunes époux. Le tendre intérêt que Maurice ne cessa jusqu'à la fin de ses jours de vouer à sa divine princesse, à sa petite dauphine, ne se démentit jamais. Ni la guerre, ni la