‹ Maurice, comte de SaxeChapitre 40 sur 103 · LA LENK R0TT8BR · texte numérisé non relu

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de Louis XV, la manoeuvre de Raucoux: il enleva, à la bayonnette, le village de Lawfeld qui donna son nom à la bataille; les troupes auxiliaires et les Anglais furent battus, mais les Autrichiens, commandés par le comte Batthyany, parvinrent cette fois encore, comme l'année précédente, à se retirer sans être entamés.

Le roi de France, coucha sur le champ de bataille, dans la commanderie „des vieux Joncs," maison qui, la veille encore, avait servi de quartier général au duc de Cumberland. C'est de là que Louis XV expédia un de ses pages à la reine pour lui annoncer la victoire. Bien qu'il n'eût le temps d'écrire ce jour-là ni à ses filles, ni à sa très- chère Pepa, le roi cependant n'oublia pas sa belle-fille dans la lettre qu'il envoya au dauphin pour le consoler de n'avoir pu assister à cette glorieuse journée:

A la commanderie, le 2 juillet 1747.

Je ne doute pas que Cabanac ne vous fasse plaisir à voir, peut-être du regret; mais, mon cher fils, vous avez de quoi vous consoler, si vous faites aussi bien que nous, d'une autre manière. Dites à vos soeurs qu'il ne m'est pas possible de leur écrire présentement, non plus qu'à votre femme: dites lui que notre général n'a jamais été plus grand qu'en ce jour, mais de le gronder, en le corn- • plimen/ani, de s'être exposé comme un grenadier. La vie que nous menons depuis trois jours n'est pas délassante;

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je vais tâcher de me reposer. Je vous embrasse de tout mon coeur. Vous avez deux menins de blessés ....

Après avoir donné des détails sur ces blessés, le roi ajoute :

Le Commandeur d'ici a changé d'hôte ; hier c'était le duc do Cumberland, aujourd'hui c'est moi. Je crois ce duc bien fâché; je ne sais, cette fois -ci, ce qu'il mangera •).

Après cette troisième victoire, Maurice manifesta de nouveau le désir d'obtenir pour la France la paix honorable à laquelle il avait travaillé tout l'hiver. Le général anglais Ligonier, qui avait été fait prisonnier à Lawfeld, fut mis en liberté et dépéché au duc de Cumberland avec des propositions sérieuses. Maurice aurait préféré traiter avec le comte de Batthyany et renouer sur le champ la négociation secrète dont nous avons parlé 2) ; son bon sens lui disait que l'Autriche désirait la paix, mais que l'Angleterre ne demanderait pas mieux que de continuer, aux dépens de ses alliés, une guerre qui lui assurait d'immenses avan-

Catmnac arriva le 5 juillet à Versailles. Le duc do Luynes parle de cette lettre dan» ses mémoires (VIII, p. 258), sans en donner le texte. Il ne cite que le passage relatif au maréchal de Saxe. La dernière phrase fait allusion à un propos du duc de Cumberland qui, se croyaut sûr de la victoire, avait dit, le jour de la bataille de Fontenoy : „Je coucherai ce soir à Tournay, ou bien je mangerai mes bottes."

•*) Voye», dans notre recueil, les lettres du 14 août et du 16 septembre 1747 (LXXXVI1I, LXXX1X et XC).

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tages sur mer; il sentait qu'il serait, par conséquent, plus facile de s'entendre avec le cabinet de Vienne qu'avec celui de Saint- James; mais d'autres influences prévalurent en ce moment; le maréchal céda, et entama une négociation qui n'aboutit qu'à des pourparlers infructueux entre Lord Sandwich et M. de Puysieux. Maurice l'avait prévu, et, bien malgré lui, il fut forcé de continuer les opérations et d'entreprendre le siège de Berg-op-zoom.

En quittant l'armée, vers la fin du mois de septembre, le roi avait nommé Maurice commandant général des Pays-Bas. Cette grande position réveilla contre lui les haines et les jalousies des bureaucrates. On le chicana, on l'ennuya de petites tracasseries; pour en finir, il se rendit à Versailles, au mois de décembre, très- décidé à se retirer à Chambord, si on ne voulait lui donner dans son gouvernement les pouvoirs qu'il réclamait. Tout fut réglé à sa satisfaction *). Maurice nous dira lui-même le cas qu'il faisait des honneurs et des privilèges qu'on lui enviait. La lettre suivante qu'il adressa le 24 décembre 1747 au roi, son frère, réfute bien des calomnies :

*) Lobs écrit de Versailles, le 21 décembre 1747: „M. le maréchal de Saxe est arrive ici. J'ai été requis d'employer mes bons offices pour le faire acquiescer h certains arrangements qui regardent le gouvernement des Pays-Bas, que le roi très-chrétien lui a donné sous le titre de commandant général, et je ne désespère pas de m'acquitter de cette commission à la satisfaction réciproque."

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A Versailles, le 24 décembre 1747.

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