‹ Maurice de GuérinChapitre 102 sur 125 · MELODIE AUTOMNALE · texte numérisé non relu

MELODIE AUTOMNALE

Dont il berce nos rêves En comptant sur ses grèves Ses poissons, ses oiseaux.

Et ses vaisseaux.

Du jour voici la chute Au sommet de la butte Qui domine si bien Tout le lointain ;

Allons de compagnie En une rêverie Balancer nos esprits.

Tous trois épris

Des vastes étendues Que le soir a rendues Vagues connue le ciel A l'œil mortel.

Les rêves sans nombre Qui le soir dans l'ombre Descendent des cieux Silencieux,

Et comme les pousse Leur fortune douce.

S'en vont dans les bois Chercher des toits

Sous la feuille grise.

Ou bien sur la brise S'en vont voltiger Et vovagcr ;

a88 MAURICE DE GUERIN

Ou le long des ondes Sur les grèves blondes Foulent le salin Du sable fin ;

Prêtant leurs oreilles Aux grandes merveilles Que l'océan dit

Durant la nuit;

Nous voyant trois âmes ' Ecoutant les lames Sur le tertre noir Le long du soir ;

Trois âmes songeuses, Trois âmes quêteuses De rêves errants

Parmi les champs ;

Et les feuilles grises, Et l'aile des brises, Et les sables doux

A levirs pieds mous,

Et le flot qui roule, Quitteront en foule 2, Pour faire ce soir Leur reposoir

Dans nos âmes pleines De douces haleines.

Où leurs ailes d'or Pourront encor,

1. Sans doute, Lui, llippolyle La Morvonnais et François du Breil de Marzan {Note du Manuscrit).

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