‹ Maurice de GuérinChapitre 103 sur 125 · PARLONS TOUT BAS · texte numérisé non relu

PARLONS TOUT BAS

Romance.

Quand on vient respirer le soir, sous la verdure, La dernière haleine du jour, Douce comme un parfum d'amour.

Heureux celui qui se penche et murmure : Parlons tout bas, parlons tout bas I On ne nous entendra pas.

C'était comme aujourd'hui ! la brise qui soupire Ainsi jouait dans ses cheveux, Ainsi resplendissaient les cieux.

Tout fors un mot que je ne puis plus dire : Parlons tout bas, parlons tout bas !

On ne nous entendra pas.

Mots à demi-formés, ravissante harmonie.

Bonheur qu'un rêve nous a fait D'autant plus doux qu'il est secret :

Que l'univers serait chose jolie,

Si l'on parlait tout bas, tout bas.

Pour qu'on ne s'entendît pas !

Page 1