‹ Maurice de GuérinChapitre 104 sur 125 · IV. — Poésies d'Eugénie relatives à son frère · texte numérisé non relu

IV. — Poésies d'Eugénie relatives à son frère

A MON Frère au collège.

PIeure[r] son or ou sa grandeur :

Ciel, auprès des pertes du cœur Que sont les maux de la fortune ?

Le coup le plus affreux du sort.

C'est de perdre un ami par l'absence ou la mort.

Hélas ! j'ai ressenti cette peine cruelle

Le jour où comme un fruit du rameau détaché. Mon frère, tu fus arraché De la demeure paternelle :

Combien je répandis de pleurs Et combien j'en répands encore !

Le temps a pu calmer d'autres douleurs.

Mais ta présence seule à ta sœur qui t'implore Peut rendre le bonheur.

Bonheur tardif, cruelle attente.

Quand on éprouve ta rigueur, Que la marche du temps est lente 1

Depuis qu'un sort jaloux te raWt à ta sœur.

Cinq fois j'ai déjà vu des rives de l'aurore L'oiseau voyageur de retour, Toi seul ne reviens pas encore.

Ce seul désir, la nuit, le jour.

Remplit mon âme tout entière.

Interrompt jusqu'à ma prière.

Hélas, ainsi que mon ennui

Je retrouve partout ton image charmante ; Cet enfant, cet oiseau qui chante

Me rappellent les jours où, chantant comme lui,

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