AOCTURNE ET ADIEU IO
s'est retire, il écrit son Journal dans la solitude et le silence de la nuit, à côté d'un feu qui s'éteint. L'Océan s'est retiré au loin ; il est calme, il dort, on ne l'entend pas. La brise soupire a peine dans le bois et tout le reste est tranquille. « Adieu, adieu, séjour bien-aimé, murmura-t-il à son cher Cahier ; je perds la moitié de mon âme en perdant la solitude. J'entre dans le monde avec une secrète horreur. »
Combien fut douloureuse la séparation qui s'accomplit le lendemain ! Dans ce moment pénible, Maurice demeura frappé d'un petit incident qu'il raconta plus tard, après la catastrophe de i835, dans une lettre restée inédite. Il avait fait déjà ses adieux ; ayant franchi le seuil, il descendait précipitamment le perron, pensant que tout était fini, quand il entendit encore des paroles qui lui venaient d'en haut. Il leva la tête et reconnut madame de la Morvonnais qui était ressortie pour lui dire encore une fois : adieu ! adieu ! « Je répondis sans être entendu sans doute, car l'émotion m'ôtait la voix, mais j'emportai au fond de mon âme, la vibration de ce mot fatal qui me tira bien des larmes... »
Maintenant, le moment est venu de traiter de deux questions d'ordre très différent posées par le séjour en Bretagne qui vient de s'achever.