I. Il ne s'agit pas d'Eugénie
L ENDIABLEE < LESPINASSE » I99
31 juin.
A mon retour, j'ai reçu une lettre de Guérin, triste, presque désespérée, et qui n'a trouvé en moi que sympathies et sensations du même genre.
2 juillet.
Couche tard, n'ayant rien mangé de la journée qu'un morceau de sucre et un peu de pain. Ce qui me rappelle que Guérin dîne aujourd'hui chez son ancienne charmante', son endiablée Lespinasse, qu'il frotte le plus qu'il peut de l'autre, par afîection et par admiration i)our toutes deux. O'ùne 1
27 juillet.
Guérin est venu me prendre. Revenu chez moi avec lui. Causé à bâtons rompus et jamais plus senti ce que c'est que notre liaison dans ces moments d'ennui et d'accablement que nous éprouvons tous les deux. Eprouver des moments d'ennui, ce n'est pas trop français, je crois, mais qu'importe I Au diable tous les esclavages, même celui de la langue ! passons ! — G... et moi, alors, nous sortons de cet état misérable par la moquerie de nous-même et de tout être vivant et même possible. — Voulais le garder à dîner, le monstre, mais m'a impitoyablement refusé malgré le pi'ospectus séducteur du dîner que j'avais à lui offrir. — Donc s'en est allé trouver sa Caro. — Bienheureux lorsqu'il est une femme, au regard éloquent, qui vous accueille quand vous rentrez à la maison. Cela me manque à moi. Aussi je deviens égoïste, cruellement égoïste, car cette vieille radoteuse de Bible a raison quand elle dit : Il n'est pas bon que l'homme soit seul.
29 juillet.
Je voudrais pourtant bien aller voir la fiancée de G[uérin]. Mais c'est si loin ! — N'importe ! elle me chanterait ma romance, et je me trouverais peut-être assez d'estro pour faire étinceler son œil bleu-de-lotus en lui débitant mes extrava-