‹ Maurice de GuérinChapitre 90 sur 125 · UNE SOIRÉE AVANT LV DISPERSION · texte numérisé non relu

UNE SOIRÉE AVANT LV DISPERSION

Le feu du soir reluit dedans la cheminée, C'est le dernier rayon d'une douce journée

Qui s'en va loin des yeux.

Un peu triste, un peu lente, ainsi que la dernière Des colombes traçant une file légère

Dans le lointain des cieux.

Oh ! le beau vol des jours dont les charmantes ailes Ont traversé le ciel comme les tourterelles

Dont je parle en ces vers ; Ils étaient blancs et doux et leur brillant passage N'a laissé d'autre bruit que d'une aile qui nage

Dans le vague des airs.

Et maintenant assis près des tisons de chêne. Je rêve au lendemain, à la route lointaine

Qui m'ouvre sa longueur.

L'avenir devant moi comme la mer murmure, Comme le vent qui va chantant dans la voilure

L'hymne du voyageur.

Et nous allons causant des douceurs de famille, De cet àtre du Val où toujours flambe et brille Avec le feu rêveur

1, Avant la dispersion des hôtes du petit paradis de la Chênaie.

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