‹ Maurice de GuérinChapitre 91 sur 125 · L HYMNE DU VOYAGEUR 27 I · texte numérisé non relu

L HYMNE DU VOYAGEUR 27 I

Le bout d'aile d'un sylphe errant parmi la flamme, Qui jette en voltigeant à pleine main dans l'âme Et dans le fond du cœur

Mille rêves choisis, mille douceurs exquises, Mille parfums plus doux que la foule des brises

Courant parmi les bois :

Et dans les cieux' et l'âme où leur demeure est douce, Lèvent, comme Zéphir se cachant dans la mousse.

Mille charmantes voix.

Mais tandis que je vais au fil des causeries Enchaînant bien des mots et des choses fleuries

Et ce que j'ai de mieux, Une plainte s'élève en cette part de l'âme Où les bonheurs couchés laissent un peu de flamme.

Comme le soir aux cieux ;

Au fond de moi je chante une hymne de tristesse, Car tout bonheur éteint au sein de l'âme laisse

Un regret pour chanter, Et je fais aussitôt courir, courir ma plume Car je sens en mon cœur l'hymne qui se rallume

Et le vent s'agiter.

Qui portera ma voix où je veux que demeure

Tout trésor de mon cœur, soit qu'il chante ou qu'il pleure.

Vers les séjours heureux Qui m'ont fait plus rêver à la bonté des âmes Que ne peut dans mon sein jeter le bruit des lames

De rêves glorieux ?

Le Val de TArgnenon, novemln-e i833.

Ces stances se rattacliont à la pièce qui, dans la Thébaïdc des Grèves, a pour titre : Dispersion. Celte pièce devait être et elle sera désormais dédiée à Maurice et à un autre ami de Maurice, M. Paul Quemper.

(IS'ote de M. Morvonnais.) 1. Le cœur, dans la copie de ^I. de ?ilarzan.

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