LE FRÈRE DE SAINTE THÉRÈSE
Thérèse avait un jeune frère.
Ils bâtissaient ensemble dans le jardin de petits liermitages.
(Vie de S" Thérèse.)
Connaissez-vous les Espagnes Aux royaumes renommés, Aux magnifiques campagnes Aux monts de pampre embaumés ?
Connaissez-vous de Grenade Le ciel et le nom si beaux ?
Ses grands rois, ses fiers taureaux Et la douce sérénade ?
Connaissez-vous l'Alhambra, Ce palais de mains divines, Ce dais qu'une fée ouvra En dentelles et perles fines ?
Suivant l'histoire au fil d'or Sur ce beau sol où tout brille, Ah ! connaissez-vous encore Un noble enfant de Castille ?
Un jeune saint d'Avila,
Dans la gloire mal à l'aise.
Et qui ne se révéla
Qu'à Dieu, qu'à sa sœur Thérèse.
En vain pour l'admirer le monde le chercha, Lui, ne cherchant que Dieu, dans l'ombre se cacha. Les anges sur son front contemplaient leur image. Le ciel resplendissait dans son œil rayonnant, Les hommes le prenaient pour un fils de Pelage Ou du grand Ferdinand.
I . A rarprocher de celte pièce celle que composa Maurice : La Sainte Thérèse de Gérard (éd. p. .'107).
298 MAURICE DE GLERIN
Oui, toujours cherchant Dieu, l'aigle, les hautes cimes. Son œil pour se poser ne tiwuvait que le ciel : Il pleurait de génie aux pointures sublimes De Murillo, de Raphaël.
Et pour le beau son culte et son amour extrême Eclataient en grande hymne, en ravissant propos : Ame d'élite, esprit de la troupe suprême..
(Un vers manque.)
Oh I la suave poésie
Quand il chantait l'Andalousie,
Les bergers au soleil brunis.
Vierges et fleurs sous leur mantille.
Et les fiers vallons de Gastille
Et les cieux brûlants de Tunis.
Quand aux drapeaux flottants de gloire
Il chantait des chants de victoire.
Les pèlerinages des rois
A Saint-Jacques de Gompostclle,
Et la grande reine Isabelle,
Joutes, carrousels et tournois.
Dans des extases séraphiques Sa harpe avait de saints cantiques.
Tels que ceux que chantait David.
Il fit comme un dorix chant de messe Pour la croix qu'en sainte tendresse ^ Sa sœur au cou lui suspendit.
Ah ! c'était en sa sœur aimée Que son amc ardente ou calmée Epandait ses chants pour le ciel.
Ainsi qu'un orgue dans un temple ; Et jamais il ne fut d'exemple De plus bel amour fraternel.