OO MAURICE DE GUERIN
se rencontrent environ quatre-vingts lettres inédites de Maurice, des dossiers de documents provenant de Cil. Marie, Gandar, etc., et aussi les lettres de d'Aurevilly. Mais d'autres trésors restent assurément cachés : l'énorme cahier de Miscellanées et celui qui renfermait des Paysages^ dont parle Barbey en i853 ; il doit subsister quelque part une réunion de ces projets, essais, canevas, que Guérin affectionnait de rédiger sur de petits papiers, à la manière d'André Chenier, dont certains traits le rapprochent si naturellement 2. Il est certain que le Centaure et la Bacchanle ne sont pas les seuls poèmes du même genre, sinon achevés, du moins conçus et préparés par Guérin. Qui nous rendra les autres 1^ Essayons cependant de scruter à nouveau cette figure mystérieuse et troublante, en nous servant des matériaux, déjà considérables, qu'il nous a été donné de réunir. Si notre siècle s'annonce, plus que tout autre, avide de littérature intime, s'il recherche avec tant de ferveur à reconstituer l'histoire des âmes, nul doute que celle dont nous allons parler ait tous les titres pour l'intéresser au plus haut point.
1. Il est très possible, toutefois, que les Paysages en question correspondent au Cahier vert qui en contient un grand nombre.
2. Voy. la note de B. de Marzan dans l'éd. Trébuticn, in-12, p. 44o : « Sauf une peut-ôtre, la plupart de ces imitations (des poètes Eschyle, Sophocle et Aristopliane) restèrent à l'état d'ébauches, et Guérin n'en parle pas dans son Journal, où il ne dit rien non plus d'une infinité d'autres pièces qu'il m'a lues ou qui furent ou égarées ou détruites, ni d'aucune de celles qu'il m'adressa jusqu'à la dernière, qui est de Paris, 1 3 avril i83/i. »