Paul Qucmpcr
ACTIVITÉ JOURNALIÈRE l33
instant, à nous délasser chacun de nos misères, par des causeries où tout le mal s'oublie. Nous tirons représailles du monde, en le raillant dans notre réduit : VeiKjeance chimérique et lointaine qui ne le blesse pas, mais qui charme nos ressentiments. J'écrirai prochainement à François et à Amédée '. En attendant, mille douces amitiés. Faites agréer, je vous prie, mes respectueux souvenirs à votre famille : mille et mille baisers au petit ange.
Votre Ami,
Paris, i" mai i835.
A SA Famille.
Félicité est abonnée au « Musée dos familles », mais elle commence à s'en fatiguer. Ce sont de tristes bribes accompagnées d'un mauvais dessin : charlatannerie au fond, exploitation des départements.
J'aurai le plaisir de voir M. de La Morvonnais dans quinze jours ; il doit venir avec un autre jeune homme, son ami et de ma connaissance. Il ne vient pas pour Paris, mais pour les amis qu'il y a, car tu penses bien qu'il ne recherche pas le genre de distractions qu'on trouve ici.
— J'ai été voir le petit Combes à S'-Nicolas du Chardonnet, il est déjà sauvage comme un petit séminariste.
— Mes leçons se maintiennent sur le même pied, tant dans le collège qu'au dehors. J'ai déjà pris des arrangements avec M. Buquet pour passer les vacances comme l'année dernière. C'est la meilleure manière de les passer, n'allant pas au Cayla. Ce sera un temps de travail que je désire beaucoup ; je m'appartiendrai un peu plus qu'aujourd'hui, et de plus j'y préparerai les moyens de me procurer pouj- l'année prochaine les ressources que j'ai eues dans celle-ci.
Ma santé se trouve bien de la vie laborieuse que je mène. J'ai pris l'habitude des courses journalières, et m'y voilà tout à fait rompu. Je vis par mes jambes autant que par ma tète.