‹ Maurice de Guérin, d'après des documents inéditsChapitre 61 sur 141 · M" DE GUÉRIN · texte numérisé non relu

M" DE GUÉRIN

rue de Lille, lo, hôtel de Valence.

Paris, II octobre i835.

A. EUGÉME.

Celte lettre est publiée (éd. in-12, p. 3ù9) jusqu'à ces mots : de cette foule et j'y étoufîe un peu.

Ce qui suit est inédit :

Le collège Stanislas me fournit toujours les mêmes ressources, et je continue au dehors les leçons que je donnais déjà l'année dernière. J'ai deux choses à faire, à gagner de l'argent et du temps. Cela est quelquefois diiricile à concilier, surtout lorsque la besogne est répartie sur divers points assez éloignés les uns des autres, mais cela apprend l'économie des heures, science d'un grand prix.

J'ai appris avec bien du chagrin qu'on vous ôte M. Bories '. Cet homme est si aimable et d'une si grande ressource dans un

I. Curé de Cahuzac ; il partit, en efTet, quelques mois plus tard. Son départ causa une grande tristesse au Cayla {Lettres. d'Eugénie, p. loô et passim).

1 iO MALUICE DE GUEUIN

pays comme Cahuzac... Celui qui le remplacera (qui est-ce?) sera d'un bien grand mérite, je ne dis pas s'il le fait oublier, mais s'il le rappelle. ISI. Bories est-il parti ; s'il ne l'est pas, quand doit-il partir ?

Auguste et sa famille vous envoient mille amitiés. Ses enfants deviennent gras et frais à qui mieux mieux. Le petit qui, jusqu'ici, était maigre et pâle a tourné tout d'un coup vers la prospérité et le coloris.

Vos vendanges sont-elles bonnes ? Nous n'avons ici que du froid et de la pluie : le raisin pourrit, voilà tout.

Adieu, ma chère amie, je t'embrasse et tous en même temps.

M" DE GuÉRIN.

l'aris, 5 décembre i835.

A M. H. DE LA MOHVONNAIS.

Celle lellre esl publiée (éd. p. 35SJ depuis : Cette impatience de savoir.... jusqu'à: Je ne veux pas essuyer ce rire.

Ce qui SLtit est inédit :

Vous louchez, en passant, une plus haute question quand vous m'annoncez que vous avez parlé à ma sœur de mon ébranlement dans ma foi à l'avenir du Catholicisme. Ces questions religieuses sont en eflet d'une telle élévation au-dessus de ma tête que je n'essaierai pas ici ni ailleurs d'en approcher. Le Catholicisme porte, dit-on, la société, la société me porte et je suis un fardeau si léger et si vain qu'il leur restera bien assez de force à l'un ou à l'autre pour me soutenir moi et un grand nombre encore, sans doute. Aussi vais-jc sans inquiétude sur ce point. Ceci a [t-il] la tournure d'une profession d'égoïsme assez formelle ? nullement, mon ami. J'ignore la nature du vaisseau sur lequel je navigue ; je sais seulement qu'il ne sombrera pas de mon vivant, c'est ce que je constate. Adieu, mon ami, cette lettre s'est trouvée prise comme à mon insçu par la réponse aux questions que vous m'aviez adressées. Si vous n'y trouvez pas marqués ces souvenirs tristes et secrets qui vous alarment si douloureusement, ne l'imputez pas à mon affai-

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