‹ Maurice de Guérin, d'après des documents inéditsChapitre 66 sur 141 · ALPHONSE RABBE · texte numérisé non relu

ALPHONSE RABBE

de l'écrivain que Victor Hugo chanta avec tant d'émotion, quand la mort l'eut enlevé aux lettres, le 3i décembre 1829 :

Hélas 1 que fais-tu donc ! ô Rabbe, ô mon ami ! Sévère liistorien dans la tombe endormi !

Le Centaure de M. A. Rabbe fut publié pour la première fois en 1822 dans le n" du journal Y Album du 25 septembre, loo*" livraison, sous ce titre : « Le Centaure (traduit d'un manuscrit grec, récemment découvert dans les Archives du Vatican, par l'abbé Angelo Maio {sic) ». Cet intitulé est une petite supercherie dans le goût du temps, et comme il y en a beaucoup chez Rabbe. Le poème en prose dont nous nous occupons reparut, en 1826, dans les Annales romantiques (p. i34), dix ans par conséquent avant que Guérin eût conçu le sien. L'ayant lu dans ee recueil, je fus aussitôt amené à penser qu'un lien probable existait entre les deux œuvres, écrites l'une et l'autre en prose poétique. Mais comment établir que Guérin avait réellement connu celle de son prédécesseur ? Transcrivons, avant de traiter ce petit problème, le texte de la pièce de Rabbe, aujourd'hui bien ignorée. Elle est divisée en douze strophes de prose *.

I. Il y a quelques différences entre les diverses éditions de ce texte (1822, 1825, i835-i836). Ainsi, en i836, la première strophe est scindée à partir de sa belle proie ; le mot vélocité remplace le mot rapidité (Çi' ligne). Comme l'édition de 182.0 a été donnée par l'auteur lui-même, nous en adoptons le texte de préférence. Dans l'avant-dcrnière strophe, le texte de i836 porte destinée, au lieu de deslinés, qui est peut-être moins clair.

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