‹ Maurice de GuérinChapitre 40 sur 44 · MA SŒUR EUGÉNIE · texte numérisé non relu

MA SŒUR EUGÉNIE

Vai là go d'onfance.

J'aimais à ni'asseoir

l'our voir Dans le ciel immense L'oiseau voyager

Léger.

Quand ie ciel couronu; Le» horizons ticus

L)c feus, Plus d'un soir d'automne Aux bois m'a surpris

Assis,

î. » Dans lo ritioier mois dp. 18.1.1. pous éliops ,tii bcrl de la Ranfe, pftil fleuve de Brotagne, qui lie Saint-Malo, la ville des grèves... et Dinan, la vilib lux vallons romantiques... Le 31 décembre, après une promenade dans les bois, où Maurice avait pris beaucoup de plaisir à fouler ces feuilles sèches, en modulant un air national de son pays, il écrivit sur ce même air une élégie dont voici le text .. »

,H. DE La Mobvonnais, l'Université cn/Zio/i^ui?, janvier 1S-11.|

L'éditeur n'a pu résister au désir de clore le recueil des IUliquiœ de Maurice de Guérin par ces vers, très-imparfaits sans doute, mais qui expriment n'un.! manière touchante le sentiment qui, selon lai, a tenu et dû tenir la meilleun place dans le cœur du poëte. On compreudra ce désir et cette peoséo lorsqu'on aura lu, après les ccu\Tés do Maurice, ce qui nous est aussi reste de sa

t(KOR BUOÉNIB.

«Il POft.MES.

Écoutant les ailes Qui rasaient les toits

Dos bois, Bruissant entre elles Comme les flots clairs

Des mers.

Et ces mélodies Pénétraient mon cœur

Rêveur, Et mes rêveries Faisaient mieux qu'un roi

De moi.

Ma soeur Eugénie Au fronl pâle et doux,

Ciiez vous.

Bois pleins d'harmonie, Aux soupirs du vent

Souvent Mêlait sa romance Qui faisait pleuvoir

Le soir La douce abondance Des pleurs qu'au désert

On perd.

Elle aimait mes rêve»

Et j'aimais les siens Divins;

POEMES. 4f*

Et nos heures brèves Passaient sans témoin

Au soin De faire l'éclian.L^e Do Ijiens entre nous

Si doux ; Mille rêves d'ange Allaient de son seio

Au mien.

Quand la feui.ie grise Sous le vent follet

Houlait :

« Vois comme la brise Fait de ces débris

Des bruits, »

Disait Eugénie:

£t toutes les fois

Qu'au bois La feuille flétrie Au vent qui passait

Tombait, Elle, sans parole, Alais levant tout dro i

Son doigt, ♦

3Iontrait ce symbole Qui dans I air muet

Tour.iait.

A travers les branches

Et parmi le noir

Du soir, 2>' des ailes blancties

Reluisaient soudain,

I\loii sein De mille pensées Soulevant le poids,

Ma voix Disait : « Nos années Sont ces passagers Légers. »

Sur nos têtes frêles.

Poussés par les vents,

Douze ans Ont battu des ailes Depuis les accords

D'alors; Jlais leurs ailes lourdes Dans l'ombre des soirs

Trop noirs Passent toutes sourdes Sans bourdonnements

Charmants.

Voici qu'uno .innée Du mont éternel

Du ciel Vers nous inclinée.

Sur nous va passer,

Glisser.

Vous fiui, par les plaines..

POEMES. iVo

Écoutez les chants

Errants Dos choses loinlaiiics, Oiiel est aujourd'lnii

Celui De l'an qui s'avance?

l''sl-ce uu oiseau doux

Vers nous Portant l'espérance El le rameau fiais

De paix?

Quel bruit font ses ailo*^ Je voudrais avoir

Ce soir De sûres nouvelles De ce nouvel an

Venant :

Auia-t-il les cliarmes.

Ma sœur, de ces jours

Si courts Où toutes nos luîmes Venaient du bonheur

Du cœur?

MorJreus, 31 décembre 1S33.

FiN DE= POKMEs

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