‹ Maurice de La Sizeranne: Aveugle, Bienfaiteur des AveuglesChapitre 11 sur 21 · L’ASSOCIATION VALENTIN HAU Y · texte numérisé non relu

L’ASSOCIATION VALENTIN HAU Y

« avec l’assentiment de l’autorité compétente, être formés « dans les villes où l’Association comptera un certain nombre « d’adhérents. » Je la rêve plaçant auprès de chaque aveugle la main qui doit le conduire et le soutenir dans la vie ».

Moins de deux mois plus tard, le 28 janvier 1889, V Association Valentin Haüy était officiellement constituée.

Trois commissions allaient se partager la tâche.

La première, la Commission de propagande, n’avait pas seulement pour fonction de faire connaître l’œuvre, d’y -faire affluer les adhésions et les dons : à elle incombait de créer un vaste mouvement d’opinion en faveur des aveugles, de répandre partout l’idée de l’aveugle utile.

La seconde, dite Commission d’études et publications, constituait en quelque sorte le cerveau de l’organisme. Sa tâche est d’élaborer les idées que les différents services traduiront en actes. Elle « étudie les systèmes d’enseignement intellectuel et professionnel, les appareils, les outils spéciaux, leur perfectionnement et leur vulgarisation. Elle se préoccupe du matériel scolaire spécial, de l’unification des systèmes et de la coordination des efforts, du choix des ouvrages à publier, de l’impression et de la vente à bon marché des livres en relief ».

Mais tout converge vers la troisième commission, la Commission de patronage. Les deux premières n’ont fait que préparer. son action, l’une en disposant le public à faire travailler l’aveugle, l’autre en fournissant à l’aveugle les instruments dé sa culture et de son travail ; son rôle à elle est de le soutenir dans toutes les circonstances de sa vie, de la naissance à la mort.

Voici une première section qui s’occupe des enfants audessous de l’âge scolaire. Elle éclaire les parents sur l’avenir possible, leur donne les conseils indispensables à la première éducation, enfin l’âge venu, place l’enfant à l’école et l’y suit pendant la durée de ses études.

Une seconde section chargée des enfants d’âge scolaire désigne l’établissement qui convient, entreprend toutes les démarches nécessaires pour l’obtention d’une bourse quand il y a lieu, suit ses pupilles tout le temps de l’écolage.

Une autre section est consacrée aux adultes susceptibles de faire un apprentissage. Ce sont ou des aveugles d’enfance qu’on a négligé de placer en temps opportun à l’école spéciale, ou, plus souvent, des aveugles frappés à l’âge adulte et qu’il faut rééduquer. L’Association s’occupera de les faire admettre dans un atelier, à la sortie elle leur fournira l’outillage nécessaire et tâchera de leur procurer du travail.

La section qui suit, dite des « adultes travailleurs », comporte des services qui, constate le premier rapport annuel de l’Association, varient à l’infini comme les circonstances où les patronnés se trouvent placés. Le musicien demande un poste d’organiste, des élèves pour le piano et le violon, des partitions de musique à bon marché ; le brossier souhaite qu’on lui fournisse du chiendent au prix de gros et qu’on écoule le plus possible de ses brosses.

Enfin une cinquième et dernière section prend en charge les vieillards et ceux qui, incapables d’aucun travail par suite de leur âge ou de leur état de santé, ne peuvent être qu’assistés pécuniairement ou hospitalisés. A ceux-là il faut indiquer les organes appropriés d’assistance, désigner l’asile qui les accueillera, prodiguer douceurs et encouragements. Bien que l’Association eût, dans le principe, désiré réserver de préférence ses ressources pour les travailleurs, cette section prendra par la force des choses une importance croissante en raison du nombre considérable d’aveugles frappés dans la vieillesse.

Les résultats vont très vite dépasser les espérances de Maurice de la Sizeranne.

Il compose fort habilement son conseil d’administration. Avec ses collaborateurs éprouvés desjpremièresj années, ce

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