‹ Maurice de La Sizeranne: Aveugle, Bienfaiteur des AveuglesChapitre 6 sur 21 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

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Qui donc écrivait à un aveugle : « Mon ami, consentez d’abord à être aveugle. » Il y a un art de vivre en aveugle. On ne l’acquiert qu’ après avoir consenti à la cécité. Nul n’a plus simplement, j’allais dire plus librement accepté sa condition que Maurice de la Sizeranne. On croirait que c’est de lui-même qu’il parle quand il écrit d’un de ses maîtres :

« Il était l’opposé de ces aveugles qui, pour ainsi dire honteux de la cécité, s’imaginent se donner des allures de clairvoyant en refusant une aide : ils ne font qu’accentuer ce que le spectacle de l’aveugle aux prises avec telle ou telle difficulté peut avoir de pénible pour celui qui l’observe. Lui estimait que le mieux était d’être simplement aveugle. »

A vingt ans la vie s’ouvre facile devant Maurice de la Sizeranne. Il a de belles relations, la fortune ; il se plonge avec délices dans la fête des idées ; ses cours de la Sorbonne et du Collège de France lui sont un enchantement. L’art ne l’attire pas moins : c’est le temps où Paris se passionne pour ou contre Wagner; lui est un fervent wagnérien et il fait grand tapage parmi les manifestants de la « première » de Lohengrin. Il compose même, forme le projet d’un grand poème musical et, au mariage de sa sœur, dans l’église Saint- François-Xavier, en 1877, on exécute sur l’orgue un morceau écrit pour cette messe. Quelle tentation c’eût été, pour une âme moins noble, de rompre avec ce monde d’aveugles qui lui rappelle constamment son humiliante infirmité, de

s’évader dans une vie de loisirs studieux, d’être à l’avenir aussi peu aveugle que possible !

Maurice continue de fréquenter chez Nant, à l’Institution Nationale. Tous deux jouissent ensemble des lectures qu’il se fait faire par le jeune Besnard, un de ces élèves voyants instruits parmi les aveugles en échange des services qu’ils rendent. On lit Pascal, les biographies des grands maîtres de la musique. Besnard se souvient que pendant la lecture M. de la Sizeranne « piquait » des notes sans relâche. Un poste de professeur de flûte et de piano se trouvant libre, il l’obtint : il veut rester de la maison.

Une longue pleurésie, qui inquiéta les siens, le contraignit à renoncer à son enseignement dès 1880. Mais, après comme avant, entre le 37 et le 56 du boulevard des Invalides ce sont de perpétuels va-et-vient : l’appartement de Maurice est ouvert aux camarades. Quel dommage : pour passer d’un numéro à l’autre il y a le boulevard à traverser. Les autos ne le sillonnaient point en ce temps-là comme aujourd’hui. Seuls pourtant les plus audacieux s’y hasardaient en plein jour sans guide. Le soir, en revanche, dans le calme provincial du quartier tout le monde entreprenait bravement l’expédition.

Bientôt, dans la maison hospitalière transportée 14, avenue de Villars, un petit cercle d’hommes distingués se formera, où l’on parlera art et littérature. Quelles délices pour les musiciens de F Institution, les jours où Vincent d’Indy vient exécuter et commenter quelqu’une des œuvres de Wagner alors dans leur nouveauté! Le jeune maître arrive quelquefois dès deux heures, s’installe au piano. Pourvu qu’il ne regarde point sa montre : le coup de six heures le surprendra peut-être oubliant dans une partition les tracas de sa vie d’artiste. Maurice de la Sizeranne sait bien que ces journéeslà ne sont pas seulement une fête pour ses camarades, qu’elles sont précieuses pour leur formation artistique.

Lui-même passe souvent de longues heures à l’Institution. Pour se rendre compte du travail des ouvriers, il s’attarde dans les ateliers de tour, de chaiserie, d’accordage et de fac-

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ture de pianos : « Pas un Érard dans la maison, lui dit un jour le professeur d’accord. Mes élèves en rencontreront dans leur clientèle. Il importe de les familiariser avec des pianos de toutes marques. — Obtenez donc du directeur de les faire sortir quelquefois, répond la Sizeranne : vous les amènerez chez moi : mon Érard est à leur disposition. » Il aimait la « salle commune » où les professeurs de la maison déposaient leur chapeau, et venaient entre deux classes travailler ou causer. C’est là qu’il rencontrait Ballu, son ancien maître. Ballu qui, entré tout jeune comme élève, puis devenu professeur, était maintenant comme une pierre spirituelle de l’édifice, vivait tout entier par et pour sa chère Institution. Il était l’inventeur de plusieurs procédés fort ingénieux pour faciliter et perfectionner l’écriture et l’impression du Braille. Ballu parlait de Braille, qu’il avait eu pour professeur trente ans plus tôt dans cette même maison, des mérites du procédé Braille, des moyens d’en tirer plus de bienfaits encore. Surtout, il parlait de ses anciens élèves, car il suivait chacun d’eux comme un père dans leur vie si rude. Il citait avec orgueil ceux qui avaient fait honneur à l’enseignement reçu dans la maison. Il savait sur quelles difficultés tel autre s’était brisé.

« Mes enthousiasmes de la vingtième année trouvaient en lui de l’écho, écrira Maurice de la Sizeranne. Il ne les partageait pas tous, mais il s’y intéressait beaucoup. Il me mettait en garde contre tel danger, telle idée ou combinaison séduisante en théorie, mais déjà condamnée par une expérience à moi inconnue. Combien il m’a été précieux de trouver en lui, au début de ma carrière de typhlophile, à la fois l’audace d’un esprit inventif constamment à la recherche de quelque progrès nouveau, et la connaissance du passée c’est-à-dire l’expérience qui calme les trop impatientes ardeurs. »

Parfois des collègues de Ballu, Bernus, le professeur de grammaire, Edgar Guilbeau, le professeur d’histoire, venaient se mêler à l’entretien. Parce qu’il a voulu vivre en aveugle parmi les aveugles, la générosité native de la Size-

ranne trouve un terrain propice où s’épanouir; et ses enthousiasmes, que Ballu douche parfois, prennent une orientation précise.

Mais le regard de son cœur porte bien plus loin que celui de ses interlocuteurs. Eux parlent de leurs élèves, les aveugles de l’Institution; lui pense à tous les aveugles de France.

L’Institution, pour lui, c’est la preuve expérimentale, la vivante, l’irréfutable démonstration, chaque jour vérifiée, que Valentin Haüy ne s’est pas trompé quand il s’est proposé de relever l’aveugle par l’instruction et par le travail. Il heurtait chaque jour dans la conversation les noms d’aveugles qui étaient la fierté de la maison : Penjon, chargé d’enseigner les mathématiques au lycée d’Angers ; Claude Montai, qui, après avoir ouvert la profession d’accordeur aux aveugles, était devenu l’un des premiers facteurs de pianos sur la place de Paris; Gautier, Roussel, dont l’orchestre de l’Institution exécutait de remarquables compositions. Laissons ces privilégiés. Chaque année, ne voyait-il pas sortir, en moyenne, une quinzaine d’élèves qui se plaçaient comme organistes, professeurs de musique, accordeurs, instituteurs ou institutrices d’aveugles? Les femmes musiciennes, depuis une vingtaine d’années surtout, trouvaient des emplois dans des pensionnats religieux où, chargées de tenir un harmonium, de diriger des chœurs, de donner des leçons de musique, elles étaient de suite en mesure de suffire à leurs modestes besoins. Pour les hommes, la tâche était souvent plus laborieuse parce qu’on visait plus haut. Pourtant, beaucoup parvenaient à conquérir leur place entière dans la société, souvent à fonder un foyer et à élever une famille.

Pourquoi donc n’arriverait-on pas à généraliser ces résultats, à faire à beaucoup plus d’aveugles une vie utile et indépendante? L’idée d’un bienfait possible, en s’installant dans un cœur tendre, y prend la forme d’un devoir. Il

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pensait aux aveugles frappés à l’âge adulte, dont on venait bien de parler abondamment au Congrès de 1878, mais pour lesquels il n’y avait encore aucune école de rééducation. Aux enfants même l’Institution n’offre que 225 places. Comment les autres, qui ne reçoivent souvent dans des écoles trop pauvres qu’une culture fragile, jetés dans la vie sans soutien, parviendraient-ils à se tirer d’ affaire?

Le remède? L’Institution montre au doigt dans quelle direction le chercher. Car enfin, à quoi doit-elle ses succès ? Outre l’excellence de son enseignement, elle en est redevable surtout à sa société de patronage, Société de Placement et de secours des anciens élèves , qui se charge de découvrir des postes, d’y faire admettre ses sujets en dépit du préjugé, qui les soutient moralement et financièrement à leurs débuts et prolonge son aide aussi longtemps qu’il est besoin. Cette société groupe autour des intéressés le directeur, les professeurs de la maison, ceux qui les ont formés, qui se passionnent pour leur succès, et qui les encadrent maintenant dans la lutte pour la vie. Maurice de la Sizeranne s’y fait la main. Et d’abord il la dote d’un Comité de dames patronnesses où il enrôle sa mère et ses deux soeurs.

Et le voilà qui se prend à rêver d’une société analogue, d’une société très riche, très puissante, qui pour les anciens de l’Institution compléterait l’action de la Société de Placement et qui étendrait son ombrage tutélaire à tous les aveugles, sans exception. Elle prendrait l’infirme dès l’enfance, le conduirait vers l’école qui lui convient ; et nomme sans une solide instruction il n’y a point de patronage efficace, elle commencerait par éclairer les écoles et par les aider ; mais surtout elle organiserait la vie des aveugles dans la société, et pendant toute leur existence se ferait la tutrice de tous ceux qui auraient besoin d’elle. A ce prix seulement, pensa-t-il, la grande idée de Valentin Haüy pourra devenir une réalité.

Presque enfant, la Sizeranne avait regardé en face toute la tâche. En 1877, — il avait vingt ans — il eut, à l’infirmerie de l’Institution, où il était malade, une conversation avec

un de ses camarades qui me la rapporte. « La Société de Placement, disait-il, fait une oeuvre admirable ; mais s’occuper des seuls anciens élèves de l’Institution, c’est bien peu. Comprends ceci : tout aveugle, ouvrier ou artiste, incapable ou capable, est un frère d’infortune vers lequel nous devons tendre la main. »

Et de même que la révélation de Valentin Haüy, la découverte de Louis Braille n’a pas porté encore tous ses fruits. On se félicite autour de la Sizeranne des progrès réalisés. Il pressent, lui, de bien autres promesses encloses dans le génial groupement des six petits points de Braille.

Que Braille ait été peut-être timide dans ses prévisions, rien de plus naturel : il vit pendant un quart de siècle F Institution, sa chère maison, repousser officiellement son système, dont professeurs et élèves, d’ailleurs, s’emparaient chacun en son particulier. A la veille de sa mort seulement, il entendit son directeur faire volte-face, et proclamer solennellement dans un discours de distribution des prix les mérites de son alphabet. Il eut la joie de penser que désormais tous les livres d’instruction allaient être imprimés selon sa méthode.

Devina-t-il que, comme une tramée de poudre, ses petits points allaient se propager dans toutes les écoles, à travers l’Europe, l’Amérique, bientôt l’Asie? Quel stimulant pour ses amis de voir une à une toutes les institutions qui se fondaient en France vers cette époque adopter le Braille, d’apprendre chaque année que de nouveaux centres en Suisse, en Italie, au Brésil étaient gagnés ! Quand Maurice de la Sizeranne faisait ses classes à l’Institution, la conquête de l’Angleterre se poursuivait rapidement en vertu d’une décision prise peu auparavant à Londres par un jury d’aveugles. C’était maintenant le tour de l’Allemagne : le verdict du congrès des instituteurs allemands allait intervenir en 1879.

Pourtant, à F Institution de Paris, qui conserve son avance,

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après trente ans, les livres sont encore en bien petit nombre : voyez l’inventaire de cette époque : en dehors des partitions musicales, encore très pauvres, on dispose de quelques ouvrages de piété, d’ouvrages scolaires comprenant de rares textes classiques du dix-septième siècle, en tout une cinquantaine d’ouvrages formant 120 volumes. La grande entreprise, ç’a été un dictionnaire de la langue française, un dictionnaire en quatre volumes in-4° s’il vous plaît, imprimé en 1875, pour lequel on a dû imaginer un système spécial d’abréviation. Au total les livres Braille ne sont guère plus nombreux que n’étaient hier les livres en caractères romains de Valentin Haüy.

Mais Maurice de la Sizeranne rêve tout autre chose. Est-il donc chimérique d’espérer que les aveugles auront leurs périodiques? Un essai vient justement d’être tenté en Italie. Il le suit avec attention. — Et pourquoi les musiciens aveugles ne posséderaient-ils pas bientôt de riches collections de partitions leur permettant de rivaliser avec leurs concurrents. — Voyons loin : pourquoi le Braille un jour n’offrirait-il pas même toutes les ressources nécessaires à une haute culture intellectuelle? Affaire d’argent, sans doute. Affaire d’organisation surtout peut-être.

Commençons par scruter le Braille, pour en bien dégager les ressources. Remédier dans la mesure du possible au défaut de tout livre destiné à la lecture tactile^cpii es^on volume encombrant, simplifier les méthod^ÿ^mf^èggiin, ces problèmes techniques sont les premie^^^n^^^er. Voilà justement que Ballu s’y appliqué J0è Il raconte à son ami que l’autre jour, comm^MIpSÉ^rsait le jardin des Tuileries, il a eu l’intuition d’une méthode qui permettra de couvrir de points le verso des pages aussi bien que le recto, par conséquent de réduire de 50 pour 100 la dépense de papier.

Persuadons-nous bien que c’est par le Braille que se fera l’émancipation des aveugles. Autour du poinçon, de la tablette, du livre Braille ils doivent se serrer, parce que c’est de là que rayonne pour eux toute lumière.

Le titre de la première brochure de Maurice de la Sizeranne, Les aveugles utiles (1881), est à lui seul un programme.

« Qu’est-ce qu’un aveugle au point de vue social? demandet-il. A en croire beaucoup de personnes, c’est un être à part, inutile à la société pour laquelle il est une charge s’il est pauvre, et un embarras s’il est riche. Dans le premier cas il est fatalement voué à la mendicité ; dans le second à l’oisiveté ; dans tous les deux à l’ignorance. »

Or, tant que dominera cette conception de l’aveugle, comme un vent de mort elle desséchera toutes les semences que Maurice de la Sizeranne et ses amis sont prêts à répandre. Comment l’aveugle travaillerait-il si le public sceptique s’obstine à ne pas lui confier de travail?

La notion qu’il faut substituer à celle-là date d’hier : l’aveugle est un homme comme les autres, avec une incapacité partielle, diminué sans doute dans sa faculté de production, apte pourtant, sous la condition de choisir des occupations appropriées, à se rendre utile dans la société.

Il sera donc nécessaire, tout en organisant le patronage, de mener une vaste campagne d’idées en vue de déraciner ce qu’on appelle déjà le préjugé de la cécité. Si le public est ignorant à ce point, c’est peut-être en somme qu’on n’a rien fait pour lui montrer l’expérience qui se poursuit depuis un siècle. On ne lui a point parlé de Valentin Haüy ni de Louis Braille. Pas de milieu entre le lourd traité de pédagogie qui ne se fait pas lire, et l’article de journal qui ne laisse rien dans l’esprit quand on l’a lu. Le journaliste rédige des notes à la diable sur un sujet qu’il ignore; il vise à s’amuser en montrant le côté pittoresque des choses, non à instruire, La brochure que voici est légère, et elle sera envoyée gratuitement à quiconque en fera la demande.

Les principaux chapitres sont intitulés : V ouvrier aveugle , V accordeur, le professeur de musique , V organiste, le maître de

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chapelle. En 1881, pour l’homme moyen, tout ici est nouveau. Son gros bon sens choppe à tous les pas. En chaque genre l’auteur expose ce que peut l’aveugle : mieux, il montre ses actes. Rien que des faits, des noms, des adresses.

« Pourquoi enlever le jeune aveugle à sa famille, le garder neuf ans dans une maison d’éducation, lui faire recevoir des leçons d’excellents maîtres, développer son intelligence, ouvrir, agrandir ses horizons intellectuels, faire de cet aveugle un bon ouvrier, un artiste de talent, si c’est pour lui refuser impitoyablement, à la sortie de l’école, le moyen de se servir d’un savoir laborieusement acquis, si c’est pour lui dire : va mendier ton pain ! Il valait mieux alors laisser l’enfant aveugle végéter dans l’ignorance... au moins il n’aurait jamais su ce qu’il était capable de faire... on lui aurait épargné ce raffinement de cruauté, qui consiste à donner de l’éducation à l’aveugle afin que, devenu par vos soins un mendiant instruit, il sente mieux l’horreur de sa position. »

Lorsque, dans sa nouveauté, on lut la brochure de Maurice de la Sizeranne aux élèves de l’Institution Nationale réunis dans la salle des conférences, un témoin m’a conté que l’effet en fut considérable. Quelqu’un au dehors comprenait leur inquiétude secrète et se préparait à lutter auprès d’eux; ils ne seraient plus seuls dans le vaste monde des voyants, bienveillant et hostile. Surtout ils sentaient confusément quelque chose en eux s’exalter : leur dignité d’homme, comprimée durant des siècles sous le poids d’une inexorable infirmité.

Insérer dans l’ordre social les découvertes de Valentin Haüy et de Louis Braille, et, pour y parvenir, déclencher un vaste mouvement d’opinion en faveur des aveugles, telle sera donc la tâche de Maurice de la Sizeranne.

Il en mesure toutes les difficultés.

« L’œuvre n’a été que préparée par nos grands bienfaiteurs, disait-il en mai 1884, au centenaire de la fondation

de l’Institution. Pour l’achever il nous faut beaucoup d’ouvriers, et surtout quelques apôtres.

« Savez-vous que, pour communiquer cette foi aux autres, pour être capables de les entraîner, et surtout de les retenir, il faut des âmes d’apôtres, ce n’est pas trop. »

Et il définissait l’âme d’apôtre celle « qui, profondément frappée de la vérité d’une idée, s’y consacre absolument et sacrifie tout, même sa vie, au triomphe de cette idée... De ces âmes qui ont la divine folie du dévouement, disait-il encore, il y en a toujours, et dans cette enceinte il doit s’en trouver au moins une. Que ne donnerais-je pas pour que cette cérémonie soit pour elle comme une révélation, pour qu’elle se lève et vienne à nous. »

Avais-je raison de parler de vocation? A l’époque où il s’exprimait ainsi, Maurice de la Sizeranne s’est donné tout entier. J amais il ne se reprendra.

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