Pol. con\, t. V, p. 310 et
l'engagea à n'en rien faire, en l'assurant sur un ton de douce raillerie de sa protection. « Le marquis de Valori, écrit le ministre Podewils, m'a fait entendre l'autre jour que ses amis en France l'avaient averti sous main que sa cour n'était pas trop contente de lui, et qu'elle pourrait bien le faire remplacer par quelque autre qui eût l'esprit plus vif et qui possédât mieux le don de plaire... — Vous pouvez lui dire, répond Frédéric, que tout ce qu'il vous a dit sur ce sujet nous est inconnu, et que je n'y ajoute aucune foi, que l'on était content de son personnel, et que dans les affaires on faisait autant de cas de sa pesante raison que delà brillante imagination des autres *. »
C'est avec la même confiance dans son crédit et la même conviction qu'on n'avait rien à lui refuser qu'il insista auprès de Valori pour faire obtenir un bénéfice ecclésiastique à l'abbé de Maupertuis, frère du célèbre mathématicien qui s'était attaché à sa personne et qui vivait retiré à sa cour. L'idée était étrange, car si Maupertuis avait quitté la France, c'était en grande partie parce qu'avec ses opinions philosophiques un peu