‹ Maurice de Saxe et le marquis d'ArgensonChapitre 19 sur 31 · MM · texte numérisé non relu

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qu'une bourgeoise ne songerait qu'à l'aimer et à être aimée *.

Il n'est pas possible, sous une monarchie absolue, qu'un changement survenu dans les. habitudes privées du souverain ne se fasse pas bientôt sentir dans la conduite des affaires publiques. On a justement regretté, mais peut-être accusé avec excès, la part que madame de Pompadour prit dix ans plus tard, à la grande révolution opérée par Louis XV dans le système de notre politique extérieure. Pour le moment, elle ne visait pas si haut : une double préoccupation, d'une nature bien plus modeste, paraît lui avoir dicté le premier usage qu'elle fit de son crédit sur l'esprit de son royal amant.

Elle se proposa d'abord de détourner le roi de se rendre à l'armée, ou au moins d'y rester, si on ne pouvait l'empêcher d'y paraître. De tous les devoirs de la royauté, c'était là, on le sait, le seul que le petit-fils de Henri IV (après avoir vai-

1. Les chansonniers du temps ne manquaient pas de faire remarquer cette entrée de la haute finance de Paris dans Tintimité royale. Voici un de leurs couplets (le seul qu'on puisse citer ) :

Des bourgeoises de Paris Au bal ont eu l'avantage.

Le roi, dit-on à la cour, Entre dnns la finance :

De faire forlune un jour, Le voilà dans l'espérance.

nement tenté de s'acquitter des autres) avait encore goût à remplir. Le bruit du canon plaisait à ses oreilles et semblait secouer l'engourdissement de sa nature indolente. Puis il pensait, non sans raison, que sa présence (qu'il avait le bon goût de ne pas rendre gênante) était un aiguillon de courage et d'émulation pour la jeune noblesse qui combattait sous ses yeux. Madame de Chàteauroux, loin de le retenir, l'avait envoyé au feu et essayé de l'y suivre. Ce coup de têle ayant mal tourné, nulle équipée pareille ne pouvait plus être tentée. D'ailleurs, madame de Pompadour n'avait dans les rangs élevés de l'armée ni amis ni parents, puisque tous les grades étaient occupés par la noblesse et que, de toutes les classes du pays, la haute bourgeoisie était peut-être la plus étrangère au métier des armes; elle se serait sentie dans le camp encore plus dépaysée qu'à Versailles. Ne pouvant plus accompagner le roi, au moins voulait-elle s'en séparer pour le moins longtemps possible.

Ensuite (et ceci était plus grave) dans les compétitions très ardentes qui s'élevaient au début de chaque campagne pour la répartition des postes à remplir et des commandements à exercer, l'adroite favorite avait déjà su se réserver ime

voix au chapitre : et ses désignations discrètement insinuées à l'oreille du roi étaient faites, non en considération des mérites qu'elle n'était pas en état d'apprécier, mais en vue de fortifier sa position toujours précaire. Dans la crainte où elle vivait sans cesse d'être précipitée d'une place enviée par un caprice du même genre que celui qui l'y avait élevée, elle cherchait à tout instant à se préparer des appuis contre les intrigues de palais dont elle voyait le réseau se former autour d'elle. C'est ici encore que ses sentiments différaient de ceux de sa hautaine devancière, qui aimait à braver tout le monde, même la reine. Madame de Pompadour, attentive au contraire à ménager la pauvre Marie Leczinska (qui avait la bonté d'àme de lui en savoir gré), ne l'était pas moins à se concilier toutes les puissances secondaires qui pouvaient, en cas de disgrâce menaçante, lui venir en aide. Elle n'avait rien à offrir pas plus qu'à disputer au maréchal de Saxe, qui n'avait besoin de personne et dont tout le monde avait besoin; mais au-dessus et à côté de ce chef sans rival, il y avait encore des positions considérables qu'on pouvait faire attribuer à de nobles protégés avec l'espoir qu'ils payeraient un jour la faveur de reconnaissance et de retour.

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Et dans ce dessein d'influer discrètement, mais avec une arrière-pensée, toujours égoïste, sur le partage des commandements de Tarmée, elle était malheureusement secondée par ses relations anciennes et intimes avec deux hommes dont l'importance croissait chaque jour, surtout en ce qui regardait la conduite des opérations militaires. Ceux-là n'étaient pas ses nouveaux et douteux amis de la cour, mais au contraire les premiers et fidèles amis de sa jeunesse : c'étaient les fameux frères Pâris-Duverney et de Montmartel, l'un préposé à Tintendance générale de l'armée, et l'autre banquier de la cour et du Trésor.

M. Camille Rousset, dans sa charmante histoire du comte de Gisors, a fait de ces deux financiers (de ces vivrierSy comme les appelle dédaigneusement d'Argenson), et, en particulier, de Pâris- Duverney, un portrait fidèlement tracé que je n'ai garde de refaire après lui. Il a décrit avec sa précision habituelle, les débuts pénibles de Duverney, sorti d'un cabaret du Dauphiné, l'aventure bizarre, racontée par Saint-Simon, qui le fit connaître, puis sa rapide élévation, due aux rares talents, comme munitionnaîre d'un corps d'armée, dont il avait fait preuve dans la dernière année de la guerre de la Succession d'Espagne. Il a rendu

j uslice à la sagesse de vues qui préserva Duverney, malgré les tentations qu'une grande fortune déjà acquise pouvait lui suggérer, de toute participation aux folies financières de Law, et qui le fit ensuite désigner par le duc de Bourbon, après la chute du système, pour en réparer les ruines. Une courte disgrâce, subie à Tavènement du cardinal de Fleury, n'avait pas empêché Tadroit ministre, dont le don principal était de se connaître en hommes, de rappeler bientôt auprès de lui cet habile agent et d'en faire dans les guerres, que de loin il se plaisait à diriger, un de ses confidents préférés. En fait, de Tavis unanime de tous ceux qui avaient eu affaire à lui, Pàris- Duverney était reconnu comme un maître dans l'art difficile de faire vivre de grandes armées en campagne. Mais M. Rousset n'exagère rien quand il affirme que, très fier de Thommage rendu à ses talents, Pàris-Duverney en avait conclu que, pour qu'il fût en mesure de répondre à ce qu'on attendait de lui, il fallait que les généraux consentissent, non seulement à le prévenir de tous leurs mouvements avant de les opérer, mais à le consulter sur toutes leurs résolutions avant de les prendre.

Que telle fût bien, en effet, sa prétention, —

qu'il se considérât déjà, en réalité, comme le conseiller nécessaire et Tassocié de fait de tous les commandants militaires; ce n'est pas là seulement l'appréciation personnelle de M. Rousset : j'en trouve dans un document inédit et communiqué par un des héritiers de sa famille, la preuve à la fois naïve et raisonnée : « L'intendant, y est-il dit, ayant la confiance du général, est souvent en état de juger si les armées peuvent en venir à une action, et lorsqu'il y entrevoit quelque apparence, il doit s'occuper de deux objets bien difficiles dans l'exécution. Le premier, c'est, dans la supposition d'un événement malheureux et des suites qu'il peut avoir, pour ne jamais laisser, dans les places de première ligne, que les quantités nécessaires dans les magasins pour la défense de ces places, en cas de siège, et que les gros dépôts de ces magasins soient toujours dans les places de seconde et de troisième ligne. Il doit même prendre connaissance de la position des convois, au jour de l'action, pour les faire placer de manière qu'ils soient en état de se retirer sans embarrasser l'armée. Cette dernière circonstance est plus du fait du général et du maréchal général des logis que de Tintendant, mais elle ne l'exclut

pas d'y donner son attention et d'en parler au I. 19

général, qui, souvent occupé d'objets trop supérieurs dans ces moments, n'a pas le temps de tout prévoir. Le second cas est plus difficile dans son exécution : c'est quand, par une bataille heureuse, l'armée doit suivre Tennemi pour profiter de la victoire, comme les troupes s'éloignent par leur marche et que souvent les convois ne sont pas à portée de suivre parce qu'ils sont en route pour retourner au chargement ou qu'ils chargent, l'armée sera forcée de s'arrêter, et l'on perd souvent, par cette raison, les fruits avantageux d'une grande action. On a peu d'exemples en France qu'on ait profité d'une bataille gagnée, et si l'on examine quels en ont été les motifs (et, à la vérité, quelquefois le prétexte), on trouvera qu'on Ta principalement attribué au défaut de pain. Un intendant doit continuellement réfléchir sur la position des armées et supposer les différents événements qui peuvent arriver, et ce qu'il y aurait à faire pour les subsistances dans chacune des suppositions : c'est précisément là ce qu'il y a de plus difficile à la guerre, mais ce n'est qu'en s'en occupant qu'on parvient à s'instruire. »

C'était là, assurément, une manière très élevée de concevoir les devoirs de l'intendance, mais on

voit clairement la conséquence. Puisque, pour bien faire son métier, l'intendant doit tout prévoir, le plus court est de lui faire tout savoir et, de là, il n'y a qu'un pas à prendre sur tout son avis. Aussi, c'est bien ainsi que Duverney l'entendait; mais pour faire accepter un droit de contrôle si étendu (et la suite des faits fera voir qu'en plus d'une occasion il y réussit), tous les talents du monde n'auraient pas suffi. II fallait y joindre l'influence dominante de l'argent sur un gouvernement qui en avait besoin, et c'était ce ressort principal dont les deux frères Paris avaient trouvé moyen de se réserver, entre eux deux et à peu près à eux seuls, la disposition. Par les fonctions mêmes de son office, Paris de Montmartel était chargé de pourvoir au mouvement des fonds, ce service important auquel font face aujourd'hui les comptes courants delà Banque et ceux des trésoriers-payeurs généraux. Suivant qu'il ouvrait avec plus ou moins de libéralité sa caisse (par des avances toujours largement rétribuées), le trésor de l'armée se trouvait aussi rempli avec plus ou moins d'abondance ou de facilité. Duverney, lui-même, ne refusait pas de mettre en dehors des millions de sa propre fortune pour assurer la subsistance de l'armée dans

des moments critiques où le succès d'une opéralion qu'il avait connue et approuvée était en question. De Ij l'extrême importance que tous les généraux mettaient à vivre en bons rapports avec lui et à ne pas faire un pas sans s'être assuré de son concours. De là aussi le prix, non moins grand, que tous les ministres attachaient à ne confier les commandements qu'à ceux qui savaient se ménager cette précieuse amitié; si on eût imprudemment froissé celui qui tenait à certains jours le nerf de la guerre entre ses mains, il aurait pu mettre tout le monde dans l'embarras en se retirant sous sa tente, dans sa belle villa de Plaisance, où on ne l'aurait pas laissé languir longtemps. C'est une menace dont il savait faire usage dans l'occasion. Je ne connais pas de meilleure preuve de cette puissance financière croissante que j'ai dû signaler et qui, bien qu'elle se soit fait sentir dans tous les temps, ne s'était pas encore affichée avec une si orgueilleuse ostentation.

Le père de madame de Pompadour avait été commis dans les bureaux de Duverney et lui-même avait contribué d'abord au mariage, puis à l'élévation de la fille; Plaisance et Étioles étaient restées deux demeures tenues sur le même pied^

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fréquentées par les mêmes visiteurs, en relations affectueuses et quotidiennes *. Je n'oserais affirmer que c'est à cette intimité entre la favorite et le grand fournisseur que fût due une répartition de commandements pour cette campagne de 1746, dont le maréchal de Saxe, obligé de la subir, ne craignit pas de se plaindre assez haut. La vérité est que jamais choix ne parurent plus dictés par la faveur, et, depuis longues années, les troupes françaises n'avaient jamais vu autant de princes à leur tête. Il y avait d'abord le prince de Conli, à qui, comme je l'ai dit, on avait fait don d'une armée absolument indépendante, grossie en outre par un détachement de l'armée royale. Venait ensuite le comte de Clermont, cadet de la maison de Condé, qui consentait bien à servir sous les ordres du maréchal, mais à la condition de commander lui-même à un corps d'armée tout entier : puis le duc de Chartres et tous les petits-fils légitimés de Louis XIV, duc de Penthièvre, prince de Dombes, comte d'Eu, chacun prétendant à remplir un poste où il eût occasion de se signaler et menaçant de se retirer si on ne lui donnait

1. Dans quelques-uns des rares billets qu'on ait conservés de madame de Pompadour, on voit que son intimité avec Paris- Duvernay était si grande qu'elle lui donne couramment le surnom familier de mon cher nigaud.

pas satisfaction. Maurice, tiré de droite et de gauche ne savait auquel entendre. Encore s'il se fût agi de marcher tout de suite à une action vive et décisive, il aurait pu se flatter d'entraîner tout ce beau monde, comme à Fontenoy, et d'enlever la victoire par l'élan d'une fougue valeureuse. Mais les conditions modestes que lui imposait la politique adoptée à Versailles ne lui permettaient pas de courir ainsi après un coup d'éclat. Ne pouvant aller chercher l'armée alliée sur la limite de la frontière hollandaise (où elle se concentrait lentement), de crainte d'être entraîné à sa suite sur le territoire qu'il avait ordre de respecter, il voyait bien que toute son action allait se borner à compléter la conquête des Pays-Bas, en faisant le siège de toutes les places encore détenues par les garnisons autrichiennes. Or, de toutes les opérations de guerre, aucune ne répugne plus que les longs travaux de siège, à la vivacité du tempérament français. Nulle part plus que dans la tranchée, officiers et soldats ne se livrent volontiers aux murmures, au découragement, à l'indiscipline. Maurice ne savait qu'inventer pour tromper l'agitation stérile et bruyante des nobles auxiliaires qu'on lui avait donnés.

« Je vois, écrivait-il à son ami Folard, qui s'étonnait de la lenteur et de l'hésitation de ses premiers mouvements, que nous pensons de même sur ce qu'il y avait à faire après l'abandon que les ennemis avaient fait de leur position derrière le Nethe, et je n'y aurais pas manqué si j'avais été seul... mais je ne sais si vous savez ce que c'est qu'une armée de cour et tous les inconvénients qu'elle entraîne. Je détache de cette armée quarante bataillons et cinquante escadrons pour faire l'investiture de Mons. Ce siège se fera sous les ordres de M. le prince de Conti, dont Dieu bénira les inspirations. Quant à; moi, je compte me tirer d'affaire, je ne dis pas avec peu, car cette armée est encore formidable, mais couvrir les places que nous avons conquises et empêcher qu'on interrompe le cours de nos progrès, ne laisse pas que de faire une opération considérable. Quant à la politique, je n'en parlerai pas, gens plus habiles que moi s'en mêlant *. »

1. Maurice de Saxe à Folard, 5 mai 1746. — (Ministère de la guerre.) — Frédéric dit dans Y Histoire de mon temps : « La présence du roi et de ses ministres fut un surcroit d'embarras pour le comte de Saxe et une charge pour Tarmée. Les courtisans remplissaient le camp d'intrigues et contrecarraient les desseins du général. Le général et une cour aussi nombreuse demandaient chaque jour dix mille rations pour les chevaux et les équipages. »

Et presque à la même date, il écrivait au roi de Prusse, qui lui demandait, tout en le comblant d'éloges, de lui expliquer la timidité de ses opérations. « Ce n'est pas par amour-propre, mais par obéissance que j'ai l'honneur de me conformer aux ordres que Votre Majesté veut bien me donner, et que je vous rends compte, Sire, des X)pérations de l'armée qu'il a plu à Sa Majesté Très Chrétienne de me confier... Votre Majesté sait bien que le parti militaire est toujours soumis à la politique. Aussi je me flatte que Votre Majesté ne m'attribuera pas les fautes qui pourront être faites pendant le cours de cette campagne *. »

Il fallait donc essayer de prévenir cet ennui du repos forcé que Frédéric, on l'a vu, regardait comme si dangereux pour une armée française, mais plus nuisible encore pour une armée de cour que pour tout autre. Ce fut dans cette pensée que Maurice imagina d'enrôler et d'attacher à sa suite une troupe de comédiens qui devait dresser son théâtre et donner des représentations dès que l'on camperait quelque part. Pour réaliser ce dessein original, il eut le bonheur de mettre la main

1. Maurice de Saxe à Frédéric, 19 mai 1716. {Lettres et Mémoires du maréchal de Saxe^ l. II, p. 200.)

sur une troupe d'opéra-comique qui venait d'avoir à Paris un succès de vogue, et dont le directeur, Favart, était lui-même auteur de plusieurs pièces goûtées du public. Les boufïbns italiens, ayant le privilège de faire rire tes Parisiens, s'étaient plaints de la concurrence, et Favart venait de se voir interdire le droit de divertir la capitale. Maurice, toujours au courant de ce qui se passait dans les coulisses, lui offrit de venir chercher à Tarmée un asile dont personne ne songerait à le faire partir. Ces mécontents, les \ malicieux ne manquèrent pas de plaisanter sur le ■ soin qu'il mettait à se procurer, même en campagne, le genre de plaisirs qu'il avait le plus goûté dès sa jeunesse, avec les distractions moins innocentes qu'il n'avait jamais manqué d'y joindre. Les railleries surtout allèrent leur train quand on vit arriver Favart avec sa compagnie ambulante, y compris une jolie petite actrice connue sur les planches sous le nom de la Chantilly, qu'il venait d'épouser et dont il semblait fort épris. On ne se fit pas faute de remarquer que le maréchal parut tout de suite s'occuper de la femme tout autant que du mari. Je suis loin de me porter garant d'une pureté d'intention que la suite de ses relations avec le ménage Favart per-

met assurément de mettre en doute. Mais je n'en suis pas moins porté à croire que la pensée de faire prendre patience à une jeune noblesse indocile^ pendant les longues journées d'attente auxquelles il devait la condamner, ne fut point étrangère à une idée jusque-là sans exemple. Tout n'était pas de sa part mensonge et vain prétexte quand il écrivait à Favart ces mots dont le comédien auteur pouvait encore, bien longtemps après, et malgré tous les déboires qu'il avait dû essuyer, s'enorgueillir complaisamment dans ses Mémoires. « Je vous ai choisi de préférence pour vous donner le privilège exclusif de la comédie. Je suis persuadé que vous ferez tous vos efforts pour la rendre florissante. Mais ne croyez pas que je la regarde comme un simple objet de divertissement : elle entre dans mes vues politiques et dans le plan de mes opérations militaires *. t>

Fier de cette confidence et un peu gonflé de son importance, Favart fit assez de diligence pour que son théâtre fût monté et pût donner sa première représentation à Bruxelles, le jour même où Maurice y vint reprendre son commandement.

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