Journal et Mémoires de d'Argenson (t. V, p. 65 et
2. Le duc d'Hiiescar, que nous avons vu plus haut envoyé extraordinaire, venait de recevoir le titre et les fonctions d'ambassadeur en remplacement du marquis de Campo-Florido.
tent pas, dont je suis au désespoir, et il est impossible de me vaincre là-dessus. Je sais qu'en Espagne on est accoutumé à voir donner de pareilles dispenses, mais ici il n'en est pas de même : le clergé et le peuple pensent comme moi, ou, pour mieux dire, je pense comme eux, la voix du peuple est la voix de Dieu. Mais ce qui me console infiniment, c'est que le duc d'Huescar m'a assuré que Votre Majesté ne m'en saurait nul mauvais gré et que rien, s'il plaît à Dieu, ne dérangera l'union, l'harmonie et la tendresse qui régnent entre nous, et c'est dans cette persuasion que je demande conseil à Votre Majesté sur le choix que je dois faire pour mon fils. Il y a en Savoie trois princesses : cette union est familière dans notre maison, et nous en sommes des preuves vivantes et incontestables. Le roi de Sardaigne, dans la dernière lettre qu'il m'a écrite lors de cette belle affaire d'Asti, m'a assuré que l'amitié était rétablie entre nous, et je ne le voudrais prendre que sur ce pied-là; car tout autre traité avec lui, je veux qu'il passe par Votre Majesté, et jusque-là je seconderai Votre Majesté contre lui de tout ce que je peux, et même de plus, car je n'ai pas moins à cœur qu'elle l'établissement de l'infant. » Suivaient quelques