SIS
docteur en sortant, c'est une fatigue de ceryeau, il travaille trop ; j'irai demain le voir.
En effet, et à sa première visite, le docteur passa chez ]ui. Maurice était sorti de grand malin à cheval pour le bois de Boulogne.
Le docteur y retourna dans la matinée. II avait un déjeuner de garçons chez Tortoni !
Il y passa le soir très tard. Il était aux Italiens. Une maladie qui s'annonçait par de pareils symptômes inquiéta beaucoup Texcellent docteur, il hésita cependant toute une semaine encore à m'en parler ; mais le mal s'aggravait, je le vis arriver un matin, ému et agité, lui qui ne se troublait guère.
— Gela va mal^ me dit-il, Maurice est en danger.
— TuTasvu?
— Oui, chez moi, ce matin j car chez lui impossible de le trouver... Il est venu m'annoncer qu'il renonçait à l'importante affaire qu'on lui avait confiée à ma recommandation et par la-
quelle il devait débuter au palais. t\ se défie; dit-il, de ses forces et de son talent.
— C'est de la modestie.
— Tu n y es pas ; ce jeune hom'me va per^ dre son état, il est lancé/ il se dérange.
•^ Ce n'est pas possible ! Lui sage depuis si longtemps !
— Raison de plus pour que l'explosion soit terrible. L'équilibré tend toujours à se rétablir, et je crains qu'il ne devienne maintenant aussi extravagant qu'il a été raisonnable. Aussi l^ffrayé que le docteur, je courus aux informations, elles n'étaient rien moins que rassurantes : le modeste et timide Maurice fréquentait les roués de nos jours, la jeunesse dorée, les béros de la mode. Il avait pris leur ton, leurs maniéres, leur cigare et surtout leurs folles dépenses. Il avait deux chevaux et un groom ^ Et puis, il jouait, au club, le wisth à 50 francs la fiche, ei perdait parfois dans sa soirée lé billet de 1 ,000 francs. Mais ce n'était rien encore : lié avec un
banquier, il jowaît, d'après ses eonseils et son exemple, à la Bourse, où la fiche est encore plus chère. Je tremblais pour les quatre mille livres de rentes de son père, et je me demandais, en voyant une métamorphose si prompte et si invraisemblable :
Gomment en un plomb vil, Torpur s'est-ii changé.
Je me persuadais qu'on l'avait calomnié ou que Ton ae trompait et que tous ces rapports étaient infidèle» ; il prit soin de m'en attester lui-*mème la vérité. Je le via arriver un matin sombre et triste comme le jour de la Sainte-* Barbe; il avait un service à me demander. — Je hii répondis que je n'avais rien à refuser au fils de mon ancien ami, je lui parlai alors de son père, dont la conduite avait toujours été si pure et si irréprochable.
Des larmes roulèrent dans ses yeui .
— Je lui parlai alors de lui et des folies qu'on Ini attribuait. Il ne les nia point
— Vous êtes done détenu joueur et avide ?
— Non, monsieur.
•— Ces plaisirs vous amusent donc?
— Ils m'ennuient à la moTt.
-^ La noUTelle sodiélé que yoUsi fréquentez TOUS paraît donc bien séduisante?
— Je la trouve insipide.
— Pourquoi continuer alors une existence qui vous ruine et qui vous déplaît?
— C'est malgré moi ; mais il le faut.
•^ Vous à qui je supposais de la force et du courage, revenez à vos anciens amis, à votre état, à vos études ?
— Ah! je le voudrais^ et je ne le puis!...
Dans ce momentencore, je viens pour réclamer un service qui me coûte beaucoup à Vous deniander.
— Vous croyez dotiiî que je le refuserai ?
— Je le crains... etcependant tout mon bonheur à venir en dé]ieiid.
— Quel est ce service?... Allons, expliquezvous.
— Ah! me dit-il en rougissant eten baissant les yeux, c'est là le difficile. . .
!~ Je ne puis cependant pas vous deviner.
— Eh bien ! continua-t-il avec une contrainte et une souffrance évidentes, et en s efforçant de se donner du courage, eh bien ! on va représenter de vous un grand opéra ?
— Oui... eh bien?...
— Dans cet opéra... il y a des danses... un ballet.
— Sans doute... eh bien?...
— Pourriez-vous obtenir qu'un des pas de ce ballet fàt dansé par...
— Par qui ?
Il voulut continuer, cela lui fut impossible, il s'arrêta et me tendit un petit papier roulé qu'il tira de sa poche en me disant :
«-- Tenez, monsieur, son nom est là.
Je déroulai le papier et je Iub : Mademoiselle Fœdora, taroisième sujet de ladause.
— Ah! lui dis-jefroidementy je comprends!
voilà la cause de toutes vos folies?
— Non, monsieur.
— Vous aimez, vous adorezcette personne...
Ces amours-là sont chers, et si vous commeneez, à votre âge, à les acheter...
— Non, monsieur, je ne suis pas encore descendu aussi bas I
— Voyons, de la confiance ? dites^moi tout ! . . . où Tavez-vous connue?
— Je ne la connais pas.
— Où la voyez-vous ?
— Je ne l'ai jamais vue.
— Maurice, vous voulez me tromper.
Il releva la tète avec fierté, je vis briller dans ses yeux quelques étincelles du feu qui les animait jadis.
— Mon ami, me dit>-il, vous pourrez un jour me reprocher mes extravagances, ma ruine et
moii oialheiir.., mats jamm» tift lÉemtaga... Je ne conna» paÉ eâUe petnemie^ son BODt m'est totttHJHfatl iadiffiéDettlA:
— Quel i)itéfèt alors^ y prcteefr-Tmifr en oir moment ?
«^ fe Dr ptBB YOttB le dire> mai» b |teu> de bofiiHUt qfate je plus aspérèp «ic»m sot terrtt dépend de lagràcee|iito)eT4iiHi drattanér; |b lier pettx voifii forcer à me Taecciiéerf» mfttfl' peutêtre éprouverez-YOus un jouv iiudcpies regvelë de ote ravoir rëfu&ée.
Il prononça ces dei^iere mote «?ec «n dé>sespoir si calme et pourtant si profood et si vrai^ que j'en fus tout ému... Je le regardais attentivement et j'aurais bées vetili]^ avoir le coup d'o^rl si perspieace et si sûr ée mdn ami JutoU G.:. ;* niais je iie Vus rienv je se deviiai MMi. Maftirice était retombé dans sa rêverie. Debout et appuyé sur la cheminée^ irl seiBbliât toiâ de moi dnns u» aiitre inondev
«^ Je foirai ce «fue voU» me demsmde2> hii
que vous me dire^ toate la^m*i(é*
U me F6§arâaatee doii^aff el^ oii dist .% -^ J^ ae pttèë a6e6{^Ft)ette- ooitditÂaii^v
— fia bieE^. soit ! mai» n'im aoeuses» %iie youft^ s'il amve fiialheiftr!i*«^^
Urne serra la«fiiakia^6a>ii^& timnep^et éevjùîft et disparut. Le aeir j0 parUii au BP^ire di^sbié-' lets^ M^ Coraly^ <{ui b« se eoâte&te pasr d'aMir dti taleat^ e& qmti e&t u a homme? ausst aiimrf^ qu'inetmife. UmepromÂtdeplaeerffièilemotôeUe Fœdoca daaa u& pas de oiîK^et de la meat«er der la mamière la plua avaatageuse powelle et f&nt le publie; c'est-àr-dire fort peu.!
hB lefldemiûn' jj» seçu» la visite de uiademûi^ selle Fœdor^^ <|ui venait eii^ équipage eUesi graade tmleUe m<i remeseier de la preteetâeui éclairée et désintéressée que ^aeeerdaîa aum ai^ tistes. -^ Dans ce moment Maurice enti* v et me voyant avec du moiide^ prit Un> journal et alla s asseoir dans un ooiii' de men« e^inet. Pas
— Soie moindre trouble, pas la moindre émotion n'apparut sur ses trait.^; et quand je prononçai le nom de Fdedora en la lui présentant^ il la contempla avec surprise et même avec curiosité, tandis que la jeune danseuse, laissant tomber an regard dé protection et d'intérêt sur ce beau jeune homme qui avait l'air si triste, semblait me demander qui il était?
Maurice m'avait dit vrai : ils ne se connaissaient pas. — Il venait aussi me remercier et paraissait plus tranquille que la veille. Pendant un mois ou deux le mieux continua^ j'appris qu'il avait renoncé à ses chevaux et à son groom; on m'assura même qu'il ne paraissait plus au club. Je le croyais sauvé, lorsqu'un jour le docteur entra chez moi brusquement en s'écriant : en voici bien d'une autre! le jeune homme veut se tuer ! ^
— Il veut se tuer! lui dis-je avec effroi.
— Qui te le fait croire ?
— Parbleu ! cette lettre adressée à nousdeux !
et qu on ne devait nous apporter que demain.
Par bonheur, j'étais passé aujourd'hui chez Maurice I et son portier s'est empressé , dans son dévoûment, et dans le désir de s'épargner une course, de me remettre sur-le-chmnp ce billet.
11 contenait en effet uu adieu exprimé dans des termes tels qu'il y avait de quoi justifier les craintes du docteur. Nous courûmes chez Mau-
rice : il était sorti; nous lattendîmes. Son étonnement fut grand lorsqu'il nous aperçut ; il nous serra les mains avec affection , mais sans proférer une plainte... Rien n'est dangereux comme les douleurs concentrées et taciturnes. . . tant qu'elles sont communicatives, il n'y a que demi-mal, elles se tarissent d ellesmêmes en s'épanchant au dehors; mais quels argumens employer contre un désespoir qui ne dit rien et qui a pris son parti?
Tout ce qu'il répondit à nos reproches, c'est qu'il avait perdu sa fortune, son avenir et son
eoitm^ à I9 powràiie d'iHi l^tea qa'^jl n^wait pu attendre ^doirt l'faonfteur iinAme kii déte^it de parier. 41 n-aixmsitk persoRBe «^cpie kii y se {Regardant eomme désormais inutile iei* bAs; a»s«i à peine arrivé il i«ii tardait 4e 'partir; mais il n'avait pas voulu le faire sans adresser un dernier adieu à^es -sends amis.
{tous lui parlÀmes alors de ^etle amitié dont il >oe moBtrait si peu digne, «et des droits t}ue ]«aus avait transmis «on pière. A oe mot tout pi»vssait suriuiy il se mitifoiidï^ enlarmsfs, ot 8 dooteur 'me regarda^de cet air de sattsCao* lion ^ de triomphe qm ^signifie : le malade est sau^é!
^«r-Nous ne vouiofts point eonnaitre vos seereta, lui dis-je; mais nous exigeons de vo.us h ^oHiesae de is^toiwer à ^4iê desseins.
^^ ie le <vo«i^is, mais je ne ^puis répondre de rien 9 je suis trop 'majeur euic!
*r* ,%atBd Aime a isoimiieiieé «e maibéur qui T^OBs moMcble ? ii«{MÛ8 ^i^pielle épôi|8ùe ? . . .
4^ ne imêi c^taj^t quelques mois avMyt «notre dernière réunion de Sainte-Barbe.
— Et vous pensez qu-un ($bagriii4e quelques nwJis doitiîttrerîtoujoufs, que la Providence, qui a rendu nos joies si passagères et si fugi** tives, voudrait rendre nos douleurs éternelles.
— €éla ne se peut pas, s'écria le docteur, dont je flattais le système; c'est pour le coup que réquilibre serait détruit !
— Eh bien ! continuai-je, nous vous demandons une année, pas davantage !
— Que voulez-vous dire? s'écria Maurice étonné.
— Promettez-nous que , d'ici à un an, vous renoncerez au projet insensé que vous j^éditez.
— Vous ojB pouvez refuser ce délai i ws
vifiiux amis !
r-|Plu9seiMipjie, mix «mis lie v:o^0 p^ie!
Le jeuae homme nous regarda arec émotion et nous dit :
-^ Je vous le promets.
— Ainsi ^ à la Siûnte-Barbe prochaine, vous Tiendrez vous asseoir à côté de nous , au milieu de vos camarades d'enfance?
— Je vous le promets. .
— Et si votre sort n'est pas changé, si d'ici là vous n'avez rien trouvé qui vous rattache à la vie , nous vous rendrons votre promesse.
— J'accepte, s'écria le jeune homme ! Je serai fidèle au rendez-vous ; mais d'ici là il me serait impossible de rester à Paris... Adieu donc , mes amis, adieu !
— Au quatre décembre , lui criai-je !
— Au quatre décembre!
Et nous nous séparâmes.
Maurice avait en effet quitté Paris, car nous ne le revîmes plus, et l'ingrat, plus fidèle à sa douleur qu'à ses amis, ne nous écrivit même pas. Qu'était-il devenu? où était-il allé?...
Nous fûmes long-temps sans le savoir i. Enfin nous apprîmes, mais non pas par lui, quil pàr-^ courait la Grèce et la Syrie. Cependant et depuis son départ les jours avançaient; le temps maN che pour les travailleurs comtne pour les oisifs, pour les heureux comme pour ceux qui ne le sont pas ; seulement, il marche un peu plus vite pour les uns que pour les autres, mais enfin tous arrivent au même but , même ceux qui n'en ont jamais eu.
Le printemps et Tété s'étaient écoulés; l'automne voyait revenir à Paris la population fashionable des châteaux «t des" campagnes, nous étions à la fin de novembre; nous n'avions point de nouvelles de notre exilé ; cependant le 4 décembre approchait. Maurice avait-il oublié sa promesse ou plutôt ne pouvait-il plus la tenir? Tout me disait que le malheureux jeune homme n'avait pas même eu le courage d'attendre et avait cédé à son désespoir. Au milieu de ces perplexités et de ces
fok de ipa vie j'^^yû à eette lfet^ «roc pifi mn^ lin^t péaftie et BU serrement jde tMmr inéé^ foissafti^e ; an oûliea de loirtn eea pbj^Bo^ flûea joyeiunes et anîniM» , j'en chercfaab une tarîate etpàle^ que je ir^^^feevais t|»af j Je par^ toléras dans tous les aena rinunspse aalk dn bawpiaty Mandée p'y éiatt pas. iie éoiàmt hMsnéiae n'était pas encore «rivé et c'était le seul à qui je pouvais fa»epar|; de mes an^isfies. Béjàjetentissaiept les coaYersatîoiis ImisTiuites» bs cria de joie et le jchoc des irervesI-Le 'psrésir 4eol; a^CMt réclamé le siieBoe et d^une ivoix kiite et^solennelb venait de prononcer le toast «rdir* naire : u A cenx de nos camarades qfxp 4'ab* H «ence ou le mdkrar empêche de ae tren^yer Hik cette lénnionj » Tous se levèrent et vépé* tarent ce ioast avec acclamation; moi seul je tt':en avais pfis la lorce... et murmunis a v»ix basse : du pumre Mmirke ! f{nMià je -im rUf^pa- «altre le dotitenr,, ^î^n^saU lOiv^ee lifin pfe y w y-
— iè —
mentit llanimaiiQn d'iin «{Kardatam. ^Il-aper* çutdu premier coup d'œ<l^ et au baBt5 îles .an-ciei»,4a p}a«e que j'^vaie laiasée ^âe^-eôté de moi; fleourut^i'y asseoir.
•^ ^ t>ieû ! toi dis-j'^ > *p«n^sfflt qu'il ^M^ ^mtt sa. sefviette ^ Itfauriee n^^t pas 4d1
— fe le m$l^y §e viens de le voir.
*^ 41 e«t éep^ ^mivé ?
— Depuis trois jours.
~ Et il n'est pas venu!...
^Xietpauvre^;orc(mae |»inivfti( pas : il est blessé.
«^iO met! il a tenté de m tneal... «ou %ien
-^ fôen de tout eela . . une jainbe eaga é n ; Sokivanqialk/las^asibes jcpMsées^ e&^mfi^t^ gwie. . . . 4;'est ma f)aatia , mil spémd^. . . €kaemi ia siaime ^ et eela ne doit pas fdiis f jal^ ftajer ^u^ua jdâBoàmaptàebMigar ou^aia jpota & reCam.
— tCtoammit oiéa loi >astpél mnné'î
-- le —
t4BM d'éeoaomid. Avoc éa cmn^^ je me piietemî-dé ce qui me miuiq[)ie ^ avee du^tMvail^ Je Bégif^MBÎ ce ^e î»ai petdtf I Lt teM^L ne m'effnie j^^^, ear jfi ettie heoreiâi ^ et le^ Imb^ hear reactf teub f«eiie«
— Heiureux \ d^'éeiiaÂ-j^yi ei eonmefil eèla?
•*-*'0(ii^ »aM do«tte^ tt»' v^e^éU^ Mmim»
en lOttgJMisai^f ^. ptâsque î& y m» i^ois^ pttî»^ (|ue voue ift'aîcM2^ ett^Die et qjM ji'èftpèf e bietf^ tètseMBiOi^riv iK>tt*e esté wê.
Il tiai parole ji ee a.'était pltte^le aiteni hMMic^ U ne dévia pli»a de la Bénie q^^il H^'étaîfc tradéet ^ peiae guéri ^ il se livfa au ttra^vaU avee pa»-* aîe&^ avec frénésie. -^Teut entier à. sib praiefsaieft d'av^lcat^ it semblait qià'il ft'eû4 été nûa àii^ oiande que peur eoMpuleer des dessiena eà pcy^W procédure, le creyaie reveir ei efiie&<fe<i son pèi^. Il eut peu^r sa première eause une s^ faire diffiei^ ^ intéjpessimte ^i avait stUizè l'attenAieft publique j, il débuta avec éclat ^. avec sueeès^ et je fv al pa» beseia de tous dire 4|uei
twâ lei^M^téf^dt^m too^ éteîeat ce j^ur-lè au? pA^k V U nmt^ apdTçiif éam^hb fdttle i, W doetmift et
~ Oiiîi «« «) ton pète éta^ lè^ il Settit comme nous^ fier ^^ eouteiit d($ toî^I
— irhl s'é^ia-'t^ ^ IsTOttiki^ yen:» feM le «Irirj imis âe pmu^ieji ri^ me éire it^^vuS nust^ d^pklirheiMPetel
€6 fiTéWt là que k pt^emier ptew M«fÉriea eitf tmm av^e persévéraiiee k cKffîcilei èth fafi&o>» nd^lé dif^f tèM> fiËi'il vé&aâi d'rariimtow > paii* T«f ràcoeei mai» estimé des jugée ^ aimé é» ses tWEéïèseSf il seyait peu à ]^eu^ sa elieulèle sb fermer^- ef ^ srae me reudt e eempte dea émae^ mena ddi^il avait été te jttuel, fearis m'eB|diiH quer ce qui avait pu ainsi le renverser et le fe^ kivttr^plb croyais désarmai au pert^à l'abri des orages et pour jamais sau^^ k»s^'iiâi mk^^ e'étaitt \é â déecalb^e ^ if&èiimX ehe» moi
fort tard , je trouvai ce billet qui était de Mau* rice : « Mon ami j'ai encore besoin de vous , (c venez , car jamais votre aide ne me fut plus Ci nécessaire... venez. Cette fois je vous dirai « tout... Je vous attends demain de bon matin « à Tadresse ci«dessous... » Et l'adresse qu'il m'indiquait n'était pas la sienne.
Je fus réveillé par le docteur , qui avait aussi reçu la veille au soir une lettre à peu jurés semblable^ et^ quoiqu'on décembre , où le jour se lève tard, il soit assez agréable de faire comme lui , nous étions de bonne heure à Tadresse qu'on nous avait désignée. C'était un grand et magnifique hôtel, un des plus riches du quartier Saint- Georges , mais l'élégance et le confortable y brillaient encore plus que la richesse. Ce début fit froncer le sourcil au doc* teur.
~ Qu'avons^nôus à faire ici ? me dit'-il d'un air de défiance.
Un domestique nous introduisit dans un pe-
tit saloQ où Maurice nous attendait. 11 était habillé de noir, en proie à une telle énsotion que sa main tremblait en serrant la nôtre ; à peine pouTait-il parier.
— Qu'y a-t-il donc encore ? lui di»-je tout effrayé.
— Ce qu'il y a, mes amis , vous allez le savoir ; car avant de vous expliquer le nouveau service que j'attends de vous, je veux, je dois tout vous avouer I . . .
Et il commença alors le récit suivant, lequel, je vous le dis tout bas , m'intéressa vivement; et si je n'ose en convenir tout haut, c'est par la crainte^ ô mes lecteurs , que cet aveu ne produise sur vous un effet tout contraire ; mais en ce cas ce sera la faute de rbistorien et non de rhistoire que je vais vous raconter de souvenir et dans toute sa simplicité.
€t9 iHatiaarftrd
En sortant du collège^ Maurice était \enu har biter près de nous l'appartement dont je vous ai parlé ; appartement au second^ ayant pour succursale un behéder au sixième^ succursale qui était devenue depuis le siège principal de son kabitation} mais, alors, il n'y montait de
temps en temps que pour y peindre, attendu que le jour y était plus clair et plus beau que dans Tappartement du second. Une fois à l'ouvrage, Maurice restait souvent des heures entières dans ce qu'il appelait avec orgueil son atelier; Maurice aimait la peinture et y aurait peut-être excellé sans les Fandectes et le droit romain qui faisaient aux beaux-arts une concurrence redoutable, mais il leur donnait, du moins, tous les momens dont il pouvait disposer, et c'était pour lui, qui n'aimait rien encore, le plus doux des passe-temps et la plus agréable des récréations.
Un jour, après avoir pâli toute sa matinée sur une question de droit des plus ardues, MAAVifee M sëût&it là tételdùiidé et Mgti!i^, il ttt^lt béMfA è^. fepoÈ èfi lé ÈiMA ^tatt m^fti^ 9^^i te jteuûfâ Ctt]«iâ det^ttù H&^H&el s*éll9iheti lestéthttrt yen Mn atèlifef ; il étatt dé}à pAtre^ tîiitoiiid'«btmUjttst^'Atttih<|tiièM^ étàgè et
-st-
dH attrait ptt !& pi'«ttdre pour Mh iitigè &ii«»f fc1«!i njtte pfôûf \!ft« *iïhj)te ïwortètte. llatl*fifeft, tji^, Jusquié-lîl, é'étâil fort pèa k»qtfft*i Aè iMtmftiàs, lieàsà iatldiii potir lit p)f«teil¥« fois que le sixième et le septième pouTfllteiit ètt6 )if»!rïi€s. Le btiiit â'uM porté q«tl ëè èef«ntt«tit le (iônfif I3i)& d«iïii8«éft «otajeetufe». Kk^ àpp»!Klimi qui veii«iit d« le yàvi^ h'àvtîii;, p9m àtt iSd, rifeft qwe dfe îféél et de tetrestw. C'ftatt si^is dbàte une voiéine, aux formée gHtdè^sètJ «it élégantes ; pourquoi la gfâc« et t^léj^nèé K'habftèraieflt-HBllefe pas le «itîètoe? €r«t*if pttiMh^ ttYlè Artl«è, nnfe j*wnë peintre cottiH*
lu^jp et toute la journée Maurice resta l'oreille QoUée contre la porte de aon atelier pour entendre descendre sa charmante sylphide; mais ellenesortitpMOudescenditsilégèrement qu'on n'entendit point le bruit de ses pi». Ce jour-là et le lendemain, il fut impossible à Maurice de s'occupçr de son droit romain ; il ne pou-« Tait pas lire, sa vue était trouble^ ou plutôt le jour était trop sombre. .. Impossible d'y voir et de trayaiUer au second, et successivement le Digeste, le Code, les Pandectes et tous les cahiers dQ Maurice prirent le chemin du sixième étage.
Le portier eut un instant de crainte en rencontrant chaque jour sur Fescalier ce démena* gement partiel ; mais comme rien |ie sortait de la maison, il se rassura et s'étonna seulement du caprice de son jeune locataire, qui passait sa jourpée entière dans une mansarde du sixième, tenant toujours sa porte entr'ouverte^ au risque de s'enrhumer. Cependant, rien, ne
pwàiBsait; Mauriee maudliiHnît les vwtm Ào-^ HiMtiqaes et sédentaires de sa voisine, foi, semblabiè sans doute à la Lucrèee de M. Poi»» sard.
Restait to^jonrt chei elle et fileit de U laine.
A force de s'occuper sans cesse du m^me objet, l'imagination <^ pauvre jeune honune> jusqu'alors oisive et endormie, s'était éveillée ardente et active. Chaque jour, chaque nuit enfantait un nouveau rêve, il voyait là, devant ses yeux, cette beauté qu'il avait aperçue à peine, cette inconnue, déjà trop séduisante, et qu'il parait encore de mille qualités nouvelles. Je n'aurais pas voulu répondre que déjà, sans se Tavouer à lui-même, Maurice ne fût amoureux, mais ai^oureux d'une ombre, d*ane chi-* mère qu'il avait créée ltti*-même, lorsqu'un incident bien simple vint donner du eorps à ses pensées et de la réalité à ses rêves*
pèMntiira'nr l'Mcafierétniil^ pâtB«Héftl«HV M iÉiaittfeii4iB. Lit ton «kétailiqm^haift pm êlùm^
tait des souliers ferrés, et Maurice n*eut pm même Tidée de regarder à travers sa porte entr*out«rte. Ce M pmivàit élM ifWk Iftiïôfinue aux pieds légers. Il entendit donc sans y faire URèlitioti 1^ MAtie H'ttivalilè, qtti s« ))âiMtt èeyfWA HkilMtkbté M mt tes màMlMMl 4e TeMà-
^ Hl bten! mii, c'est ni6i> Aiitoi«%, le
Ces iiH^ls étaient prononèés d^in«i tôîï eû^ rèttéë ^ leâ Immilterdu éé la SeiMtAde ^tals Mlftidéra))lei&eM Atitiée ; mftift s'il y à un état à^ le Tin sMl d« tem|)S tn ^xitnpn péhAis, c^fit «dut Ae p6Well^ d>eftu, ^ Abtoiftë po«rd^ sitt Jttst}tt*A f eMds r^ihottf des eontrttMé^i ^ «Mtin«A 4ott« Ml 'élmtioèlètit t
— Vous WêW»]^ste^j^te teut bîfeA, ttiàî«
— A mon secours! s'écria une voix douce et
tremblante.
Maurice ouvrit vmmo&t safK^rte^ Uw hmïo$.
éperdue Be précipita daa$ sa chambre^ seule issmequiluî fût offerte» puisque l^^f^çalier é(iMf barré pfir le porteur d'eau* . Avaiit fvfe eeluÎHH^ £làt revenu de %w éteoneiaeut^ la porte «liifilt été ^eferm^ a double tour, eft ]\][auiu«ei^^ ^m ait
re|ournant| vit uae pauvre jeiiae;fiUe:f^ venais 4e tonber évanouss «ur une du^se••% C'était «ou if^Boue . et pour la seeopMle lois ifii'U b| reufiontrait» il ae trouvait t^ à tète euferm^ ayee elle, au sixième^ dans «ne ehapnbse de {^çon%
J'mrais donné à ïma leetmrt une Mie bim
«bM^dftiéni "péè que te pr«Uni«r ««irthAeht q«t^H«f>HMNt fut utté Mi^«tir ««(¥«iM« m «tximé
im 0wh»rêA terribla» Il pouvait coutevipler à loisir ces traits chanoafts et çetta physionomie plas spaye, plus pure encore qu'il ne Tayait rèTée. Plus âgée qu'elle ne lui avait semblé d'abord^ elle devait avoir dix-buit à vingt ans. Sa toilette se composait d'une robe blanche, d'un dbapeau de paille et d'un châle bleu, c'é*tait la simplicité même : mais il y avait dans cette simplicité la recherché la plus élégante. Maurice ne vit rien de tout cela, il ne songeait qu'aux moyens de la faire sortir de cet éva* nouissement qui Teffrayait, et lorsqu'il vit des couleurs rosées revenir d'elles-mêmes sur son teint légèrement pâli, lorsqu'il vit ses joues et ses lèvres se ranimer et ses yeux s'entr'ouvrir : éperdu, hors de lui-même, et, par un mouvement dont il ne fut pas maître, il se jeta à ge^ j/iQUii, puis, honteux de cette folie, il se hâta de se rdever. La jeune dame l'avait-elle aperçu ? c'est ce que je né puis dire ; mais en voyant œ be^u jeune homme qui se tenait re^actueuse-*
ment à quelques pas d'elle^ baissant tes yeux et tremblant, elle se sentit tout u eoup ras- Mïée.
— Vous n'avez plus rien à craindre, made-»
moîselle, lui dit Maurice, qui venait di'écouter à la porté ; celui qui vous avait effrayée est descendu. L'inconnue se leva. -^ Maurice^ comprit alors sa maladresse, et voulut vaine-* ment la réparer en ajoutant : Il serait peut-^ être plus prudent d'attendre. — L'inconnue s'avançait toujours du côté de la porte.
• — Nous sommes voisins, je crois, continua Maurice. — La jeune femme sourit légèrement.
— Maître Tricot , le tailleur qui demeure au dessus de moi, n'est-il pas votre père ?
L'inconnue, qui s'apprêtait à sortir, et qui avait déjà posé sa main sur la clé, fit un mou-vement que Maurice prit pour une affirmation. Reprenant courage, mais balbutiant encore, il ajouta :
\Milîft.., 4e m^ préMAtor di«i lui politr fmisef de révénement d'aujourd'hui et savoir do VM aMiy#llefl^
9Wi« noe î^OeKMtt e^Uê Varr^t^; «!!« m
fWPi^bH^ d'intlûier 1% (^ ^ A^afi 4i'9mm^ mfiu\f et vcmlut de i^ûi|t«|ià s^ftÎF. Mtmiw i. aifi, çWDitbU de la jw^i fiiia^t U ^ qu'^Hf Mr ff)«¥^ veipir à hq^t dk tf^urn^tSi ^, ^s «f»
mouvement ^ il p^aWii . Mtl^ 1q i^wlo^r» nw
vomk 4&icm^ et a<^înJi4^jP9«nt \^m gnuiée.
Gç fut luji, àaon.twr, qwi rpugit en ii^Hri»»^ rant des excuses qu'on n'entendit point, c%f lu poft» vwait de ^'Qnvi4r, et sidieçfant à ¥W F^-
tecteûr un graçi^uii ^igm di^ têAç ^t ua Ii^Umi d# ^m^^n, l^jeun? femme de^e^ndit l^f^i^nt
dUpwu.
place^ ravi de son aventure^ mais méço^i^^
pas un mot nejm i^^mîlveji^u qt|€A%l|a». intttw fitu^ U^l. A QOi^p a«V» U WifMl dû lunriun
q^'il «Ynît obtenu U |^«tiAÎd«ion 4ft la f«mii U n'f)»» 1^ W jouir ruim^i qiKiîqu U #p «K giri«()« ^»¥i^ luofiijQf c^fji mi^iiv^ Tvioail^ w^ ywm^;, rm^ kUnâfimùn, avant m^, UiU»
&ap|i^]r Ik^ft^^ porte, h^^ mpyeM 4^ i'î«t?o4wwi| 4iai^t fMiWi^ ; il aidait ua liis^ît à i€i Mn^ kim^ ujik b«kbit ila i«94¥^ ftt ^w> 4)At#i4u pwifff éf Ui. i^pf^ I»w4i$ ^% 41«gw^ df. MMi ^ wifiiu; Ât
fort boa«^^ iMWMie» l»iltew toluArîmi^ old^
4 «9Q ^it^i qf^i l^l^ilklit 4'Ql4iUAiFf \m \mià^ chaussée ou les mansardes ; mais qui iViJi
peu rhibitude des preaûer» étage» ou des eoodft. Il fut donc infiniment flatté de la noa- T^e pratique qui lui arrivait^ sans rien eom-» prmidre eependant à Textension subite que ▼énait de prendre sa renommée.
Pendant quil prenait mesure à son client, e^ foi-ci regardait autour de lui d*un œil curieux. L'appartement était propre, mais tout j était assee commun y à commencer par Mme Tri-* cot, grosse Alsacienne , qui, tu son habileté pour les coutures, tenait lieu à son mari d'un second garçon : — le premier était M. Mathieu, jeune gaillard frais et vermeil, à qui Ton ne pouvait refuser l'avantage incontestable d'une brillante santé; c'était sa principale qualité. Mais il en avait d'autres : ne quittant jamais l'établi et maniant vigoureusement l'aiguille, il restait toute la journée les jambes croisées, ne changeant de position que pour porter le soir chez les pratiques Touvrage confectionné le matin.
Maurice s'attendait toujours à voir entrer une autre personne qui n'apparaissait pas^ et force fut à lui d'amener la conversation sur le sujet qui l'intéressait.
— Je croyais y maître Tricot, du moins je l'avais entendu dire à Mme Galuchet, notre portière, que vous aviez une fille ?
— Oui, monsieur , une jolie fille , je m*en vante !
— Mon Âthénsus ! s'écria Mme Tricot, et le tailleur et sa femme échangèrent un regard de satisfaction et d'orgueil.
Mathieu, qui avait aussi levé les yeux, poussa un soupir, reprit son aiguille et continua le point arrière qu'il avait commencé.
— E&irce qu'elle n'est pas ici ? continua Maurice en regardant toujours autour de lui.
— Non, monsieur, elle est en journée.
— En journée ? dit Maurice ; et chez qui ?
— Chez une lingère... Mme Tricot a tou-
jours fjkxé «a iille, «t loi a laisBâ faire te» volontés ) elle d'à jamaÎB Toalu^ comme sa mèroi eoudre des pantalons et des gilets.
— Est-ce sa faute ? répondit Mme Tricot , on ne mattrise pas ses goûts. Elle n'aime pas Tétat de tailleur.
Mathieu soupira de nouveau.
— C't' enfant est gentille^ et la m'se lui va si bien ! Il est tout naturel qu'elle aime à être belle. Et quand je sors avec elle , il faut voir conlme tout le monde nous suit dans la rue !... Ça flatte une mère. Aussi tout mon regret est de n'avoir pu lui donner des idées et une édueatlon en rapport avec son physique.
— »-Tu né lui en as donné que trop, reprit h brave lailleui*; tu Tas élevée comme une du* che«J*e, et aujourd'hui elle veut êlte lingôre ; v'îâ ce que c'est ! die ne se plaît plus chez nous, dans une chambre au septième : il faut qu'elle soit dans un salofi, au prertifier, chez Mme Évfard.
— Une des preniières lirigèri?s de Paria !,..
— Chez laquelle il y a des glaceâ doî^ées où ces demoiselles se regardetit^ deâ inétlblbs en palissandre et deë caha|Kés où elles d'âssètëiit.
— Où est le mal !
— Il n'est pas bien qu'elle s'habitue aux canapés. Eat-ce qu'il y en a ici? Et puis, quel est le monde qui fréquente ces beaux magasins de lingerie?
— Rien que des dames de la haute société, des banquières et des marquises !
— C'est drôle! j'y al été d^ux fois prendre ma fille, je n'y ai jamais \u que des hommes, et des jiîuneé getiS ëncote î
— Tdus jeunes gens comme il faut ! 'foujours des équipages à la porte !
— C'est vrai ! et moi qui emmenais Athénaïs à pied, je t*aî entendue, en regardant ces riches voitufeâ, soupirer toui bas.
A ce mot, Mathieu soupira tout haut, et
\o tailleur le regarda avec un air d'intérêt.
— Enfin, monsieur, ditr-il en s'adressant à Maurice, voilà un jeune homme que j'ai élevé, que je n'ai jamais quitté, qui n*a pas un défaut, un bon travailleur à qui je comptais laisser, quand je me retirerais , mes pratiques et ma fille.
— ^^Eh bien? demanda vivement Maurice...
— Eh bien! elle ne dit pas oui-., elle ne dit pas non.«. Elle ne dit rien, mais il est clair qu'elle a d'autres idées, tandis que ce pauvre garçon n'en a qu'une... Il aime Athénaïs comme un enragé.
— Ne parlez pas de cela , maître ^ s'écria Mathieu avec émotion, elle me fera perdre la tête!
— Voyez plutôt, dit Mme Tricot en haussant les épaules, comme il maigrit.
— Qu'estr-ce que ça prouve ? répondit le tailleur en continuant de prendre mesure à Mau-
rice, ça prouve qu'il faut uue santé comme la sienne pour y résister ; malgré ça^ je suis bon père, je n'oblige pas Athénaïs à l'épouser; mais qu'elle y prenne garde ! si elle me fait du chagrin, si elle tourne mal... elle sera cause de ma mort, — et une grosse larme qui roulait dans les yeux du bon tailleur vint tomber en ce moment sur la bande de papier dont il se servait pour prendre mesure.
— Allons donc, dit Mme Tricot, quelle idée as-tu de notre fille ? est-ce qu'on a en jusqu'ici rien à lui reprocher ?
— Non ; mais elle est coquette, elle aime la parure, et il y a toujours des beaux messieurs en gants jaunes prêts à profiter de ça, et à acheter le repos et l'honneur d'une pauvre famille. On aurait beau leur dire : Il y a tant de grandes dames qui ne demandept pas mieux !
adressez-vous à elles, et laissez sa fille à l'artisan, qui n'a que ça pour être heureux !... Ils ne vous écouteraient pas... n'est-il pas vrai,
monsieur ? E)n pi^rl^ut «ioâi, le iuilleur élfiit ^ genoux deyaiU iVfaurice, à qui il acbev^^it de prendre mesure, et Maurice^ tout ému, se reprochait déjà le moUr qui l'avait amené dfips cette piansai^de , lorsque h sonnette , agitée ^Ypc violence» retentit plusieijrs foiîj.
^ C'est ell^! g'écrî^ Mme Tricot avec joie, ç'e^t ïppïj Athénaïft !
Le tailleur §e rpjeva vivemepl, Mauripe pi- Ijty et lVf^|;hieu laissa ^mber 9e$ ci^eauY... La têtp en §v2|nt et je wur tout émii, Maurjçe regardait du côté de la pqrtp... ()lle «'ouvrit^ et il vit entrer une lirune 4§ quin^se an^, gaie, rieu^ei ip^outîiaqte et fraîche comme uae rose, le yr^i type de^ grisettes. Maurice poussa up pfâ de ewrprise ; ce n'était pas son inconfiue,
4tUénftïs TricQti qui n'avait jamais vu Maurice, \\\\ fit d'un ail' coquet une gentille révé-
r»5nc^ ; piii^ a(lr^§Sfa iip soMnrç au Railleur, yqe fftfçsgsp à sa inère et une petite grimace à Mjt-
tbiiH I lotit wl» M m^mi t^oipi 9( ft»nfl iit»r-
Je ^Mi3 iî^o^ foirtimt) Et n'ai point d'aïeux!
Oui , mais Je suis brune
A <rette ype, qui *ur»iit ç^^rmé toi»* PMtr^i ]Vl4ii|:i(^ pfit 909 ehipt^^^Ut et, saqs répoiidri; au taiU^urr qui lui deni^Ddait pour qu^i joui il Y^ul^it 3oq h^bitjp il sortit désespéré. U ^ ««<« Uiii trompa, ce n'était point son ineoaniie.,» Ou 4fîn)6ur9it-ell^ 4<inc? Il y avait m ^^p\^m^» fm fiice du tailleur, 4aux porte». -^ Dan» wu désappoiateoiçnl. çt êaas af voir ce qu'il Smml'$ Mauricf^ frappa à la pri^niièrç,.. C'était UAf eliambre habitée par uue aucieune ouvrii)rQ m
dentelles, septuagénaire et prçsquQ paralyt^ que, vivant 9^u|e et ne portant jamais. . . Cf prêtait pas la qu il (allait ^'a^e^ser.
En désespoir de cause, et dans un état d'exas^ pération qui ne lui permettait plus de réfléchir, Maurice sonna à tout hasard à la porte de la dernière chamhre. Un petit garçon vint lui ouvrir^ et Maurice entra dans une pièce basse mais assez vaste; une femme et plusieurs petits enfans travaillaient autour d'une grande tar ble où l'on voyait entassés des franges , des ganses et des galons : il était dans un atelier de passementerie y et son thème fut bientôt fait : il avait un petit salon à tendre en entier avec des étofiTes et des franges , et au lieu de s'adresser à un tapissier en renom , il préférait, afin que cela lui revînt moins cher, s'adresser directement à un ouvrier en chambre. Madame Durouseau promit d'envoyer chez lui , ou plutôt de descendre elle-même le lendemain pour calculer le nombre de mètres que demanderait cette fourniture.
Elle tint parole et fut à l'heure dite chez Maurice. Madame Durouseau était une grande
femme sèche, au ton bref, àVair sévère. Toute entière à son affaire, elle ne parlait que de torsades et d'effilés, et Maurice ne lui parlait que de sa famille.
— Vous avez un mari ?
Non, monsieur, je suis veuve... la soie bleue sera plus jolie, mais moins solide.
— Je vous crois, madame Durouseau et m'en rapporte à votre goût... Vous avez beaucoup d'enfans ? •
— J'en ai six.
— Entre autres une fille charmante que j'ai eu le plaisir de rencontrer,
— Je n'ai que des garçons... Je mettrai votre tenture en rouge ; c'est plus cher, mais vous y gagnerez.
— Comme vous voudrez... Il me semblait cependant qu'une jeune personne habitait chez vous.
— Ma nièce Fœdora, c'est possible... Monsieur la connaît?
— Oui, madame.
Et le front (leja sévère de u^adame Durquseau se rembrunit encore» Mauri^îe {^ bâta de raconter le service qu'il lui avait repdii ^t Tadmiration respectueuse que lui avait inspirée sa jolie voisine. Madame Durouseau le regarda d'un air étonné et continua ses calculs. Maurice, quoique ui\ peu déconcerté, se hasarda à lui demander si sa nièce travaillait çbe?
elle.
— Non^ monsieur, elle ne travaille p^s.
— J'entends, plie dpmeure ^euleme^t avec vous.
— Non, mopsieur^ elle n'y demeure plus.
— Et^ pour quels motif^i mon Dieu ?
— Je pense que cela ne regarde personne^ répqadit l'ouvrière d'un air sec et glacial, et Maurice ne se sentit plus la force d'iiiterrpger. Tout devenait mystère dès qu'il s'agissait de cette jeu{ie per^pnne, et ce mystère fedoubl^it naturellement la curiosité de Maurice. Il renvoya la
UQte eo lui à\s^ml qu'il ei^^\nimnit l^ 4flyi9 qu'elle lui lais^iti puj^ fatigué de ch^rpbef^ 1^ QlQt d'une énigme qu'il np troi^v^it p^p ^j qiy lui (}pnn^H 1^ V(^W^i^&f U sortît pour pr@q4r^ l'^iP? Pî^?» devçLUt l?^ nouYïjUe église dç Notr#^ dami3-^e-Lorette, descendit la rue Lft|p6t(ft et ^^tf^nit sur le boulevard qu'il allait travprfeiv Jfir^u V» euibari?a§ 4® voilure le forçfir 4*9 ^'«JNrêtçp. Pevant lui, piaffaienl; de^x eli^v^^f ^R^ gl^i^ pur sang, attelés à un élégan^ epupé q^^ conduiiiait un gros cpefaer galonné pQr(a;}t 4f)s gints blapps et une perruque, de lâjiçç b)f(f}^e ; la vpitqre étaiti d^ plus^ prnée 4a de^x laquais diÇfTièrp et d'armoiries sur les pauq^aux j 9p gafÇQU qui n'aime pa^ à per4re s^u tewps, Manfiçe, ei» aJleudaRt que les vi»ture§ déjBi|a»#ei|(, s'amusait mapbipalem^^t à expliquer le ii^la^Qu qui était devant ses yeux. Des armesi de l)arpn f.urflfipujaient u»^ çoTqe d abon4auce et p|hsieurs atAj'ibuts du çp^iimeype, ce qtii lui jEMsait suppoger que le coupé appaïlÇflaî^ à une
noblesse financière, lorsque la personne qui était seule au fond de la voiture avança la tète, et Maurice reconnut les traits auxquels il rêvait en ce moment, ceux de sa belle inconnue qui rougit en Tapercevant, mais qui, cependant, s*inclina avec grâce pour le saluer. Maurice, tout joyeux, s'élançait à la portière, mais la file des voitures venait de s'ébranler, et les chevaux anglais^ déjà impatiens du retard, disparurent rapidement, emportant le coupé, la belle inconnue et les nouvelles espérances de Maurice.
Plus malheureux et plus intrigué que jamais, il continua sa promenade, se creusant la tète à expliquer cette seconde apparition qui lui rappelait celles du Dotuino noir; mais il n'était pas à UOpéra-Comique, il était dans sa rue, devant sa maison ; et au moment où il mettait la main sur le marteau de la porte une idée victorieuse et pourtant bien simple vint s*o{frir à son esprit : c'était de s'adresser à madame Galuchet , sa portière. Une
portière sait tout ce qui se passe dans une maison, voire même dans un hôtel,., une portière connaît dans les affaires des maîtres ce que souvent les maîtres eux-mêmes ne connaissent pas, et Maurice, dédaignant tous les vains détours de la. diplomatie, aborda franchement la question en demandant à madame Galuchet si elle connaissait la nièce de madame Durouseau, la passementière du septième.
— Mademoiselle Fœdora ?
— Justement.
— Si je la connais !... Elle a causé assez de chagrins à sa tante, une digne femme, qui vit bien, celle-là! Aussi est-elle protégée par le père Doucet. Le père Doucet, monsieur, est un desservant de Notre-Dame-de-Lorette, qui a grand crédit dans le quartier, et qui a promis de faire avoir à mon mari une place de garçon de caisse ou de garçon de bureau quelque part. Parce que vous comprenez qu'il n*y a pas besoin ici de deux personnes pour tirer le cor-
- Ts -
AOb, et ({ue si mot) tnari gagnait de son côté pendant que je gagne du mien... au lieu d'un fèvetïu...
— Ça en ferait deux... Et mddettioisetlé Fœdora?...
— Ëtdt élevée pai* M tante datid là passètnenterie et ddus les Ineillëtifs principes... Le pé« Doucet suhdtit ravâit pme m affection ; tout lèf tettips (Jû'elle n'employait pàô dit travail, il voulait qu'elle le passât â Toffide. Son intention était même de la faire entter dans un établissement de personnes pîèuses où on aurait fait son bonheur. . . Quant à toadàttte ftttfoiiséaii, 81 ce n'avait été la ctainte de contrarier le pèfe Doucet, elle aurait préféré, à vrai dire, que sa tlièce restât chez: elle comme ouvrière... tant fl y a que dans le doufe et dans rinéertîtude où ils étaieiit et pendant qu'ils hésitaient encore à prendre un parti...
— Et bien...
— Mademoiselle Pcedorà est entrée 5, rOpéra.
— t*as possible ! s^écrîa Maurîée stupéfait
— Oui, monsieur, c'est comme je vous le dis, le véritable Opéra.*. Elle est dans les chœurs Ae la danse... Le père tJoucet en a été consterne, sa tante furieuse, et moi je n'en parle à personne, cat ça peut faire du tort à la ifiaison et surtout à la petite Âthébaïs Tricot, la mie du tailleur, qui était très liée avec Fœdora, et que l'exemple peut gagner ! Car vous comprenez, monsieur, dans les chœurs de la danse !
où ça peut-iî la mener, la malheureuse !
— A la fortune, répondit Maurice avec amertume, car je viens à l'instant même de la rencontrer sur le boulevard en riche toilette.
Elle ! mademoiselle Fœdora ! s'écria la portière d'un ton radouci.
— Avec deux laquais et un équipage.
— Déjà ! continua k portière avec un étoii7 nemeat mêlé d'admiration.
~ Et fti j'en crois les «moîrMi à» n wi^
tare... c'est quelqu'un de la finance... quelque riche banquier... qui se ruine pour elle.
— Un banquier ! s'écria madame Galuchet avec un transport de joie, un banquier!... Il est impossible que je n'obtienne pas par lui cette place de garçon de caisse que me promet depuis si long-temps le père Doucet. . d'autant que j'ai toujours été au mieux avec Fœdora ! une pauvre enfant qu on voulait forcer à être dévote et à passer tout son temps à Toffice. . . Contraignez donc les jeunes filles ! voilà ce qui arrive ! mais à qui la faute ? aux parens, et je l'ai toujours dit à madame Durouseau.
La digne portière continuait encore, avec chaleur et conviction, sa thèse en faveur de la tolérance domestique et religieuse, que déjà Maurice l'avait quittée et remontait chez lui honteux et désespéré. Il y trouva un camarade de Sainte-Barbe, Alfred G..., fils d'un célèbre et riche négociant qui venait le chercher pour l'emmener dîner avec lui. Dans la disposition
d*esprit où il était^ le premier mouvement de Maurice fut de refuser^ mais son jeune camarade ajouta : et j'ai deux stalles pour l'Opéra. Pour rOpéra ! s'écria Maurice avec un accent de rage qui étonna son ami... j'accepte... j'irai ! — Et les deux amis partirent.
Cf Hûnciuter.
Les deux amis arrivèrent à TOpéra dans un entr'acte et se promenèrent un instant au foyer; ils s'arrêtèrent près d une des cheminées^ où un homme jeune encore^ inais petite rondelet, au teint coloré et à la yoix haute^ s'était posé comme orateur. Un zézayement désagréable
nuisait à son débit, mais donnait à son discours une originalité et un comique que ne lui auraient peut-être pas procurés le piquant et la nouveauté de ses pensées. Du reste, sa mise était des plus recherchées, et dans toute sa personne respirait Tair satisfait d'un homme qui croit en lui et en ses moyens de séduction, confiance qu'on n'aurait su comment expliquer sans les trois gros boutons dé diamans qui brillaient au jabot de sa chemise et qui semblaient à toutes ses phrases ajouter ces trois mots : Je suis riche!
— Oui, messieurs, criait-il avec son zézayement ordinaire, je le dis avec peine et douleur : l'Opéra s'en va !
^%9i MA a^ môPilwr? (kmimâif^ Mwfice T» h% ^f.m 4*Ha:?MPèuï|, lui r4|ioniit Al*
T^Uft^ft a» bi«ft *riite.
— aif —
Fui» a'appMefaftBt de l^oFateur, qu'il saluty eftlmeai voa p^reU» monaieur le baran, Ittî dik i) eu riaaiy te mal n'est pas si §ri(Ed que veoa l«i faîtes ; iieut avaas eae09e âsBs la danse^ §{ surtout daes le ehaat^ des ti^ens admirables.
T-r> Qii>str>eQ que ça me fiât. Je ae ^ie&s pas pQUf oela... Je Yieiis paur les dames df ma caimaissaDca que j'«kllaîs sfduer dans leuf s hfhf ge9 et que je u y trouve plus. Je viens lui feyev pattr les uauvelles politiques, diplomatiques au excentriques qu'cm y appr^d; ear députes, grands seigpeuis, ambassadeuf s, tout le mande s'y- donnait rendes^vous autrefa|s, et maîntetnant, qui est^ee qui y vient?
-1-^ Vous d'aberd, monsieur le bason, cép^Br dit Alfred en sHnelini^nt, et puis nou|L.. qui venons pour vous entendre, et ce que vous dictes là est peu obligeant pour vos admirateurs !
«-^Du tout^ messieurs, du tout, s'éeria le )um-> quier avee un r|re pwteoteur} je ne dis pas eela pour vous qui êtes de ebarmans jeunes gens;
je le dis, au contraire, dans votre intérêt. II eomprenait seul Topera, le philosophe qui s'écriait : Allongez les ballets et raccourcissez les jupes. En ^e temps-là seulement il y avait de piquans scandales, des beautés célèbres qui attiraient tous les regards par Téclat de leurs conquêtes ou de leurs aventures... Ce n'est plus ça I c'est ennuyeux à périr ! . . . Ces demoiselles sont comme les pièces, elles ne font jamais parler d'elles ; tout le monde est sage, tout le monde est honnête... L'Opéra s'en va!!!
C'est désolant pour nous autres jeunes gens d'esprit et de plaisir... Nous, la nouvelle régence ! ... On a une maîtresse, personne ne s'en doute... Elle vous est fidèle ! elle a des vertus domestiques. C'est presque un ménage; autant vaudrait rester dans le sien !
En ce moment, la sonnette du foyer interrompit le baron au milieu de sa tirade ; le rideau se levait, et nos jeunes gens coururent occuper leurs stalles d'orchestre.
la^BBES^^
La lorgnette de Maurice^ sans cesse braquée sur le théâtre^ était toujours dirigée vers le corps des ballets^ au grand étonnement de son compagnon. Il traitait les premiers sujets avec une complète indifférence^ ou ne les regardait même pas. En revanche^ il lorgnait lune après l'autre, avec une a:ttention scrupuleuse et soutenue, qui ressemblait à de radmiration, toutes ces jeunes bayadères en sous-ordre que Ton nomme figurantes de la danse. Mais hélas!
celle que Maurice cherchait, la nièce de madame Durouseau, n'apparut point à ses yeux ; il dut penser que quelque indisposition réelle ou de commande, quelque dîner en ville, quelque partir de plaisir la retenait ailleurs ; et en effet il eût été bien difficile à sa belle inconnue d'être en ce moment sur le théâtre, car, en se retournant dans Tentr acte, Maurice l'aperçut dans la salle. Il n'avait pas encore regardé de ce côté... elle était dans une première loge de face, en tète à tète avec un homme dont la vue
— »« — fii(çita dans U ç^ipur de Mfturiofii dM mouvemens de r^ge et de dépit ; eet homme était le hapaa (i|'|{aYireço\irt, le riohe b^nquiep^ l'onteur du fay tr^i pour lequel Meuriee a'^it senti du pi^ fUif^ coup d'œil une antipathie inat^nf^ive et I09daine, C'étût )à Tamaut préféré de eette jfune fille ai helle^ ei difttifiguée 1... Ah ! c était ^ elle qui! ep TQuUit le plus lil y a des ehoiK q^i rendent uue faiblesse impardonnable. Quant «u banquier^ loin de oomprendre et d apprécier $^n hùnheiw, il s'oçQupaît fort peu de fkn belle fSippagpe» ne lui adressait pas la p^role^ bâillait souvent, et poup se distratre lorgnait toutes les damesi de la salle.
-T- Qu'as-'tu donc? dit Alfred à Maurice en le voyant tressaillir et ehanger le eouleur.
Mais Mauriœ aurait mieux aimé mourir que d'apprendre, même à un ami, Thumiliation et les tourmens intérieurs qu'il éprouvait. Il s'ef«ferça de eomprimer le spasme nerveux qui Tagitait, il fit de son mieux peur éceulev les plai-
^pteHdft de ^n ^^mh il parvint méine à aati- IHre, B|»[8 pQur ^nt^aclre m qu'oQ lui disait » seiit lyi h% inapouftibl^,.. Avant la fin du apeo- (A^?t "^iFdyAPt qw F^dora e% le banquier ae di«- P^Aiwt à ^oftir» il quitta bruaquepienl Al&ad et s'élança how d© l'opebeityei poqyquûi? Il n'en savait rien lui-même ; sans dâiite pQUP a«oftbhr F(BdQFa de repraohei ou pf^ui^ déâer le ^QQy mai^ à mesura qu^il e^oalad^ît le^ mnsH çbe^ fui séparQut Topeliciitrci de^a pramièras l9fep> la NMSQu lui f^vepait at lui démoutiait Tabsufâité da sa oonduite^ li l^ieu qu'an arfi^ vaut k lu porta du fuy e? où sa trouvait ua graupe Û» JQftPCNi geus il s'arrêta^ et vit le ba^quiap et Ffeéoia a'f^vauDW vers lui. U n^avaitpu admir ^ar W^QTQ @oini¥ka au aa mameut oetie taille fiveha at nmia^tuausa^ ce port da raiaa ou da déessa^ U ua voyait pian qua las diamaas daut alto étfût aouvepte, at qui indignaient l'honuèta jeune homme. U ne voyait que ee bras ai beau^ si blanc, si adorable , qu'elle appuyait a«ai|
grâce sur le bras nonchalant du banquier, et quand elle passa près de Maurice^ lui adressant comme le matin un léger salut de la tète, Maurice n'y répondit point, mais relevant son front avec fierté , il Técrasa d'un regard de mépris, et s'éloigna sans remarquer l'air étonné de la jeune femme.
Maurice passa une nuit affreuse : il ne dormit point, il eut la fièvre, il roula dans sa tète mille résolutions impossibles. Le résultat de ce long cauchemar fut le raisonnement suivant , raisonnement pour lui de la plus complète évidence. Il ne pouvait estimer cette femme et ne devait point l'aimer; donc^ à la honte de tous les principes et de tous les sentimens d'honneur, il était forcé de s'avouer qu'il l'aimait comme un insensé, et que son seul désir maintenant, le seule rêve de sa vie était de la posséder. Enfin, de conséquence en conséquence^ il en arriva à s'applaudir de ce dont il s'indignait d'abord. Les qualités dont il s'était plu à
Tembellir auraient rendu sa conquête impossible... il valait bien mieux avoir à la disputer au baron qu'à la vertu. C'étaient deux adversaires qui n'avaient aucun rapport^ mais dont l'un était beaucoup moins redoutable que l'autre. Sans avoir la moindre fatuité , Maurice sentait bien ce qu'il valait ; il était moins riche^ il est vrai., mais plus beau, plus jeune et . surtout plus amoureux que son rival ! Je la lui ravirai , s'écria-t-il , je l'aimerai tant qu'elle m'aimera... je la relèverai à ses propres yeux et aux miens, et tout à l'ivresse du présent, je • tâcherai, à force d'amour, d'oublier le passé. Consolé par ce nouveau plan et décidé à le mettre à exécution, Maurice se leva joyeux et plein d'espoir. Il trouva sur sa table un billet qui lui avait été envoyé quelques jours auparavant par son ami Alfred G. . . , dont le père donnait le soir même un bal somptueux. Il avait décidé, en recevant cette invitation, qu'il ne s'y rendrait pas, mais en ce moment il chan-
gea d'idée. B«il ami Alfted eî ^liisiétirt eatii»^ t»Âm q^i assiàieÉ^iefit à èettè soirée ipouvatefat lai ddAnér le botis conseilè, à lili jeune hoin^ lâë inexpérittiëoté *, et puis eâ sa qûidité d<l btôquiër, M. d'HàvbeeoUft dé tfOttveràit ptii^ bilbléihent à te hal, qui réunirait toiitè la fl-^ naiice éi le haut feoihttierte^ et Mâui4ee ti'étàtt p&s fâ«hé d'étudiet^dé près èè rival quil voulait vAitiëtë «t qu'il côfififidÀsSiit à ^^iiie. Il ëspéi^it le làif ê (^tis6r, feè qui était tàxAltè, ti savdii* d« lâiHiûèffîê^ J)ar ete Aple, lêii ttiômëbs de la jour» née èù il était te plb^ t>()èU]^é ; Vhm\^ de là bôiirâ^ ft^est pas totijoùrâ ûtié bdiittë hfeurfe .* les banquiers ^t \ei àgéhs dtô làfaâiige é'en défiëtit bfeaUèôttp, PlUsitêUrti , dît-^oU , èhôisistent t^s momenl--là pont î^etiticer subltenrent t^et èUi, ce qui a souvent Càusé bien des malheurs.
Éè rêvant à la câUipagne d'ôbseïVfetion fet attx sagèë ttlàUœuvi'eé qu'il méditait, Mâurrée, qài n'avait ^int dublîé Sofi Tite**Live, se tôm^ paMiit à Fabius Cûndûîor ! Pour commencer, il
-^ w — s'habiiia lentemêtil, riéâ «e le ^réâtiàil.. . AusDi, qttft»«l 11 «rrivà» te bal létait déjà eoWméhcé «i
réunidMit en hommes et e& fèmihë§ l'élite de kl soëiété pàHstetltie. Maurice ne s'était pâd ferompé dlilill ses pi'édfiéatlmëiis : Une des pl'e-^ midréfi persoiiiiéé qu'U àpe^tit fut M. d'HaTlrë'' eonHy plikcé à une tàblè de Whiét et sippëlàht sur lui ratfènttott géné^lé pai* Utie gaitë et^ pansive qui voulait dire je ^istghë. M. d^Hàtïë» odurt étbit de fort màuVàis^ humed)' ^tiàhti il perdait et supportait alo^s diffléilétilëht fà pléi-^ sAnteriêf mâid il m là permettait volontiers quand la fortune lui étbit favorable^ et il avait en ce moment plusieurs réuleaul devant lui.
Maurice Ittl laissa euvei* sxm âr el se dirigea vel*6 la salle du bal^ moins éblouissante encore par ses mille MtAh^^t <|Ue pat Un triple i*ài)g ^ dÀMëë dâtis tout réelat de leur pàhil^ë et de leur beauté.
Mais que devint MaùHce en àpei'ceVatit au milieu d'elles^ à côté des personnes lès plus ho^
bles et les plus illustres ^ Fœdora elle-même^ qui se penchait en ce moment vers Toreille d'une dame d'honneur de la reine avec qui elle paraissait dans la plus grande intimité. Ne sachant s'il devait s'indigner ou se réjouir^ Maurice se retourna avec embarras vers son ami Alfred^ se félicitant de ce que^ grâce à la révolution de juillet, il n'y avait plus de préjugés, même dans les salons.
Alfred le regarda avec étonnement et lui demanda ce qu'il voulait dire.
— Regarde toi-même cette jeune dame, la reine de ce bal ; la connais-tu ?
— Oui, vraiment.
— N'est-elle .pas attachée à l'Opéra?
— Elle !... Allons donc! C'est Mme d'Havrecourt, la femme du banquier.
— Sa femme ! ! ! s'écria Maurice avec un frisson qui parcourut toutes ses veines.
— Eh oui ! mon cher ! continua Alfred, cette jolie personne sur laquelle sont attachés tous
les regards est la femme de cet original qui pé-. roraithierau foyer de TOpéra... Mais comme te voilà changé. Es-tu indisposé?
— Un peu... La chaleur de ce salon... Et puis voilà quelque temps que je me tiens debout. .
— Voilà un canapé libre; asseyons-nous.
Veux-tu une glace ou plutôt une tasse de chocolat ?
— Je te remercie ; cela va mieux... Tu disais donc que Mme d'Havrecourt. . .
— Est la femme de Paris la plus remarquable par sa beauté d'abord et puis par sa vertu. Elle eét adorée dans les salons et bénie ailleurs; mais elle se cache pour faire le bien comme d'autres pour faire le mal, et nul ne se douteterait de ses bienfaits si parfois elle n'était trahie par la reconnaissance... Ma mère m'a raconté là-dessus des détails qui m'ont fait venir les larmes aux yeux, à moi qui ne sais pas
pleurer. Mais taisons-nous, car elle regarde
de ce côté et s'aperçoit peut-être que nous par** Ions d'elle.
On venait d'inviter Mme d'Havreeourtà danser y et elle passa près du divan où étaient assis les deux amis. . . sa robe effleura les genoux de Maurice, qui, pâle et les yeux baissés, ressemblait à un coupable accablé sous le poids d'un crime qu'il se reproche et ne peut se pardonner.
— Et c'est la femme du banquier, reprit Maurice avec émotion quand elle fut passée.
— Oui, vraiment! Ce gaillard-là est trop hereux ! Son crédit et sa fortune étaient, diton , chancelans , lorsqu'il a fait ce riche mariage \ une jeune femme charmante , qui lui a apporté deux ou trois millions de dot. . . ce qui Ta placé à la tête de la finance !
— Et comment ce mariage-là s'est-il fait ?
— Comnv^ ils se font tous ; la jeune fille, qui avait perdu sa mère et qui même, je crois, était
orpheline ^ est sortie de pension pour se marier.
<*-*- Et| continua Maurice en tremblant^ est-* elle heureuse ?
«-« Infiniment. Elle est si bonne et si Ma« fiante qu'elle ne croit pas le mal possible, Quoique son mari ait des intrigues et des maîtresses , elle n'a pas à cet égard le moindre soupçon f et pourvu qu'on lui laisse remplir ses devoirs d'amitié , de charité ou de religion , elle ne demande rien de plus. Tiens ! tu peux la voir d'ici ! regarde ce front pur que n'a trou** blé le souffle d'aucune palision I... Quelle régu-* larité I quelle finesse dans ses traits , et surtout quel air d'innoeenoe et de suave candeur! (Jn mauvais sujet deviendrait honnête homme en la regardant ! . . . Il n'y a que son mari I II esl vrai qu'il ne la regarde jamais.
*— Eh mais I reprit Maurice de plus en plus troublé y il me semble que tu en parles avec chaleur. Est^e que tu l'aimerais !»..
— Oui d'abord^ comme tout le monde; mais
j'ai bientôt vu qu'il n'y avait rien à espérer avec une femme pareille. . . Je ne suis pas assez insensé pour tenter l'impossible^ etj'y ai renoncé, me contentant des dédommagemens que in'offrait le sort. . .
En parlant ainsi, Alfred regardait de loin une jeune femme coiffée d'une guirlande de camellias qu'il courut inviter pour la valse suivante.
Resté seul au milieu de la foule, Maurice, plus troublé, plus agité que les flots de danseurs et de danseuses qui roulaient autour de lui , Maurice ne savait que dire, que faire, ni à quelle idée s'arrêter. La seule chose certaine, c'est qu'il comprenait maintenant son amour pour cette femme , pour cet ange ! Aussi plus que jamais il Taimait. Mais plus que jamais aussi il comprenait quels obstacles insurmontables mettaient entre lui et elle sa position dans le monde , sa fortune et surtout «es vertus. Réflexions très sensées qui ne Tem-
péchèrent point de se diriger vers la salle où elle dansait. Il s'approcha timidement^ respectueusement et se tint quelque temps derrière elle; il n'était pas vu^ mais il la voyait. C'était déjà un grand bonheur! Une dame qui passait près d'elle la nomma Amélie. On l'appelait Amélie! Il savait son nom!... Ce fut son second bonheur de la soirée, mais ce fut le dernier.
En retournant à sa place, elle Tapèrent, mais elle ne fit pas semblant de le voir, et passa sans le saluer. Maurice sentait bien que sa conduite impolie et inexplicable de la veille méritait un pareil châtiment, et il ne pouvait se plaindre. Comment d'ailleurs se justifier? comment même oser lui parler?.. C'était une entreprise au-dessus de ses forces. Enfin, après avoir plusieurs fois hésité , après s'être répété que ce serait peut-être la seule occasion de lui adresser la parole et de causer quelques minutes avec elle, Maurice se hasarda à tra-
ti$r*der eel immense salon; puis^ arrivé devant Amélie, il s'arrêta paie et tremblant, et, enfin, fepreMnt courage^ il balbutia d une voix émue, qu'on entendait à peine , une invitation à danser.
^ Je suis engagée, monsieur, reprit Amélie d*une voix sèebe et brève.
~-^ Mais pour la prochaine contredanse ? re* prit Maurice.
•^ Je Ue danserai plus de la soirée.
Maurice sortit de la salle et rentra ehes lui désespéré.
Quand une fois une passion s'est emparée d'un cœur jeune, novice et ardent, elle y règne en souveraine absolue, en maîtresse tyran** hique qui ne permet ni rivalité ni partage :
aussi, tout entier à une seule pensée , Maurice laissa de côté ses livres, ses travaux et ses étu^ des , il lui aurait été impossible de s'occuper d'autre chose que d*Améliej c'était son rêve, sa vie, son idée fixe. Elle était digne de son
amour ^ elle méritait les adorations de la ten^ entière ; il en était rayi > mais il ii'en étldt p^s plus heureux. En ce moment il n avait qu'uo désir y c'était de la revoir... Mais cornaient ? Il la connaissait à peine, et il avait déjà eu le tar lent de se mettre mal avec elle , de changer en antipathie et en aversion peut-être les hom sentimens qu'avait fait naître le hasard de leur première rencontre. 11 pouvait se faire présen» ter che2 elle en se liant avec son mari, mais ce mari lui inspirait un éloignement invincible. Il lui en voulait de sa fatuité et de son orgueil, de sa conduite et de ses liaisons scandaleuses > il lui en voulait de trahir une femme aussi adorable, il lui en voulait surtout, puisqu'il faut le dire^ d'être le mari de sa femme. L'importante affaire de sa journée était de savoir ce que ferait madame d'Havrecourt, et de connaît tre les lieux où elle devait aller. Pour les bals, les soirées, les grandes réunions, Alfred et qudques autres amis le tenaient au courant^
c'était facile. Ce qui ne Tétait pas, c'était de prendre ces informations sans éveiller de soupçons, et sans trahir son secret. Les autres jours, Maurice se tenait souvent lui-même aux aguets et en sentinelle sous les( fenêtres d'Amélie. Que de fois il oublia le froid, la neige et la pluie parce qu'il avait aperçu de la lumière à une de ses croisées et qu'il espérait l'entrevoir un instant. Ou bien il avait entendu le bruit de la voiture qui roulait dans la cour ou le hennissement des chevaux qu'on attelait. Elle allait sortir. Il s'élaucait, il la suivait dans les concerts, dans les spectacles où elle entrait, et toute la soirée il s'enivrait du plaisir de la voir. C'étaient là les jours les plus heureux de sa vie y et toutes ses matinées se passaient dans une seule recherche, se résumaient dans une seule phrase : Comment la verrai-je ce soir? Vous comprendrez alors qu'il ne lui restait plus un moment pour ses affaires, ni pour ses amis, ni pour le palais.
Cela Tinquiétait peu^ il avait déjà renoncé à son état^ tout lui était indifférent pourvu qu'il vît Amélie; mais bientôt il ne la vit plus. Elle resta toute une semaine sans sortir. C'était là un événement qu'il n'avait pas prévu et qui pensa lui faire perdre la raison. II fallait à tout prix être reçu chez elle. Et malgré sa répugnance pour M. d*Havrecourt^ il chercha les moyens de se lier avec lui.
Le banquier venait de se rendre adjudicataire d'une importante entreprise et avait lancé selon Tusage ses prospectus dans les journaux. Sans examiner si l'affaire était bonne ou mauvaise , sans savoir même de quoi il s'agissait , Maurice prit sur les fonds que lui avait laissés son père une somme assez considérable et se rendit chez le banquier. Le cœur lui battait en entrant par la grande porte, en franchissant le seuil de Thôtel , en montant cet escalier qui élait sans doute celui d'Amélie; mais ce n'était pas chez elle qu'il allait, et une porte sur la-
Quelle étaient écrits ees mots : bureauœ et caisse lui indiqua le chemin qu'il devait prendre. — Le banquier était dans un cabinet des plus co-^ ^ttets^ boudoir de la financé^ où resplendissaient Tor et l'acajou. Il était en robe de chambre à ramages ^ d'une étoffe de Lyon soie et or, assis au coin d'un bon feu ^ les pieds enveloppés dans des pantoufles de cachemire et posés sur des chenets ciselés parDeSnières. Au cahier qu'il tenait à là main^ on aurait dit un homme qui travaillait ou qui pensait. La vérité est qu'il dormait , accablé sous le poids des myrtes qu'il avait cueillis la veille. C'est du moins ce qu'il fit entendre à Maurice, dont l'entrée venait de le réveiller, confidence qui redoubla la rage du jaune homme et faillit lui faire oublier le sujet de sa visite. Il se remit cependant, et tout en glissant quelques mots sur l'opération flnaneière qui Tamenait^ il demanda comment se portait Mme d'Havrecourt.
— Ma foi ; je n'en sais rien ; il y a tantôt une
itmAitie qne je ne Ta! aperçue ; elle est edmm* qui dirait en retraite.
*— Gomment cela ?
— C'efit ranniversâire de la mort de 9â tnèré^ et tous les ans à pareille époque elle s'enferme et ne voit personne pendant sept ou huit jours. C'est trop long. La douleur est une bonne chose, j'en conviens, mais il ne fout pas en abuser, et je supprimerai cela. Imagînez*vous , mon cher , que pendant ce temps-là il m'est impossible de recevoir et de traiter mes aaiis^ car j'en ai beaucoup qui viennent ici tous les jours.
Et Maurice sentit plus que jamais le désir d'être Tami de cet homme qu'il détestait.
— Eh bien ! continua le banquier sans deviner la réflexion de Maurice, eh bien î il m'a MIu lés mener dtner au cabaret. Hier encore nous étions une douzaine à la maisùn dotée.
Quand je dis une douzaine , he croyez pas que nous fussions tous gens de finance ; il y avait six de ces demoiselles. J'ftyais près de moi une
petite... un rat que j'avais pris par hasard , et que je garderai , je crois^ par caprice. C'est bizarre, n'est-ce pas ? Mais la fortune est aveugle, et je suis décidé à faire celle de cet enfant. Il faut vous dire que le souper s'est prolongé très avant dans la nuit, car on soupe bien à la maison dorée, on ne soupe même que là. Le Champagne, les égards et les salons particuliers, tout y est admirable! Y allez -vous quelquefois, monsieur Maurice ?
— Non, monsieur.
— Vous faites bien , car vous ne voudriez plus aller autre part. . . Ah ça ! vous venez donc me demander des actions?
— Oui, monsieur.
— Je n'en donne qu'à mes amis ! Car c'est une admirable affaire que j'aurais dû me réserver ; mais je n'ai rien à moi... je suis comme cela. Vous dites quatre actions, et six que j*ai promises à la petite, cela fait dix... Je les lui
porterai aujourd'hui en revenant de la Bourse. Et il sonna. Un de ses commis parut.
— Pardon. Je sonnais mon valet de chambre... C'est égal : monsieur Dumont^ voulezvous dire à mon cocher que je sortirai à deux heures ; le petit coupé et un seul cheval... vous comprenez ? Ah ! un mot encore. Tenez, prenez l'argent de monsieur.
Et le commis sortit.
— Quant à vous, mon cher, dit-il à Maurice en lui remettant ses actions, voici vos coupons. Comment se porte le petit Alfred G... votre ami ? C'est un gentil cavalier, mais il est comme vous, il est trop sage. Il faudra qu'un de ces jours nous fassions quelques parties.
Maurice s'inclina en homme qui se trouverait très honoré d'accepter, et le banquier le reconduisit jusqu'à sa porte en lui prodiguant les complimens et les poignées de main ; mais il ne l'engagea point à venir chez lui.
Depuis ce jour, Maurice rechercha le ban-
quier Autant qu'il Tavait évité jusqu'alors ^ et tout en se détestaat lui*mème| tout en rougis--* saut de sa bassesse, il lecoutait , il le trouvait aimable, il poussa même la flatterie, ou plutôt l'amour, jusqu'à rire de ses bous mots.
Alfred et d'autres amis avaient présenté Maurice à tin œrele célèbre , à un club des plus à la mode, et, sur leur recommandation, on avait daigné l'admettre. Son seul but était d y rencontrer M. d'Havrecourt , qui venait y passer presque toutes ses soirées; mais, pour res-« sembler à la jeunesse élégante et fashionable qui voulait bien l'accueillir, Maurice, l'ami de la simplicité^ fut obligé de s'habiller à la dernière n)ode, et ne s'adressi^ plus, on le pense bien, à maître Tricot, son voisin. Maurice, qui détestait le luxe et qui aimait tant aller à pied, se vit forcé de prendjre un groom et une voiture dont il ne se servait jamais* Ce n'était rien en-* core. Tout le monde jouait, et Maurice, qui avait depuis son enfance une sainte horreur
pourlej^u^ ^ippritle wistb^ afin de &e mettre plus avafit encore dans rinlimité de M. d'Havrecourt^ qui^ en effets adorait Mauriee quaad il ne rayait pas pour partner. Mais il ne rengageait point à venir chez lui!... Aux parties de jeu succédaient souvent des repa^ où la sobdélé de Maurice avait grandement à souffrir. Je ne parle pas de sa réputation^ elle était déjà faite» ou plutôt défaite^ et un honnête garçon qui n'a* vait d'autre tort qu'un amour véritable pour une honnête femme était reconnu généralef> ment pour un roué et pour un mauvais sujet» le tout sans parvenir à son but» car plus son inti«* mité avec le baroi^ augmentait» et plus il coiq-* mençait à comprendre que le banquier aimait autant» ndn par jalousie» mais par crainte des indiscrétions^ ne pas attirer chez lui ses corn-'pagnonsde plaisirs. Un événement changea la face des choses. Fœdora» dont nous ayons déjà parlé» était une des beautés que de temps en temps le banquier adorait ; mais» plus adroite
que les autres, elle avait su prendre sur lui un ascendant et un empire qui s'expliquaient non par sa beauté, mais par sa coquetterie et surtout par son indifférence. On a tant de puissance, quand on n'aime pas qui vous aime. Le banquier était fort généreux pour Fœdora, qui du reste tenait peu aux richesses... Elle avait une autre ambition plus difficile à satisfaire , elle voulait briller au premier rang par son talent, et comme le talent ne s'achète pas, le malheureux banquier ne savait à quel saint se vouer. Quand il parlait d'amour, on lui répondait : gloire; et le baron eût dit volontiers comme lord Albemarle à sa maîtresse qui contemplait une étoile : « Ne la regardez pas; je ne » peux vous la donner. » Mais Fœdora ne se payait point de raisons pareilles : elle prétendait que tout était possible à l'amour, qu'elle aurait des succès si elle avait des rôles^ mais personne ne lui en donnait (ce qui était vrai), car il eût fallu avoir sur les yeux le bandeau de
l'amour pour ne pas voir qu'elle ne dansait en mesure que par hasard et par occasion, les jours, par exemple, où elle regardait dans la salle et se trompait. Ne sachant donc comment répondre aux exigences de sa maîtresse, qui menaçait de l'abandonner, si elle ne dansait pas un pas dans le prochain opéra, le désolé banquier raconta son embarras à ses compagnons, pro* mettant une reconnaissance et un dévoûment éternels à l'ami qui lui viendrait en aide.
Maurice ne promit rien ; mais il vint me trouver. L'on a vu par quelle suite d'intrigues diplomatiques Mlle Fœdora se produisit dans un pas de cinq, et Ton comprendra alors facilement comment Maurice obtint enfin la confiance exclusive et l'amitié sans bornes du baron, jaloux de conserver une protection que le talent de sa maîtresse menaçait de rendre de jour en jour plus nécessaire.
nr
Une >)0nnrtr femme
M. le baron d'Havrecourt devait donner une
grande aoirée : l'occasion était favoi^le et toute naturelle. Maurice fut présenté par lui à sa femme comme un ami intime. Amélie l'accueillit avec la politesse et les égards qu'elle BTait pour tous ceux qu'elle recevait pour la
première fois, pas plus, pas moins. Cependant elle ne pouvait méconnaître celui qui partout suivait ses pas ; son assiduité , son respect et surtout son silence , tout devait lui dire : Je vous aime.
Toute autre femme, peutrètre, eût su gré d'un pareil amour; celle-ci s'en offensait sans doute, ou, ce qui est plus terrible encore, ne daignait pas s'en apercevoir. D'une douceur de caractère et d'une bonté incomparables, Amélie était gracieuse et aimable pour tout le monde ; jamais personne n'avait mieux compris les devoirs de maîtresse de maison; les mots les plus simples semblaient dans sa bouche ou un compliment ou une marque d'affection.
Qwdsd bUb Ve«ra adireMait là parote^ ^ était BoaMii d'elle i quwd eUe vous avait éeoiité arec ton doux soittir^ > ^A était eont^it de soi, on se trouvait de lesprtt! Mais où elle était admirable I c'était avee iou mari; anl â 'attrait pu dire si eUe coanabeait les vér»-
tables sentimans et la epadaite du baàro&) ttmê elle avait pour lui, aux yeux d^ tou^, une ^i haute estime et un tel respect qu'elle £)]>çjuttout le monde à eu avoir. Elle n'eu padait qu'avec bienveillance^ avec affection, avecélogiB^ ne s'apercevait jamius de ses ridicules^ mettait en relief ses moindres qualités, et devant ses amis ou les étrangers, relevait son mari avBc tant d'adresse et de bonheur, que le baron, qui partout ailleurs était un sot, devenait, en rentrant chez lui, un homme de mérite.
Maurice vit bien qu'il n'avait rien gagné auprès d'une pareille femme; il ne s'en étonna pas ; il était trop modeste pour avoir l'espoir de lui plaire, mais il avait le bonheur de la voir, il n'en demandait pas davantage. Profitant donc de sa nouvelle position, il devint un des plus assidus de la msùson; les soirées où il y avait peu de monde étaient celles qu'il préférait, et là, cessant de se contraindre et d'affecter des vices qu'il n'avait pas, il redevenait ce qu'il
était réellement^ un aimable et honnête jeune homme^ se laissant aller à ses généreuses inspirationsy à ses nobles sentimens, et se retrouvant dans la bonne compagnie avec bonheur et délices y comme on rentre dans sa patrie après des jours d'exil. Amélie Técoutait d'abord avec surprise, puis avec un intérêt marqué, et Maurice, enchanté, croyait avoir fait un pas dans son estime. Bien loin de là , Amélie reprit soudain sa froideur habituelle ; un air de dé* fiance et même de mépris se peignait sur son visage, souvent même un sourire moqueur errait sur ses lèvres, comme si elle eût voulu montrer qu'elle n'était pas dupe de l'apparence, et que le masque qu'il voulait prendre cachait mal sa véritable physionomie. — Ah ! c'est le comble de tous les maux ! s'écriait Maurice. Elle me soupçonne d'hypocrisie et de feinte, elle m accuse de vouloir jouer l'honneur et la vertu. Et le malheureux jeune homme, obligé de se faire mauvais sujet avec le mari, tout en sentant qu'il
fallait être honnête homme ^our plaire à la femme^ voyait chaque jour empirer sa position et augmenter son désespoir.
Un jour, par uû froid rigoureux, il se promenait sur le boulevard en pensant à elle...
toujours à elle. Il ne fut tiré de sa rêverie que par ces mots : Tai froid, monsieur^ et fat bien faim! Ils étaient prononcés par un petit garçon de sept ou huit ans, dont la petite main grelottait en demandant Taumône. Maurice allait lui donner une pièce de monnaie, puis, mieux inspiré, il rinterrogea.
— Qui es-tu ?
— L'aîné de quatre enfans, et ma mère vient d'accoucher d'un cinquième.
— Quelle est ta mère ?
— Une blanchisseuse qui n'a pas d'ouvrage.
— Où demeure-t-elle ?
— Bien loin et bien haut.
— C'est égal... marche devant, je te suis.
Et Maurice arriva à une tnaaâarda sous les toits.
Ma mère, dit le petit garçon en poussant une porte vermoulue qui fermait à peine, voilà un monsieur qui veut te voir.
Maurice regarda autour de lui et tressaillit ; ses yeux n'étaient pas habitués à une pareille misère. Il tira sa bourse et la jeta sûr le lit de la pauvre femme qui lui prit la main et la baisa.
— Je reviendrai vous voir et ne vous abandonnerai pas, ni vous ni vos enfans.
— Soyez béni , s'écria la pauvre mère, et que le bon Dieu vous rende heureux !
— Heureux ! je ne peux pas Têtre !
— Et pourquoi donc ? que désirez-vous ? dites-le moi, pour que je prie le ciel de vous raccorder. Il ta'accorde aujourd'hui tout ce que je lui demande , car je le priais tout à l'heure de m'envoyer un ange gardien et vous êtes entré.
— Ëh bieu ! lui dit Maurice ixmt ému de eette idée^ ^iez donc.» poUr qu'elle mô €rùi$
—Je ne vous compreiids pas^ maid i^'Mt ^ip^».. j^ prierai toujours dit la pauvirè femiAè en pressant contre son cœur son det*nier en^ Umi. : . était une fille.
M»t]ice^ qui allait partir ^ revintt sursespâÉ ^ lui dit z je veux être le parrain 4e eette ^^ fant.
La p«ivre mère leva au vàA ses y dUK humides de joie.
•» A une conditioû.
— liaquelle ?
— C'est que nous la nommerons Amélie.
"— Tout ce que vous voudrez^ monsieikr, s'éeria la lÉère.
Maurice lui dit adieu et allait s'éloigner^ Idrsque, derrière la porte à moitié brisée qu'il venait d'ouvrir 9 il aperçut debout une fèfmiâ&è.
C'était Mme d'Havrecourtt
Maurice resta stupéfait de cette rencontre incroyable, inattendue, et son trouble lempécha de remarquer celui qu'éprouvait Amélie. U n'était pas encore remis de sa surprise que Mme d'Hayrecourt, calme et le visage serein, lui disait avec un sourire enchanteur.
— Pardonnez-moi mon étonnement , monsieur Maurice, et n'en soyez point offensé. Je suis enchantée de vous rencontrer ici, mais je ne m'y attendais pas.
~ C'est moi> madame, balbutia Maurice, qui suis trop heureux d un hasard pareil.
— Soit, lui dit-elle gatment, mais n'en parlez à personne; je vous dirai pourquoi.
Et elle le salua de la main en ajoutant :
— Que je ne vous retienne pas, surtout si vous avez à faire plusieurs visites du même genre.
Maurice descendit l'escalier et rencontra à moitié chemin un domestique sans livrée qu'il reconnut pour l'homme de confiance d'Amélie.
Sa maîtresse, jeune et leste, avait rapidement gravi les six étages, et lui n'avait pu la suivre que de loin, chargé comme il Tétait d'un pesant panier qui contenait probablement du linge pour la pauvre femme et une layette pour son enfant. Maurice se rappela ce qu'Alfred lui avait dit de Mme d'Havrecourt et du bien qu'elle faisait dans le quartier. Il s'expliqua alors par là sa première apparition dans Fescalier de son belvédère. Elle allait sans doute porter des secours à l'ouvrière en dentelles^ pauvre femme septuagénaire et paralytique qui demeurait au septième, et Maurice comprit que si à Paris la misère habitait souvent les mansardes, on y rencontrait quelquefois aussi la richesse et la bienfaisance.
C'était Maurice qui à son tour bénissait la
pauvre femme qu'il venait de secourir. Il aurait foi désormais en ses prières; il irait la voir pour lui en demander encore. Il était bon^ il était religieux ; pour un rien il allait devenir
dition y et que tout cela était rehaussé par. le charme d'une parole douce, vibrante et sonore, il obtint un succès général... Un succès devant un auditoire pareil, un succès devant Amélie, qui plus d une fois l'avait encouragé ou approuvé du regard ! c'était trop de bonheur à la fois, et tout ce que Maurice avait souffert jusque-là était effacé par cette soirée. Pendant qu*on prenait le thé , Amélie lui fit signe de venir s'asseoir auprès d'elle. C'était déjà une grande faveur ; elle en ajouta une plus douce encore, elle se pencha vers lui et se mit à lui parler à voix basse de la rencontre du matin. — Je vous ai demandé le silence, lui dit-elle, de peur d'être grondée. Autrefois je sortais seule; mais depuis un événement^ continuaitelle en baissant les yeux, où un ami que je ne
connaissais pas fut obligé de venir à mon aide, j'ai pris avec moi un ancien serviteur, un homme de confiance qui ne me quitte point. Mon mari désapprouve ces excursions matitiales,
non pas qu'il ne soit fort charitable et ne fasse lui-même beaucoup de.bien, mais sa tendresse s'inquiéterait de dangers imaginaires^ et je ne veux pas que mes plaisirs^ à moi^ lui causent la moindre peine. Voilà pourquoi, monsieur, je vous ai prié de vouloir bien me garder le secret.
Pendant qu'elle parlait, Maurice ne savait ce qu'il devait le plus admirer, du tact, de l'esprit ou du cœur de cette femme, et il la quitta comme il la quittait tous les soirs, plus épris que jamais. Un mois se passa ainsi, et ce fut dans les amours du pauvre Maurice l'époque la plus heureuse et la plus florissante. Sa position, comme capitaliste, n'était pas aussi belle : il dépensait beaucoup, ne gagnait rien, menait un grand train^ prenait toutes les actions dont le banquier na savait que faire, et, avec l'insouciance de Jean Lafontaine,
Mangeait son fonds avec son revenu.
Maid il était l'ami du baron^ son ami intime^ ils ne se quittaient plus ; il voyait tous les jours Amélie^ dont la coûflaiice pour lui semblait augmenter; elle lui montrait même quelque intérêt , semblait parfois s'inquiéter de sa position et de son avenir^ se permettait même quelques conseils. Enfin c'était presque de Ta* mitiéy et Maurice, dont les doutés renaissaient alors, ce disait : Est-ce qu'elle m'aurait enten-r du? Est-ce qu'elle saurait combien je l'aime? Mais jamais sa pensée, même la plus secrète, n'aurait osé aller plus loin.
Un soir il y avait un bal chez le baron, qui dansait peu^ mais qui jouait beaucoup ; il avait retenu Mauricç, qui voulait se rapprocher de la salle de danse , et l'avait cloué près de lui à une table de jeu qu'entourait déjà une nombreuse et brillante jeunesse. La maîtresse de la maison entra en ee moment, plus jolie et plus fr-aîche que les roses qui brillaient sur son front et sur son sein, plus légère et plus
aémpM qu« k rebe de giixt qui ondulait aa^ tour d'«ll9> Elle «df Qam ua rtgdrd da re{»*Qoha à lou» laa dwsaur3 qui etneQmbrfiiaftt l'appwtt tiiment ^à Ton Jôu^iity et toug ees jibiiw ^m, un peu honteux etbii9fl0.ni Ift tôU^^ a'âUudèt^wl daoa k 0«dle du bal.
Quant à Mauri^> qui aurait bien i^ulu fuir • camtne aux^ il a'ineUna et aalua ra^[)(iatiiauaa^ ment ÂiHéhe^ mais aeiie^ei détourna la téta ai passa aans le regarder.*. Lui la re^rdait tott«« jouM et la suivait des yeux aiec tant d^iuquiéM tude et d'amour qu'il ne pensa plua à de qu'ii faisait et perdit uu mup auperba qu'il datait g^gnor; il s en applaudit» ear il lui tardait d'ètra déeavé pour rajoiadra Amélie ) vmh la fortune^ qui a auasi saa i^pricea et qui e»! rat* reisaani d'aceord av^e Isa désàr^^ des amana > sembla prendra plaiaif à fa^oriaft le païKfre Maudee, aussi e#atfai>if ala)*s de ms baeims gi^ea qu'il avait été s«kuv«iit uialbelireux par ses rigueurs ; il avait beau faire ^ il ne pouvait
perdre , il décavait tout le monde et ne pouvait , à son grand regret , quitter la table de bouillotte. La nuit s'ayançait^ un monceau d'or s'entassait devant lui ; et M. d*Havrecourt , qui plusieurs fois déjà était rentré^ venait cette fois deserecaver de trois mille francs. En ce moment, Maurice leva les yeux et vit derrière M. d'Havrecourt et en face de lui Amélie, qui le regardait avec cet air qu'il connaissait si bien. Il y avait dans tous ses traits l'expression du blâme et du reproche et en même temps un sentiment d'inquiétude.
ciel! se dit-il avec joie, elle daigne donc s'intéresser un peu à moi ! Elle a peur que je ne perde!... Et l'instant d'après il en eut la preuve certaine, car Amélie s'adressant à lui d'une voix un peu émue, lui dit : « Je suis fâ- » chée de déranger monsieur Maurice , mais il » m'avait promis hier de donner le bon exem- » pie et de danser (ce qui était vrai); faut-il lui » rappeler sa promesse, et l'inviter moi-même?
» continua- t-elle ^ en étendant vers lui sa jolie » main... mais à Tinstant, car la contredanse » va commencer. »
En ce moment le baron y qui avait un brelan de valets , dit-d'une voix sèche : Je fais le tout de Maurice.
— Je tiens^ répondît celui-ci en se levant.
Il avait dix-huit! et ^ les yeux rayonnans de joie, il abandonna ses mille écus au baron et courut prendre la main d'Amélie.
— En vérité, monsieur Maurice, lui dit-elle au moment où ils se plaçaient pour danser, c'est de la folie !
— En quoi donc? répondit-il d'un air étonné. Fallait-il vous faire attendre ?
— Je dis que c'est de la folie à vous, qui n'êtes pas riche, de jouer ainsi , d'autant que Ton prétend que vous n'êtes pas heureux au jeu.
— Excepté aujourd'hui ! Et Maurice prononça ces mots avec une expression de bon-
— \u — h^ur si Yéritablfif et si aslurdle, qu'Am^ie ftiirait pu y^ir que c*élatt bien là le fond de sa pensée ; mais elle ne la comprit pas ou ne tou* lut pas la o<mipreQdra > wt elle reprit d'un air frràl4t^tère : ,
— C'est justement parce que vous ariefe du boubevp auj^uird'htii » pAr^ que voui gagniez une somme aussi forte^ qu'il fallait la conser^ ter pour un meilleur usage.
Maurice tressaillit.
— Il m'avait seniblé> continua Amélie , que vous savîea parfois mieun employer votre ai> gent , et il m'en coûterait de pieiiMr €|ue vous n'^A eharitable et bon que pai^htisard.
— Merci dé vos conseils ^ madatftei j<» n'en reçois pas d'ordindirô d'aussi sages, et j'en profiterai. Je ne jouerai plufli^
— Ce n'est pas là ce que je veux dire , monsieur.
^Ei moi| je vous lejUre, et je ttendrei ma parole.
*— Taut mi^ux pour vous, motisieur, et surtout pour d'autres qui tou& en Remercieront.
Et à propos de cela^ j'auraiâ à yous parler d'une pauvre femme^ votre eliente; Une ooin-«* mission À vous donner pour elle*
^— Ah ! parlez^ de grâce.
— *Ici^ dans un bal et pendant une contredanse, ce n*est guère le moment. Yene^/non pas demain, je serai fatiguée et me lèverai tard, mais après-demain , à midi, si cela, monsieur Maurice, ne vous dérange pas trop*
Maurice n'avait jamais éprouvé une satisfac^^ tion àUssi complète et aussi pure. La Contredanse était finie depuis longtemps, quHl lui semblait entendre encore les douces paroles qui l'avaient charmé, et quand le baron, qui se croyait obligé de le consoler de son désastreux brelan, vit la joie qui brillait sur sa physiotiomie , il M put s'empèoher de s'éerier c u Voilà un philosophe!... C'est domibage qu'il joue si mal à là bouillotte! » Le lendoiâaiti Afaui^ice
ne vit point Amélie , et la journée lui parut longue, quoique embellie par les plus doux songes et les plus riantes images, car le jour d'après, lui qui ne l'apercevait jamais que le soir et au milieu du monde, il devait la voir le matin à midi chez elle en tète à tète... C'était presque un rendez-vous !... Il y rêvait, lorsqu'on lui remit une lettre dont il reconnut surle-champ récriture ; elle était du banquier et
contenait ces mots :
(( Mon cher Maurice ; j'ai à vous parler d'u- » ne importante affaire où vous pouvez me » rendre le plus grand service ; je vous attends » demain à déjeuner à Thôtel ; mais pour que » nous causions en liberté , venez de bonne » heure et avant que ma femme ne soit levée.
» C'est important. »
Le billet ne portait point de signature et contenait pour post-scriptum cette seule ligne :
— Brûlez ce billet.
Ce que fit Maurice, qui était la probité même
dans les petites choses comme dans les grandes , et souriant pendant que la flamme consumait le billet du baron , il se disait : >\ La fortune si long-temps contraire veut donc enfin me combler de ses faveurs ! Amélie m'admet près d'elle , je suis assez heureux pour qu'elle ait besoin de moi^ et en mènie temps me voilà indispensable à son mari^ dont j'ai toute la confiance, n Et déjà il avait calculé en luimême que tout cela pouvait très bien s'arranger^ qu'il serait à dix heures chez le banquier^ qu'il déjeunerait avec lui et de là passerait chez sa femme, qui l'attendrait. La douce perspective ! L'heureuse matinée ! se disait-il en s'endormant.
Quand il arriva le lendemain à l'hôtel , le banquier était déjà sur pied et l'attendait avec impatience.
— Ah ! vous voilà enfin ! s'écria-t-il ; je venais, mon cher, d'envoyer chez vous.
— L'affaire est donc bien sérieuse?
^ Vous allez en juger.
Le baron approeha ion fkutmil de eelui de Maurice et lui dit à voix bCi9d0> d*Uki air effrayé :
— Il peut en résulter les eonséquenoes les plus fâcheuses pour mon ménage.
Et Maurice redoubla d'attention.
-^ Je TOUS dirais mon çher^ continua le bànquiér> que^ grâce à mon adresse^ ma femme a en moi la confiance la plus complète. Je ne TOUS parle pas de son aniour ^ c'est connu , et quoique souTent cela me gène^ je suis bon mari et ne lui en vetix pas } mais cet amour deriendrait un tourment et un enfer^ je n'au^ rais plus ni repos ni liberté si elle se doutait de quelque éhose ^ si le moindre soupçon Venait troubler sa tranquillité ou éveiller sa jalousie. C'est ce qui est près d'arriver*., si vous ne me vente pas en àide^
-^ Disposes de lào't^ monsieur , tous le pou*^ vez.
— C'est oe que j ai Mt, lui répondit le baron en lui serrant la main , certain que voué 110 me déaftvoiièf iet pas.
— Qu^est-ce donc et de quoi s'agit-il ? dit Maurice avec quelque inquiétude.
— Le toioi i Iânagine£-i>Y0U8 qu# eêtt^ petite FœdoM^ qui n« fait que des «travagances, ar^t aoheté dea diaman» : oa n'oat qua dam^ mal ; mais vous allez voir l'absuf dite ! . • < alla èû ani^diô touaber Iêprixi4$i.«« ébaa tnou.. tomme
si J'étais garçon I aornine s'il n'y atait qm dai gafçatil dans le monde I Je M data en vérité od elle a la tète et à qupi elle pense^ mais la factura aat arrivéa hier pendant que lâa femme était là. . . Refusar 4^ solder oa mémoira antraiflait Uiie foula d'eipUa&tiotis plus désaatraulès les unes que les autres^ at puis un bauquier^ lar»* qu'il tient à sou arédit^ doit toujours payer à bufBau aiivan.^. J*ai donc payé , ^t sans faé^
— uo —
— En vérité ! s'écria gaîment le jeune homme.
— Parbleu ! ma femme était là , et pour lui ôter tout soupçon y j'ai dit d'un air indifférent : Je sais ce que c'est ! C'est pour Maurice, dont je suis le banquier.
Maurice poussa un cri de désespoir.
— Gommât, monsieur, un tel mensonge, sans m'en prévenir , sans penser au tort que cela peut me faire!
—Du tort ! et lequel? Ne vous avisez donc pas de me démentir, d'autant qu'il m'a semblé, au trouble de ma femme , qu'elle avait conçu quelque doute.
— Elle était troublée ! s'écria Maurice avec anxiété ot en même temps avec joie.
— Oui, vraiment ! parce qu'on a beau avoir de l'esprit et de l'aplomb , quand on est pris ainsi à l'improviste et au dépourvu, on a toujours un air gauche et embarrassé qui donne des soupçons... Si j'avais eu le temps de réflé-
chip et de combiner^ j'aurais inventé autre chose.
—Cela aurait mieux valu, dit Maurice d'un air consterné,
— C'est ce que nous avons fait hier avec Fœdora, à qui j'ai reproché son étourderie^ et, pour la réparer (car elle a du bon), elle a inventé un moyen bien supérieur au mien , et qui ne permettra pas à ma femmç de conserver le moindre doute.
— Il faut l'employer, et le plus tôt possible ! s'écria vivement Maurice.
— C'est ce que nous allons faire ici même^ ce matin , si vous nous secondez.
— Comment, je vous suis encore nécessaire?
—Indispensable.
— Et quel rôle me destinez- vous ?
— Le plus aisé^ rien à faire , qu'à attendre la réplique qu'on vous donnera.
— Mais encore faudrait-il convenir...
^ C*est pour ee)a qu'il était essentiel de nous voir de bonne heure.
En ce moment la porte en cabinet s'ouvrit et parut Amélie en robe du matin. Elle était un peu p&le et toujours charmante. Elle salua Maurice comme à son ordinaire^ et celui-ci respira.
— Elle ne m'en veut pas ! se dit-il avec joie. Et de Tair le plus tranquille^ Amélie annonça à son mari qu'il était temps de déjeuner ; c'est pour cela qu'elle venait le prendre, et tous trois descendirent dans la salle à manger.
Le commencement du déjeuner fut froid et silencieux, on eût dit trois ennemis qui s'observaient. Maurice ne pouvait cependant remarquer aucun changement dans Amélie , si ce n'étaient peut-être des manières plus attentives et plus cérémonieuses que de coutume, car^ grâce au ciel| elle ThouQrait depuis q^içt» que temps de moins dé pqlites^. Amélie avait
au doit une bague fort simple et fort jolie.
Maurice lui en fit eomplimeut.
— Je Àuiè charifiée que voué la trouviez biett^ lui dit-elle en souriant, car je sais que ¥Ous vous connaissez en bijoux.
— J'en connais du moins le prix, répondit Maurice de l'air le plus naturel, car j'en ai acheté dernièrement pour un de mes cousins qui se marie.
Amélie ne fit aucune réflexion, ne leva point les yeux sur le jeune homme, mais elle offrit avec empressement à sou mari d'un plat qui était devant elle.- Depuis ce moment elle fut aussi aimable et moins polie avec Maurice.
Celui-oi était enchanté de la réponse qu^il venait de faire : il avait servi la cause du mari, qu'il devait ménager et qu'il ne pouvait trahir sans indignité et sans se fermer à jamais la porte de sa maison. D'un autre côté, il avait défendu ses propres intérêts auprès d'Amélie. Tout cela d'un seul mot, et Maurice se félicitait encore
tout en savourant avec délices une tasse de thé, lorsque la porte s'ouvrit et parut un domestique de la maison tenant une lettre qu'il présenta à Maurice^
— Le jockey qui vient de l'apporter avait d'abord passé chez monsieur; on lui a dit qu'il déjeunait ici et il est accouru; il est là dans l'antichambre^ attendant la réponse.
— C'est bien !
C'est très pressé, et il m'a chargé de vous dire que c'était de la part de mademoiselle Fœdora.
Il y avait sans doute quelque chose d'électrique dans ce nom, car il sembla agir à la fois et subitement sur les trois personnes qui venaient de l'entendre, surtout sur Maurice^ qui, tour à lour rougissant et pâlissant, regardait avec un trouble indicible la lettre qu'il tenait à la main, et qui portait bien réellement son nom et son adresse, ne sachant s'il devait la nier, la déchirer ou la lire, car il comprenait déjà que
l'un ou Tautre parti produirait exactement le même effet.
Amélie^ redevenue calme et impassible, ne semblait prendre aucune part à cette scène. Le baron riait d'un air goguenard en disant à Maurice : Lisez donc, mon cher, lisez, faites comme chez vous !
Et Amélie ajouta d'un air aimable : Que nous ne vous gênions pas !
Sans presque savoir ce qu'il faisait et comme par un mouvement convulsif, Maurice décacheta la lettre, la parcourut à peine et la rejeta sur la table avec un mouvement de rage.
— Si vous avez une réponse à faire, s'écria le baron, passez dans mon cabinet ; à moins que vous ne préfériez parler vous-même au messager, qui attend toujours et qu'il faudrait renvoyer.
— Oui, oui, je le préfère ! s'écria Maurice
en s'élancant dans Vantichambre.
Et r âaftfsteht to jMkey, bpii Vmehiéit Respectueusement et le chapeau à la màiii.
— Ayez la bonté de dire à votre maîtresse que je k prie de ne plus m'écrire et de ne jamais s'adresser à moi.
Le jockey^ peu fait à de pareils messages et peu habitué surtout à voir payer ainsi les billets doux qu'il portait^ s'inclina d'un air étonné et sortit.
Pendant que cette scène se passait rapidement à l'antichambre^ une autre plus rapide encore avait eu lieu dans la salie à manger, te banquier^ relevant nonchalamment la lettre que dans sa colère Maurice avait jetée sur la table, y lisait a demi-voix ces mots :
(i Merfeî dé tes dîàihans, ihon ciier Maurice; >) îts étaient inutiles, je {'aurais bien aimé iSiis
» cela... »
— Monsieur, lui dit Amélie en l'iritérrom- ^M, vcrtiâ n';^ penâèi paé, c^est d'iffié indiscrétion.. .