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Une courte notice qui donnait quelques détails sur chaque poète traduit, caractérisait ainsi l’œuvre de Hebel : « Certains amateurs ne comprennent l’art qu’en habit noir et cravaté jusqu'aux oreilles ; ceux-là se fanatiseront difficilement pour notre poète badois; aussi dédie-t-1l son livre an die Freunde laendlicher Natur und Süillen, aux amis de la nature et des mœurs champêtres ». Le volume s'ouvre avec trois épigraphes : deux sont de V. Hugo et l’autre est de Th. Gautier. Les poètes familiers à l’école de 1830 figurent à côté de l’Ami de la nature Kœrner, 4 pièces ; Uhland, 11, dont Buchon avait déjà publié 4 en 1843 ; Heine 11, mais Hebel l'emporte avec 29 pièces. C’est aussi dans ses poèmes que se révèle l’originalité du livre ; c’est là que Champfleury, comme nous verrons plus tard, a appris à connaître le « grand poète souabe ».
Son père est mort le 10 mars 1850. Buchon est désormais engagé seul et libre dans la vie. Il n’a pas cessé de traduire d’autres poésies de Hebel, dont il veut naturaliser en Franche-Comté le réalisme populaire. Un nouveau voyage en Allemagne en 1847, ajoute à la liste de ses amitiés germaniques.
Un jour de 1851, Max Buchon allait même voir H. Heine (1) qui, envahi par la paralysie, gisait sur un grabat perpétuel qu'il appelait lui-même « die Matratzen-
(1) On nous dit (A. Chevassus, Max Buchon, Arbois, imp. Abriot, 1883, p. 6) que Max Buchon a rencontré H. Heine déjà à Stuttgart en 1S43 à l’occasion de son voyage en Souabe et qu'il admirait alors son esprit, mais qu'il le trouvait frondeur et cynique. Nous savons en effet que Heine à séjourné en Souabe et notamment à Stuttgart (CT. H. Hein, l'Allemagne, conte d'hiver, traduit par fragments par Max Bucron, dans la Revue littéraire de la Franche-Comté, 1. T, p.283). Cependant Buchon
ne fait aucune allusion à cette rencontre, ni dans son œuvre, ni dans ses lettres.