‹ Max Buchon et son œuvreChapitre 16 sur 41 · TON · texte numérisé non relu

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connaissait ces poésies dès 1849, à plus forte raison Courbet, les connaissait aussi puisqu'il était en relations constantes avec son ami. Si l’on ne peut pas établir une influence directe de ces poésies crues sur l’esprit de Courbet, il est permis du moins de la supposer, car les dates nous montrent que la traduction des poésies allemandes et même certaines pièces des Scènes champêtres précèdent les premières manifestations réalistes dans l’œuvre de Courbet, et l'inspiration populaire révélée par le poète badois est très voisine de celle qui a dicté le Retour de la foire, les Demoiselles du village, V’ Enterrement. Si ces tableaux soulevèrent une vive rumeur et posèrent la question du réalisme (1), ce fut seulement parce que le réalisme s’imposait beaucoup plus à l’attention dans les tableaux que dans les poèmes, où il restait encore caché sous le manteau de la poésie. De plus les Parisiens « aux manières conventionnelles » ne connaissaient guère ces chansons populaires réalistes de Buchon, et Les robustes Comtois n'étaient pas sensibles à ce réalisme qu’il leur révélait « dans les journaux de Salins ».

En fin de compte nous devons prendre en considération l’amitié qui unissait Courbet et Buchon dès leur jeunesse. Courbet ne devait point ignorer les travaux et les efforts de son ami, non plus que ses voyages, et que ses impressions, et que sa prédilection pour tout ce qui était vrai et sincère. Il avait de l'estime pour lui de même que pour « ses lettres amicales et pleines de cœur ». Et sensible à l’esprit comtois, il le comprenait mieux que personne et le faisait figurer dans sa grande toile de l’Afelier parmi

(4) C'étaient Les Casseurs de pierre, l'Enterrement, où Courbet « avait fini par peindre presque tous les gens de son village » et les Paysans de

Flagey revenant de la foire qui tiraient « un cochon attaché par un pied de derrière » (Cf. P. MARTINO, op. cit., p. 74).

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