‹ Max Buchon et son œuvreChapitre 19 sur 41 · ANNE · texte numérisé non relu

ANNE

Gotthelf, quand il s’éprenait de la vie populaire, des Ranz des vaches, des légendes. Et à maintes reprises, il se plut lui-même à faire voyager les héros de ses propres récits dans les horizons suisses : dans son Gouffre-Gourmaäand, Lucie et Tanisse s’enfuirent en Suisse. Ce fut à Berne que mourut la vieille bonne Hirmine, que, dans la veillée funèbre, les jeunes Bernois « allumèrent chacun une petite torche de résine » et « se mirent à chanter en chœur, sur la mélodie Wo Kraft und Mut ». Dans le Fils de l’ex-maire, son héros Doudou, se rend également sur le sol helvétique et Buchon se plaisait à nous montrer la frontière disposée de telle sorte « qu’il y avait là » une « petite marguerite blanche dont la moitié des pétales étaient sur la Suisse et l’autre moitié sur la France ». L’odyssée de Doudou donnait à Buchon même l’occasion de se livrer à des disgressions sur la fabrication des fromages, telle qu’elle se pratiquait dans l’Emmenthal ou en Gruyère. Il cherchait à rimer ses impressions helvétiques et tournait en chansons les petits événements de la vie quotidienne ou les festivités locales, comme la bénichon dans ses vers dédiés à Alexandre Daguet :

« C’est à Bulle aujourd’hui, dans la verte Gruyère,

Que tous les beaux garçons et leur particulière

Accourent de la plaine, accourent des vallons,

Au bruit que font partout cuivres et violons.

Venez donc, Fanchette ou Fanchon, C’est aujourd’hui la bénichon (1). »

Dans les Scènes champéltres, Buchon introduit un fruitier (fromager) helvétique. Voici le quatrain à la fois initial et final :

(1) Cf. Les fromageries franc-comtoises comparées à celles de la Gruyère

et de l'Emmenthal, chez tous les libraires de ia Franche-Comté et de la Suisse française, 1869.

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