CHAPITRE IV
Max Buchon, traducteur de Hebel, d’Auerbach et de Gotthelf
Dans une préface datée de Salins, Buchon déclare en 1845 (1) : « Il ne fallait rien moins que l’autorité et l’admirable génie de Mme de Staël, pour mettre à la raison nos préventions contre la littérature allemande. On aurait cependant bien tort de supposer que l'impulsion donnée par cette femme illustre, a produit sur nous tous les effets qu'elle avait le droit d'attendre. Le livre de l’ Allemagne a popularisé parmi nous les noms, bien plus encore que les écrits. et nous avons mieux aimé croire l’immortelle écrivain sur parole, que d’aller vérifier là-bas les choses par nous-mêmes. » Cependant, avant Buchon, bien des écrivains exprimaient de l’admiration pour les hommes et les choses d’outre-Rhin. Rappelons-nous cette germanophilie qui passa de Mme de Staël à l’auteur du Rhin. Rappelons-nous les rapports personnels qu’entretinrent les romantiques avec les nations du Nord. N'oublions pas les voyages de Hugo dans le pays de ses Burgraves. Mais il n’existait guère, disons-le, sur la littérature allemande d'alors, que de « simples statistiques pour le commun de nos lecteurs (2) ». « On nous a donné des noms, et presque rien de plus, d’où nous avons pu supposer que nos hommes
(1) Préface aux Poésies allemandes, brochure ïin-18, contenant
2.000 vers de Hebel, Salins, septembre 1845, Imprimerie Mareschal. (2) Ibid.