et s’en essuie le front
Il est vrai, il a une tâche difficile,
surtout en été, le chemin est long,
et partout 1l trouve du travail. — Dans la maison, dans les champs, dans les montagnes et dans tout désire vivement sa lumière [les vallées et tout veut être béni par lui. »
PRE EEE De re
Souvent, Buchon omet certains détails, déforme quelquelois toute une strophe et se dispense même de l’idée fondamentale de la pièce. Ainsi dans L’Araignée, Hebel nous donne à entendre très clairement cette pensée morale : « Dieu prend soin de nous tous. » Buchon au contraire, omet tout à fait les vers où est exprimée cette pensée :
1H se Texte original (neuvième et onzième strophe) :
«€ O Tierli, wie hesch mi verzückt !
Wie bisch so chlei und doch so g’schickt !
Wer het die au die Sache g'lehrt ?
Denk wohl, der, wonis alli nährt,
mit milde Händen alle git.
Bis z’frieden ! Er vergisst di nit !
Lueg, ’s Spinnhi merkts enanderno, es zuckt und springt und het sie scho, es denkt : « I ha viel Arbet g’ha
jez muessi au ne Brotis ha »!
Î sags Jo, der wo alle git,
wenn's Zit isch, er vergisst ein nit. »
Traduction de Buchon :
« Quoi qu'il en soit, tu peux te vanter, chasseresse,
De m'avoir joliment tenu l’âme en détresse.
Aussi bien, comment donc mets-tu tant de savoir
Dans un corps si petit qu’on a peine à le voir ?
Sur elle [la mouche] au même instant s’élance l’araignée Qui la prend à la gorge et l’a bientôt saignée,
En disant : — Ce travail m’a mise en appétit,
Et voilà de quoi faire un excellent rôti. »
Traduction littérale :
« Oh ! petite bête, comme tu m’as étonné !
Comme tu es petite, et pourtant si adroite !
Qui donc l'a appris toutes ces choses ?
Je pense que c’est celui qui nous nourrit tous, Qui, les mains charitables, donne à tout le monde Sois tranquille ! Il ne t’oublie pas ! »
Voici déjà une mouche qui s’entortille dans sa toile
« Regarde ! la petite araignée l’a aperçue tout de suite, elle fait un mouvement subit, s’élance et déjà elle l’a attrapée ;
LENONALE
elle pense : « J’ai eu beaucoup de travail, maintenant, il me faut aussi un rôti! »
Je le dis, c'est celui qui donne à tout le monde, Quand le moment sera venu ; il ne nous oublie pas. »
De même dans Cri du Guet, Buchon omet le passage où l'auteur invite tous ceux qui ont passé une bonne nuit, à remercier Dieu :
Texte original :
« Loset, was 1 euch will sage !
D’Glocke het Drü gschlage.
Die Morgestund am Himmel schwebt,
und wer im Fried’'den Tag erlebt,
dank’ Gott, und fass e frohe Muet
und gang an’s Gschäft, und — halt si guet ! »
Traduction de Buchon :
« Écoutez bien ceci, braves gens de la ville ; Trois heures vont sonner à la Maison de Ville. Oh ! pour le coup, voilà le jour à lorient.
Que l’ouvrier s’éveille et se mette à l’ouvrage… S'il s’est levé joyeux, qu'il prenne bon courage, Car son front restera tout le jour souriant. »
Traduction littérale :
« Écoutez, ce que je veux vous dire !
Trois heures viennent de sonner.
L'heure du matin flotte au ciel
et tous ceux qui arrivent au jour en paix
qu’ils remercient Dieu, qu’ils prennent bon courage,
qu’ils aillent au travail, et, — qu’ils se maintiennent en bon
[état ! »
Dans la même pièce encore Buchon omet un vers et y
substitue un vers ou même deux qui n’existent point au texte original :
CRT Texte original :
« Loset, was 1 euch will sage !
D’Glocke het Œlf gschlage.
Und wer no an der Arbet schwitzt, und wer no bi de Charte sitzt,
dem bieti jez zum letztemol —
*s isch hochi Zit — und schlofet wohl ! »
Traduction de Buchon :
« Écoutez bien ceci, braves gens de la ville :
Onze heures vont sonner à la Maison de Ville,
Le tapage nocturne à tout le monde nuit,
C’est pourquoi, je répète au menuisier qui tâche, Malgré l'heure qu’il est, de terminer sa tâche...
— Vous finirez demain, couchez-vous, bonne nuit ! »
Traduction littérale
« Écoutez, ce que je veux vous dire !
Onze heures viennent de sonner.
Et tous ceux qui suent encore en travaillant,
et tous ceux qui jouent aux cartes encore,
à tous ceux-là, je le répète pour la dernière fois : il est grand temps, — et, bonne nuit ! »
Nous voyons que, dans le texte original, il n’est point question d’un tapage nocturne ni d’un menuisier, mais des joueurs de cartes qui ne sont pas pressés d’aller se coucher. Nous rencontrons souvent encore, dans sa traduction, de pareilles négligences ou de pareilles hardiesses.
En outre, Buchon ne sait pas toujours rendre toutes les nuances que Hebel a mises dans ses vers et qui font le charme de ses poésies. Le procédé du poète de Carlsruhe consiste à assimiler toutes les choses à des êtres animés qui ont leur propre langage. Il change en habitants des campagnes les rivières, les étoiles, le soleil et imprime
Le