‹ Max Buchon et son œuvreChapitre 28 sur 41 · MIO EE · texte numérisé non relu

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ainsi à tout l’univers, de la manière la plus charmante, un cachet singulier et pittoresque. S’attachant de préférence à des descriptions extérieures, Buchon ne sait pas toujours saisir cette vie inhérente aux choses chez Hebel. De même l’aménité, la profondeur du sentiment et la bonhomie ne gardent pas toute leur saveur originelle. « Hebel a fait de l’art véritable, dit-il lui-même, tandis que pour mon compte j'ai bien peur de n’avoir fait que de la virtuosité, ce qui est bien différent (1). » D'autre part, avouons-le, à la décharge de notre poète, traduire des poésies patoises dans toutes leurs nuances est chose peu facile ou chose presque impossible. Généralement Buchon « manie très heureusement la langue et il tombe toujours fort juste sur le mot propre », ainsi que faisait déjà remarquer l'éditeur de sa traduction de 1853 (2). « Je suis intimement persuadé, ajoute-t-il, que nul autre n'aurait pu mieux faire. »

Si la traduction n’est pas toujours très exacte, elle donne cependant, prise dans son ensemble, une assez bonne idée de l’œuvre de Hebel. Victor Hugo, George Sand ne pouvaient que l’apprécier. Cette dernière écrivait le 27 septembre 1857 dans le Courrier de Paris : « Quand Max Buchon traduit en vers les adorables poésies de Hebel, il est aussi limpide que son modèle. » Victor Hugo de son côté lui écrivait : « Hebel, Monsieur, c’est presque vous, allemand. Il vous a été facile de le traduire, car vous pensez l’un comme l’autre dans la même région. Vous

(1) V. l’article de Buchon : Causeries littéraires, Émulation de Fribourg, 1854, p. 87.

(2) E. Marmey, dans une lettre adressée à Champfleury et datée de Berne, le 17 août 1853. M. Pierre Moreau a eu l’obligeance de nous communiquer la copie de cette lettre, copie qui lui avait été prêtée par M. Léon Germain.

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