CHAPITRE I
L’enfance et formation de de l'esprit
Dis-moi où tu es né, Je te dirai ce que tu es.
Max Bucnon (1).
« Depuis Taine », dit le Père Burtin dans sa thèse, Le baron d’Eckstein, «il est de bon ton d'expliquer un homme par ses origines, de trouver dans son ascendance paternelle, dans son terroir, dans sa race, les causes mystérieusement inéluctables de son tempérament, de son caractère et même, au besoin, des principaux événements de sa vie ».
Il n’est personne à qui il soit plus facile d'appliquer cette méthode qu’à Max Buchon. Si nous ne pouvons pas parler d’une tradition chez Buchon, nous trouverons cependant dans son ascendance les causes profondes de son tempérament et de son caractère. La famille Buchon, éteinte aujourd’hui, est, semble-t-il, d’ancienne souche franccomtoise. On la trouve établie à Dournon (2) dès 1650 (3)
(1) Salins-les-Bains, nouvelle édition, Salins, Billet, 1866, p. 1.
(2) Dournon fait partie de la paroisse de Cernans (Jura). Il est aussi probable que les Buchon sont émigrés de Savoie. En 1659, Dournon perdit la plupart de ses habitants par suite de la peste. Dans la même année, le village fut incendié entièrement par les troupes du duc de Saxe- Weimar. Dans la suite, ce furent des Savoyards qui s’installèrent à Dournon. (Cf. A. Rousser, Communes du Jura, Bintot, Besançon, 1853).
(3) Nous nous rapportons ici à une lettre inédite, datée de Salins le 23 juillet 1867, et adressée aux dames et à M. Courbet. Buchon y fait part de la généalogie de sa famille dont l’aïeul est «Jean-Baptiste Buchon, labou-
reur à Dournon, 1650 ». Nous devons la communication de cette lettre à M. Charles Léger.