‹ Maxime Maufra, peintre marin et rustiqueChapitre 18 sur 91 · LÉVPIC ISOLÉ, SUTHERLAND: ÉCOSSE · texte numérisé non relu

LÉVPIC ISOLÉ, SUTHERLAND: ÉCOSSE

d'avenir. Dès 1886, c'est-à-dire trois ans à peine après ses essais encore incertains en Angleterre et cinq ou six après les tâtonnements de l'adolescence, Maufra voyait recus les deux tableaux qu'il avait envoyés : Bateaux de pêche à la Haute-Ile, près Nantes, et Inondation à Nantes,

le premier étant admis en assez bon rang pour figurer sur la cimaise.

C'était bien, mais cefqui était mieux et plus diruene cétait d'attirer l'attention des esprits les plus difficiles d'alors, de ceux que l’on ne pouvait solliciter et dont on redoutait les coups de boutoir plus qu’on n’espérait leur louange. C’est surtout d'Octave Mirbeau que nous voulons parler. Celui-ci, dans le journal /a France, où ses critiques véhémentes étaient très suivies, signalait les envois de Maufra avec éloges. Plus tard, il précisait ainsi et l’impression qu'il avait ressentie et les qualités qu'il avait discernées |

« Parmi les banalités obligatoires, [j'avais remarqué] un tableau charmant. C'était un simple paysage : un fleuve tranquille, des bateaux. Sur le fleuve, et, dans le fond, par delà la rive toute verte, entre des silhouettes d'arbres, des maisons de village rangées en file, des toits rouges, et sur tout cela, un grand ciel gris et doux." Il y'avait dansree motif discret et quelconque, de la lumière et de la vie. On sentait que le peintre avait vibré à la beauté de ce coin de nature, — car tout est beau quand on sait voir. C'était d’un art délicat, harmonieux, et si différent, malgré l'absence d'unstyle personnel, que je m’arrêtai longtemps devant cette toile qui me reposait des autres. Je me souviens encore combien étaient justes les valeurs et avec quelle attentive habileté, avec quelle discrétion instinctive et savante l’art des complémentaires était observé, sans que perçât, d’ailleurs, la volonté d’étaler une théorie ou de prêcher une technique. Je cherchaïi la signature et je lus : « Maufra ». Était-ce un jeune ? un vieux ? D'où venait-il? Je n’en savais

rien. Je minformai. Personne non plus ne savait rien de l'artiste qui portait un nom d’une si étrange euphonie ? Le livret, consulté, me révéla que Maufra habitait Nantes et uunétaitilielève ou-té maître de personne. Ce furent

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