‹ Maxime Maufra, peintre marin et rustiqueChapitre 31 sur 91 · LEVER DE LUNE, BEG-MEIL · texte numérisé non relu

LEVER DE LUNE, BEG-MEIL

dominante s’expliquant l’une par l’autre, parce qu'elles se sont engendrées l’une par l’autre.

Ailleurs encore : « Dès mon exposition chez Le Barc de Boutteville (ceci est écrit en 1905, c'est-à-dire dix ans après) j ai hautement proclamé la nécessité du retour à la composition, au style. J'y montrai des œuvres certes

très incomplètes, pourtant significatives en dépit de la maîtrise qui leur manquait. Ce n'étaient pas des indicalions d'heures, mais bien plutôt des condensations de choses vues, des arrangements picturaux de la nature, des compositions d’après la nature, non pas la nature ellemême mise en morceaux. »

Il s'efforce, dans ün autre écrit, de se /définireerqmm poursuit avec une opiniâtreté particulière : « Je travaille sans relâche. Je cherche à exprimer les grandes sensations, les aspects étranges de la nature, les effets cosmiques, orageux, lunaires, les tempêtes, naufrages, contrées tourmentées, inondations, chutes d'eau; en un mot tout ce qui peut se rendre non pas en impression instantanéiste d’un effet, mais, au contraire, en condensant tout ce que cet effet peut comporter en lui, cela avec la préoccupation du tableau et de son sujet. » |

Comme on voit, il est impossible de différer plus nettement de la théorie impressionniste, du moins telle qu'elle avait été formulée à son origine et lors de sa phase de bataille. On pourrait, en effet, dire que Monet, Sisley, et peut-être surtout Pissarro ont atteint bien souvent ce que Maufra se proposait avec tant de lucidité, de fermeté et aussi avec uné: vue si juste de l'art. Mais ces grands artistes se limitaient forcément, s’interdisaient certaines visées et certains thèmes, tandis que notre peintre était animé d'un perpétuel désir d'étendre le champ de ses observations, ét ne se refusait à aucun sujet pourvu qu'il parlât. |

Le public et la’ critique ne s'y méprirenthpas Aile apprécièrent, et: les œuvres et ce qu’elles exprimaient.

Un des tableaux était particulièrement loué, celui qui représentait un Arc-en-ciel s'appuyant, à l’une de ses extrémités, sur une puissante falaise, et, à l’autre, se

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