‹ Maxime Maufra, peintre marin et rustiqueChapitre 37 sur 91 · LES ÉTAPES DE LA CARRIÈRE HABLEAUCD UNE ACTIVITÉ EXCEPTIONNELLE · texte numérisé non relu

LES ÉTAPES DE LA CARRIÈRE HABLEAUCD UNE ACTIVITÉ EXCEPTIONNELLE

vANT d’être sous cette protection, de pouvoir, grâce

à elle, montrer toutes ses œuvres et d’avoir cette

assurance de vivre qui, si elle encourage trop les

productives apathies des spécialistes, donne aux cher-

cheurs passionnés comme Maufra des forces incessantes de renouvellement, il connut des temps difficiles.

La lettre de Le Rarc en fait deviner une partie; la fierté du peintre en cacha toujours le plus dur. Dans son atelier rudimentaire de la rue de Ravignan, comme dans celui, plus aisé, mais assez modeste encore, qu’il occupa en 1894, boulevard de Clichy, jamais ses visiteurs ni ses amis ne connurent ses heures d’anxiété. Il leur apparaissait uniquement comme un robuste et déterminé combattant de la vie, cordial et gai d'accueil, et peu enclin au doute. Bien carré d’épaules, le teint coloré, le corps de face, mais la tête un peu de côté, comme celui qui juge l'obstacle avant de se redresser et de foncer sur lui, le parler un peu chantant des gens de l'Ouest qui donnait une saveur spéciale à la décision de son langage et à la fermeté de ses opinions, il produisait bien plus l'impression de l’homme qui mène l'existence large que de celui qui n’y arrive que lentement, et au prix de plus d’une restriction.

C'est qu’en réalité, cette bonne foi envers la vie, cette franchise d'acceptation de ses combats pour le mieux et le plus beau, le faisaient se trouver à l’aise dans toutes ses étapes. C'est d’un excellent exemple pour tous ceux qui gagnent leur pain par les travaux de l'esprit.

Dans cet atelier du boulevard de Clichy, quelques vieux meubles bretons, quelques faïences gaies, des tentures de toile clairement historiées, des livres de choix sur la planche, créaient une atmosphère d'aisance, une fois ogrimpé un assez piètre et noir escalier de bois qui eût plutôt laissé pressentir, comme nous en avons tant vu, dans de semblables immeubles, des logis analogues auxquels des occupants moins experts et moins ordonnés ne pouvaient retirer l'apparence de taudis. On était même introduit par une de ces avenantes Bretonnes à coiffe quon pouvait alors avoir à peu de frais, avant que'la machine à écrire et les bas de soie végétale n’eussent excité leur ambition.

Ce luxe séduisant et modeste n’empêchait pas que les séjours qu’il faisait en Bretagne, entre ses retours à ce domicile, ne fussent aussi stricts que voués au travail le plus acharné, mais aussi le plus exaltant. Plus d’une fois le peintre, comme enchaîné durement à son poste de travail, en pleine grève, ou sur une falaise en proie aux vents, ou dans les champs molestés par les bises, demandait à sa femme de rester près de lui, de lui maintenir le chevalet où ces adversaires inspirateurs lui fournissaient des effets tout en: méhacant d'enlever. sat toile "Elle oem consciencieusement les doigts, quitte certains soirs, une fois rentrés, à approcher une chandelle ou une lampe

vacillante de l'étude ou du tableau où Maufra voulait immédiatement faire la retouche ou indiquer la modification exigeante qui lui avait trotté par la tête en revenant. Tout cela n'aurait pas un intérêt primordial, pas plus qu’occa-

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