LES BRULEUSES DE VARECH, PRESQU'ILE DE QUIBERON
confirme notre interprétation, est que l'artiste n'est pas, ne doit pas être un rêveur.
« Le réve le plus idéal, écrit-il en 1897 d’une façon assez saisissante, es{ un fait positif. En art, le rève nébuleux n’est que l'enfantement d’un cerveau brumeux qui n'était pas fait pour exécuter ce qu'il avait pu penser. Z'out
doit s'expliquer. L'inconnu a des bases aussi solides que le connu. » |
Partant de cette idée, dont il a quelque difficulté à concilier les termes, ce qui serait pourtant facile, puisque pour exécuter fortement il faut penser avec netteté, et se rendre compte après de ce qu'on a pensé, 1l“donnela préférence à l'artiste « créateur » sur celui qu'il appelle l'« artiste appréciateur ». L’un, dit-il un peu trop énergiquement, «est la vie, l’autre la mort ». En somme, cenest pas si loin de l’aphorisme de Gœthe; et lorsque l’on considère le cas de certains maîtres trop discoureurs comme Chenavard, en regard de celui de Corot, par exemple, ou de Daumier, de qui le vocabulaire était aussi limité que l'esprit était fin et vif, on est bien forcé de conclure pour la profondeur contre l'étendue. |
Maufra aime également à se répéter que l’on ne devient jamais artiste si on n'est pas né avec les dons et les facultés intuitives de l’état. Il le dit de façon assez saisissante dans ces deux notules : |
« L'intuition est la première qualité d'un artiste. La science ne lui apprend qu à être plus libre pour exprimer sa sensation intuitive. »
« La maîtrise n’est autre que le savoir chez un intuitif.»
Dans le même petit manuscrit, il répète ces deux propositions cinq ou six fois de suite, en déplaçant ou intervertissant les mots. |
D'ailleurs, pour lui, cette « intuition » n'est pas une expression vague. [l n’admet pas d'intentions en art. Le travail doit être une lutte incessante, où le choix des armes n'est pas du tout indifférent.
« L'écriture du peintre est le dessin; sa composition, le style; son harmonie, la couleur. »
ÉPiCecitqurestibièenmenuret fort: "@J/e/autse, battre avec la couleur, jeter les tons dans les serres du dessin. »