SOLITUDE, VALLÉE DE GLENCOE; ÉCOSSE
n’occupe que la moindre part de la superficie, les plus beaux peintres s y aventurent avec passion, et avec tant d'originalité et de variété à la fois, que l’on a peine à restreindre ici le nombre des exemples. L’impression de désespoir dans le Naufrage du Don Juan de Delacroix, de sombre lourdeur dans la Vague de Courbet; puis, plus
tard, de délices fluides dans le Valparaiso de Whistler ; de santé et de force dans toute l’œuvre du Belge Artan; enfin, pour abréger, celle si fine et si lumineuse de Boudin et la série de Belle-Ile où les facultés investigatrices de Claude Monet se sont appliquées à l'analyse de la lumière, — voilà, presque plus abondamment qu'il ne faudrait, démontrée cette proposition que la peinture océanique, inspiratrice des nostalgies de Baudelaire, a pris sinon sa naissance, du moins son plus grand essor, au siècle qui vit publier les Travailleurs de la Mer.
Venu après ces aînés redoutables, le peintre dont nous allons retracer l'effort a mis dans son œuvre les dons d’un tempérament droit, robuste et sain, la ferveur d'un ouvrier amoureux de son métier, la sincérité d’un honnête homme ému en présence de la nature. C’en est assez pour qu à son tour il ait laissé plus d’un bel ouvrage, et un exemple bon à suivre.