‹ Maxime Maufra, peintre marin et rustiqueChapitre 61 sur 91 · PLAGE DE KERHOSTIN; BRETAGNE · texte numérisé non relu

PLAGE DE KERHOSTIN; BRETAGNE

œuvre maritime est consacré aux aspects les plus variés de la mer en elle-même, de la mer seule et intégrale, tant dans le calme que dans l’agitation.

Un autre chef rassemble plus particulièrement la vie et les mœurs des bateaux qui suivent leur destinée sur les routes versatiles de l’eau.

Ün troisième étudie la mer dans ses rapports de voisinage, d'harmonie ou de résistance avec les roches, les côtes et les rives.

Un quatrième est descriptif des ports, qui ne sont ni de la nature des villes, ni de celle des rivages, en participant des unes et des autres.

Encore, chacune de ces grandes divisions est-elle fort large et renferme quantité d'aspects et de cas particuliers.

Il en est de même pour l’autre grande division : celle des coins où se déroule la vie rustique et où se perçoit mieux que dans les villes la palpitation rythmée de la terre.

Jl faut en effet distinguer, d’une part, les vieux villages, avec leurs vieilles maisons, leurs vieilles routes et leurs vieux clochers, et les thèmes uniquement agrestes, parmi lesquels on sépare encore ceux qui suivent les bords des cours d’eau, et ceux que fournit la terre toute seule, avec ses prés, ses bois et ses sentiers.

D'ailleurs, dans ce dernier recueil, les campagnes bretonnes ne se mêlent point d’une facture et d'un sentiment uniformes avec celles, fort nombreuses, que Maufra s’est diverti à rapporter de promenades aux environs de Paris un peu à toutes les époques de sa vie.

Enfin, les montagnes et les lacs de l'Écosse, les versants et les cascades du Dauphiné, les corniches méridionales et les oasis de l'Algérie ajoutent encore des richesses spéciales à un trésor si laborieux.

On voit par cette seule et concluante énumération, de combien d'éléments importants se compose cette œuvre, à combien de sources elle a été puisée par une volonté constante et, depuis la jeunesse jusqu’à la maturité, logique

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avec elle-même. Sans cette classification, qui est déjà à elle seule le plus bel éloge de la portée et de l'étendue d’une œuvre, nous aurions pu difficilement donner une idée nette de sa construction, si les paroles, nous en répétons l’aveu, sont impuissantes à refléter sa couleur.

Comme peintre de la mer prise en elle-même, Maufra se montre également fort à en exprimer les séductions et les menaces. Il va dé la douceur à la violencésanssse montrer affadi dans l’une ni incohérent dans l’autre. Il rend avec une palette très riche dans les tons orangés les couchers de soleil sur la marée étale : par exemple à Beg- Meil ou dans /a Rade de Loctudy. La plage de Quiberon lui fournit, tantôt la Mer bleue et tantôt la Mer d'or. Cette même plage à marée basse joue dans les tons soutenus des algues brunes et des barres sombres du flot retiré. :

À Morgat, mille effets de brouillards, de couchants, de clartés lunaires; à Villerville effets analogues, mais avec une saveur différente, plus délicate, moins véhémente que dans l'Océan, toujours rude, même dans ses rêves et ses rares sourires.

Donant lui donne l’occasion de peindre la houle à ses divers degrés de léger clapotis ou de course inquiétante. A la Pointe du Raz, il fait, un jour, assez clément pour qu'il puisse tracer les courants aux tons changeants. A Trévignon, les vagues donnent l’idée de l'agitation, mais non du danger.

Peu à peu, si l’on classait ses marines suivant leur degré d'animation, l’on verrait, comme en faisant un séjour sur les côtes, s'enfler peu à peu et se déchaîner le terrible crescendo. De la Marée montante au cap de la

Chèvre, où le mouvement des lames est si large et si beau, ou de la Nuit d'orage à Morgat, moins remuée, mais plus sinistre, on passerait à la Vague échevelée qui accourt,

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