‹ Maxime Maufra, peintre marin et rustiqueChapitre 8 sur 91 · LES FALAISES NOIRES, THURSO; ÉCOSSE · texte numérisé non relu

LES FALAISES NOIRES, THURSO; ÉCOSSE

par des affaires de métallurgie, et une mère née en Loire- Inférieure et d’origine angevine), nous le trouvons, sur les bancs du lycée de Nantes, « faisant beaucoup de peine » à son professeur de dessin, mais en revanche à peu près aucun plaisir à ses autres maîtres. Monsieur Chazerain,

tel était le nom de cet initiateur, se désolait de ne pas le voir copier avec l'attention et le respect voulus, les nez, les bouches, puis le Faune, puis l’'Homère, et surtout un certain désespérant marteau de porte, — mais ce qui mit le comble à ses tribulations fut d'apprendre que cet élève indiscipliné, assez bien doué cependant pour être désigné comme participant au Concours Général, avait raté son dessin exprès! Pour en finir avec cette attendrissante histoire, lorsque Maufra, en 1886, fut reçu à son premier Salon, le vieux maître l'embrassa en pleurant. (Nous ne saurions- dire, le peintre ne se l’étant sans doute jamais demandé bien nettement, si ce bonhomme larmoyait ainsi sur son élève ou sur lui-même.)

Les seules aptitudes un peu accentuées du lycéen furent, comme on vient de le voir, le dessin, puis la musique, et un peu les devoirs français. Toutefois, un livre qui lui avait été donné vers l’âge de dix ans avait gardé quelque influence sur son esprit parmi les penchants juvéniles qui l’attiraient de préférence, comme Nantais, vers la carrière maritime. Ce livre était une Vie des peintres où Raphaël avait la place prépondérante. Maufra en avait conservé une attraction pour le métier de peintre, mais aucune considération pour Raphaël, qu'il ne se donna jamais d’ailleurs la peine d'étudier ni la joie de comprendre.

Après l'obligatoire année de service militaire, en 1881, il reprit ses essais de peinture pour de vrai, commencés à dix-huit ans, grâce à l’enivrant cadeau d’étrennes d’une boîte et d’un chevalet. Une rencontre pendant ses pérégrinations d'apprenti paysagiste sur les bords de la Loire, de copiste au musée d’après « ce qu'il croyait les maîtres »,

l'avait mis en relation avec deux artistes : les frères Leduc. L'un, marin devenu lithographe, produisait des combats et des pêches qui ravirent longtemps des générations de

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