PRÉFACE. XIII
M. Rochebilière possédait ce rarissime volume depuis le mois de septembre 1857. Malheureusement, comme quelques-uns de ses confrères en bibliophilie , il poussait un peu loin le principe qu'il ne faut jamais montrer ses livres , ni même parler de ses heureuses trouvailles ; il se serait bien gardé de faire mettre sur ses volumes : Ani, Rochebilierii eiamicorum (1). Il L'avait donc gardé mystérieusement enfoui sur les rayons du cabinet où il empilait ses trésors, sans en profiter lui-même , ni en faire profiter ses amis auxquels il aurait rendu de si grands services. Quelquefois, dans ses rares moments d'expansion, il disait : « Je suis le seul en position de donner le véritable texte des Maximes , car j'en possède deux éditions inconnues;» mais il était impossible d'en tirer davantage. Nous > lui avons en vain , à plusieurs reprises , offert de nous
charger de cette publication en lui en laissant tout le \ profit et tout l'honneur ; il nous renvoyait sans cesse aux
F calendes grecques, et jamais nous n'avons pu parvenir à
obtenir quelques détails sur les deux exemplaires de La Rochefoucauld auxquels il attachait tant de prix. Ce n'est qu'après sa mort que son gendre, M. Auguste Raffet, ^f notre excellent collègue à la Bibliothèque , ayant pu enfin
I voir ce Saint des Saints impénétrable , nous apprit qu'il
s'agissait de l'édition de 1664 ^^ <^*u^ exemplaire de 166 5* de premier état, sans aucun carton, ni changement.
Dès que M. Raffet eut fait cette découverte , il s'empressa, avec son amabilité ordinaire, de nous en parler et de nous proposer la communication de ces volumes. Une telle offre était trop attrayante pour ne pas l'accepter et pour ne pas profiter de l'occasion d'entreprendre une réimpression intéressante pour les bibliophiles et de mettre
(1) Cette formule d'exlibris^ répandue au XVI® siècle, a été adoptée
Car Rabelais , par Grolier, par Maioli , par Marc Laurin , seigneur de ^atervliet. Voici celle de l'auteur de uargantua : Francisci Rabelesi