‹ Maximes et réflexionsChapitre 18 sur 37 · IX · texte numérisé non relu

IX

Voyez ci-dessus page 75 et suiv.

Les souverains accourus à Erfurt , ayant pris congé des deux empereurs, étaient successivement repartis. Le 14 au matin, Alexandre et Napoléon montèrent à cheval , au milieu de la population affluant de toutes parts , en présence des troupes sous les armes, et sortirent d'Erfurt à côté l'un de l'autre , comme ils y étaient entrés. Ils parcoururent ensemble une certaine étendue de chemin ; puis ils mirent pied à terre, abandonnant leurs chevaux à des piqueurs , se promenèrent quelques instants ensemble , se redirent de nouveau et brièvement ce qu'ils s'étaient dit tant de fois sur l'utilité , la fécondité, la grandeur de leur alliance, sur leur goût l'un pour l'autre , sur leur désir et leur espérance de resserrer leurs liens ; puis s'embrassèrent avec une sorte d'émotion.

Alexandre et Napole'on se quittèrent émus , et se serrèrent de bonne foi la main , l'un du haut de sa voiture, l'autre du haut de son cheval. Alexandre partit pour Weimar et Saint Pétersbourg , Napoléon pourErfurt et Paris. Ils ne devaient plusse revoir, et aucun de leurs projets du moment , aucun ne devait se réaliser !

Napoléon , rentré à Erfurt , donna congé aux personnages, princes et autres, qui restaient encore , puis monta lui-même en voiture quelques heures après , laissant dans le silence et la solitude cette petite ville, qu'il en avait tirée un instant, pour la remplir de tumulte , d'éclat , de mouvement , et la replonger ensuite dans sa paisible obscurité. Elle restera célèbre cependant, comme ayant été le théâtre où fut donnée cette prodigieuse représentation des grandeurs humaines 1 .

l iX, 346.

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