‹ Maximes et réflexionsChapitre 32 sur 37 · GOETHE A KESTNER ET LOTTE · texte numérisé non relu

GOETHE A KESTNER ET LOTTE

Octobre 1774.

Il faut, mes chers irrités, que je vous écrive de suite pour en débarrasser mon cœur. C'est fait; c'est publié; pardonnez-moi si vous pouvez. — Je ne veux décidément rien entendre de vous avant que le résultat ait démontré l'exagération de vos craintes, avant que vos cœurs aient mieux apprécié dans ce livre l'innocent mélange de vérité et de fiction. Kestner, tu as, comme un avocat affectionné, épuisé tout, tu m'as enlevé tout ce que je pourrais dire pour m'excuser. Mais je sens que mon cœur a encore d'autres choses à dire, quoique je sois maintenant impuissant à l'exprimer.

Je me tais. Mais je dois vous dire mon joyeux pressentiment et mon espoir que le sort m'a permis de faire cela pour nous lier plus étroitement l'un à l'autre. Oui, mes chers, moi, qui suis lié à vous par l'affection, je serai encore votre débiteur et celui de vos enfants pour lés heures pénibles que vous a causées mon... — appelez-le comme vous voudrez. Tenez ferme, je vous en prie. Ainsi que je te reconnais, Kestner, tout entier dans ta dernière lettre,

et toi aussi Lotte tout entière; restez calmes dans tout ceci, sans regarder les suites possibles. Je vous en prie. — Bon Dieu, on dit que tu tournes tout en bien.

Mes chers, si le dépit vous gagne, pensez toujours que l'ancien, votre Goethe, se renouvelle de plus en plus et qu'il est maintenant plus que jamais à vous.

KESTNER A M. DE HENNTNGS.

Hanovre, le 6 novembre 1774.

Cher ami, je ne comprendrais pas votre lettre si je n'avais pas depuis longtemps prévu que les Souffrances de Werther produiraient la méprise que je trouve dans votre lettre de Berlin. Mais pourquoi ne me suis-je pas écrié : a Je suis aussi heureux qu'on puisse l'être dans ce monde ! » Je ne suis pas à plaindre, au moins je ne le suis pas dans le sens de votre supposition. Je ne suis pas attristé! — En un mot, c'est une erreur, et il m'est pénible que tout cela ait dû vous affliger. Je vais vous dire, autant que possible, le mot de l'énigme. Votre erreur n'aurait probablement pas eu lieu si vous aviez reçu ma lettre que je vous ai adressée il y a environ un an à Berlin.

Elle a dû s'égarer. Depuis plus d'un an et demi je n'habite plus Wetzlar. Je suis employé ici comme secrétaire des archives. Deux mois avant mon départ de Wetzlar, j'ai épousé ma chère Lotte. J'en fus heureux et je le suis encore. J'ai emmené ici ma Lotte comme en triomphe. Elle a été reçue comme elle le méritait. J'étais las de ma place à Wetzlar, et j'ai cherché à obtenir mon rappel. Mon emploi

actuel m me rapporte pas encore beaucoup, mais je l'ai accepté volontiers pour revenir ici. Je reçus bientôt après une de vos lettres qui avait passé par Wetzlar. Je n'ai pas tardé de vous répondre et de vous raconter toute mon histoire. J'ai envové cette lettre à M. Ganz, secrétaire de légation à Wetzlar, qui a dû oublier de la remettre, ou elle a dû s'égarer. J'ai toujours attendu votre réponse et j'allais vous écrire une deuxième fois, car vous êtes toujours mon meilleur ami et je suis à vous comme Umjpws. J'ai rencontré à Wetzlar un seul homme que je place immédiatement après vous dans mon cœur. Son nom est déjà assez connu; il s'appelle Goethe. Vous comprendrez qu'il ne m'a pas rendu un service, — sans dessein il est vrai, et dans l'exaltation^ d'auteur ou par étourderie ,— en publiant les Souffrances du jeune Werther. Il y a dans ce livre beaucoup de choses qui nous fâchent, moi et ma femme ; son succès nous contrarie encore davantage. Pourtant je suis disposé à lui pardonner. Mais il ne doit pas le savoir, pour qu'il soit plus circonspect dorénavant. Je vais vous expliquer confidentiellement cette affaire et l'histoire de Werther. Vous n'en ferez qu'un usage prudent, mais je vous prie toutefois de vous en servir.

Werther , c'est Goethe lui-même d^ la première partie du roman. Il nous a emprunté, à,m& femme et à moi* des traits pour Lotte et Albert. Beaucoup de scènes. sof|t ou entièrement vraies ou peu changées; d'autres ,'90trt entièrement étrangères à nQtj;e histoire.

Pour motiver la seconde partie et pour prépare? .à, la mpjpt de Werther, il a ajouté à la prçmièçe partie : divers faits inventés, qui ne, se rapportent p&$ à noua; iainsjLLotte n'fi jamais, eu ni avec Goethe, ni avec auoqq. autre de* r*r

fartions aussi intimes que celles qui se trouvent dans le l'Oman. Nous avons raison de le lui reprocher, car dhtâfcés circonstances secondaires sont trop vraies et trop connues pour qu'on n'ait pas supposé qu'il s'agissait de nous. (1 s'en repent maintenant. Mais à quoi cela nous sert-il? Il est vrai, il fait le plus grand cas de ma femme. Mais en peintre fidèle, il aurait dû la représenter comme trop prudente et trop délicate pour permettre à sa passion des allures qu'il lui prête dans la première partie. Sa conduite envers lui a été telle que je l'aurais aimée encore davantage s'il avait été possible. Notre union, bien qu'elle ne fût pas secrète, n'a jamais été déclarée en public. Lotte était de beaucoup trop réservée pour en parler. D'ailleurs, il n'y avait entre nous d'autres liens que ceux qui liaient nos cœurs. Nous nous sommes mariés peu de temps avant mon départ, lorsque Goethe avait quitté Wetzlar depuis un an et habitait Francfort, et que le Werther fictif était mort depuis six mois. C'est seulement à Hanovre, au bout d'une année entière, qu'un enfant nous est né. Le cher petit garçon vit encore et nous cause, grâce à Dieu, beaucoup de joie.

Il y a, du reste, dans Werther beaucoup du caractère et des opinions de Gœthe. Le portrait de Lotte est en général celui de ma ferla me. Albert est un peu trop froid.

Voilà mes observations sur la première partie. La deuxième ne nous regarde pas du tout. Werihet y est le Jeune Jérusalem ; Albert est lé secrétaire de légation du Palatinat, et Lotte est la femme de celui-ci; du moins quant à la base historique du roman, ear les caractères de ces trois personnages sont inventés. Il est probable que l'auteur ignorait l'histoire antérieure de Jérusalem ; c'eôt pour cela qu'il a introduit dans la première partie 6er-

laines circonstances fictives pour assurer le succès de la deuxième partie et pour la motiver davantage.

L'Albert de la deuxième partie était bien un peu jaloux, mais ses rapports avec sa femme n'ont pas été ceux qui y sont représentés. Sa femme est une fort jolie personne, bonne et douce, mais pas du tout aussi vive qu'elle est dans le roman. Elle n'était pas même capable de cette petite infidélité, et se conduisait envers Jérusalem avec beaucoup plus de réserve. Celui-ci l'aimait vivement; pourtant il a été poussé à sa résolution extrême plutôt par l'ambition blessée que par un amour malheureux. Mais peutêtre s'est-il persuadé à lui-même que ce dernier était son principal motif. Certainement, l'amour a fourni la raison décisive. Il est encore vrai que je lui ai prêté les pistolets. Mais je n'ai jamais soupçonné l'usage qu'il en ferait. Je ne le connaissais que peu, et ma femme le connaissait encore moins, car il fuyait le monde. J'ignorais ses principes et je ne savais de l'histoire de son amour que ce que le public en savait, et ce n'était pas grand'chose. Il n'est venu que deux fois chez moi, et peut-être a-t-il vu dans cette occasion les pistolets suspendus dans ma chambre. Il m'écrivit en effet le billet inséré au roman, et je lui envoyai les pistolets par politesse et sans scrupules. Ils n'étaient pas chargés, je ne m'en étais jamais servi. — C'était un bon garçon, mélancolique. Mais personne n'aurait prévu sa fin , aussi personne ne m'a fait de reproches.

J'ai écrit en détail cette histoire de Jérusalem, après avoir pris des renseignements exacts, parce qu'elle était remarquable. Je l'envoyai à Gœthe, à Francfort. Il en a fait usage dans la deuxième partie de son Werther, et il y a ajouté à plaisir. ^^

Ainsi vous voyez que tous n'avez pas eu raison de me plaindre. C'est malgré nous que ce livre nous met dans les conversations du public, Mais nous avons la satisfaction de savoir que c'est sans raison et sans motifs. Grâce à , Dieu, nous avons vécn et nous vivons encore ensemble heureux et contents. Une terreur secrète me saisit parfois quand je songe à ce monde et à notre heureux mariage ! C'est pour cela que je supporte volontiers tous les désagréments, bien que je ne sois pas dans une position. trop brillante, attendu que mon père vient de mourir : mon revenu n'est pas grand et la vie est chère ici. J'accepte cela volontiers comme un petit contre-poids de notre bonheur, d'autant plus que je n'ai encore manqué de rien, que mes .affaires augmentent et que j'ai l'espérance d'améliorer ma position.

Goethe, après avoir fait imprimer son livre nous envoya un exemplaire et s'imagina avoir fait quelque chose de merveilleux. Mais nous en avions prévu le résultat et votre lettre confirma une de nos prophéties. Je lui ai écrit et je l'ai grondé vivement. C'est alors seulement qu'il a compris ce qu'il avait fait. Mais le livre avait été envoyé aux libraires et Goethe continua d'espérer que nous nous étions trompés.

Avant de continuer ma lettre, je vous prie instamment de la brûler de suite ; car si elle s'égarait en d'autres mains, nous aurions bientôt une seconde édition avec des notes. J'ai pris le parti de me garder dorénavant d'écrire à un auteur quoi que ce soit qui ne puisse être lu de tout le monde.

Maintenant je vous demande de dire à Mendelsohn et à d'autres que vous saviez avec certitude que l'histoire de

Jérusalem est la base principale du livre. Cependant tous pouyez ajouter que les caractères sont Trais en partie mais pis du tout aussi chargés qu'ils le sont pour motiver la fin tragique. En parlant à ceux qui nous connaissent, tâchez de détourner ou de démentir les choses désavantageuses que le livre dit de nous. Les traits aimables et irréprochables de Lotte appartiennent à ma femme. Vous en conclurez que je ne pouvais faire autrement que de l'aimer, ayant fait sa connaissance lorsqu'elle était très-jeune personne. Je ne sais pas si je ne serais pas devenu Werther dans le cas où j'aurais été forcé de lajquitter. Quant à cela, je ne me reconnais pas dans Albert.

Que puis -je faire dans cette affaire, sinon l'ignorer? On ne peut pas refaire le roman. Goethe a certainement agi de bonne foi ; il nous estimait beaucoup trop pour cela, moi et ma femme. Ses lettres et ses autres actions le prouvent. Aussi sa conduite a été plus noble qu'il ne s'est peint lui-même dans Werther. Du reste, cette histoire ne pourra pas nous faire du tort auprès de ceux qui nous connaissent. L'évidence est décidément pour nous; parce que nos bons rapports mutuels sont connus.

GOETHE A KESTNEÏL

Le 21 novembre 1774.

Voilà ta lettre^ mon cher Kestoe*, sur une table étrangère, dans la chambre d'un peintre ; car j'ai commencé hier à peindre à l'huile. Je dois te dire: merci, merci, mon cher ! Tu es toujours si bon ! — Oh ! si je pouvais' sauter à tan c6U, me jeter aux pieds de Lotte, pendant une nmiota, une seule minute, et tout ce que je ne pourrais expliquer dans des volumes serait effacé et expliqué ! — Oh t m'écrierais-je : vous manquez de foi, ou du moins vous n'en avez pas assez ! — Si vous pouviez sentir la millième partie de ce qu'est Werther pour des milliers de ceswty yo*s neregretteriez pas la part que vous y avez prises Voilà ! lis cette fqpiUe et retourne-la-moi en tous cas.— Tu» m'en* voies la lettre de Hennings ; il ne m'aeouse pas, il m'ex>cuse. Frère, cher Kestner, cela s'arrangera, si vous voulez attendre. Au péril de ma vie, je ne voudrais pas révoquer Werther; et, crois-moi, tes craintes, tes gravanùna disparaîtront comme des spectres de la nuit, si tu prends patience; et ensuite, je vous promets d'effacer d'ici à trrt ait de la manière la plus charmante, 1» plus unique et la plus intime tout ce qui pourrait encore subsister de

soupçon, de fausse interprétation dans ce bavard de public qui n'est qu'un troupeau de pourceaux. Tout cela disparaîtra comme du brouillard devant un vent pur du nord. — Il fout que Werther existe — il le faut ! Vous ne le sentez pas, lui ; vous sentez seulement moi etvous; et ce que vous croyez y être seulement collé, y est — en dépit de vous — • et d'autres, — tissé d'une manière indestructible. Si je vis encore, c'est à toi que je le dois, donc tu n'es pas Albert. — Et, par conséquent, donne de ma part une chaude poignée de main à Lotte et dis-lui que son nom est prononcé avec un profond respect par mille saintes lèvres, ce qui est une compensation à des craintes qui ne nous inquiéteraient pas longtemps, même dans la vie ordinaire où Ton est exposé à tous les commérages.

Si vous êtes sages et ne me tourmentez pas, je vous enverrai des lettres qui soupirent à l'unisson de Werther. Et si vous avez la foi, croyez que tout ira bien et que les cancans ne signifient rien. Réfléchis bien sur la lettre de ton philosophe; — je l'ai baisée.

Oh ! — toi, tu n'as pas senti comment l'humanité t'embrasse, te console, — et ce que c'est que de trouver dans tes qualités, dans celles de Lotte assez de consolation contre la misère qui vous effraye déjà dans la poésie. Lotte, adieu. — Adieu, Kestner; gardez-moi votre affection — et ne me tourmentez pas.

Ne faites voir ce billet à personne ï Qu'il reste entre vous deux. Que personne hormis vous ne le voie! Adieu, mes chers! Embrasse^ mon Kestner, pour moi ta femme et mon filleul.

Et songez a ma promesse. Moi seul, je puis inventer ce qui vous placera hors de toutes les allusions, et de tous les soupçons. J'en ai la puissance ; mais ce n'est pas encore le temps. Salue de ma part cordialement ton ami Hennings. Une 'jeune fille m'a dit hier : a Je ne croyais pas que Lotie fût un si beau nom ! il a un son particulier dans Werther. »

Une autre m'écrivait il y a peu de temps : «Par la grâce de Dieu, ne m'appelez plus Lotte! —Appelez-moi Lolo ou comme vous voudrez, — mais non pas Lotte jusqu'à ce que je sois digne de ce nom. »

puissance magique de l'amour et de Pamitié !

Vous aurez prochainement le billet de Zimmermann. Il fait froid ; je ne puis pas monter pour le chercher. Je vais aujourd'hui patiner. Adieu, mes chers.

Le 21 novembre 1774.

KESTNER A M. DE HENtfntGS.

Hanovre, le 30 novembre 1774 (tenriaée le 24 jamrierl775).

J'ai «omnraniqué votre klfce prée é ieg te , non pas

la dernière, à Goethe pour le convaincre de qoette Manière ce livre peut être envisagé, et pour le rendre plu* ptodenft, du moins à l'avenir. 11 me demande de vous saluer cordialement de sa part. Il a baisé votre lettre et me recommande la lettre de mon philosophe, etc. Vous le connaissez déjà par ses écrits. Il ne se soucie guère du monde; c'est pour cela qu'il ne se met pas à la place de ceux qui ne peuvent pas et ne doivent être ainsi, a Oh ! toi , tu n'as pas senti comme l'humanité t'embrasse, te console, et ce que c'est que de trouver dans tes qualités, dans celles de Lotte assez de consolation contre la misère qui vous effraye déjà dans la poésie. » — • Voilà ses paroles.

On juge son livre diversement. Il y a des jugements qui sont une compensation suffisante de maint blâme. En opposition contre votre opinion, quelqu'un a dit, que dorénavant aucun homme qui n'est pas un saint ne se tuera.

Vous ne vous imaginez pas comment il est. Mais il nous causera encore de grandes joies quand son âme ardente se sera un peu calmée.

1*34. janvier x$»

J^ai,été empêché de continuer cette lettre; Ensuite' jt pensais quelle ne vous trouverait plus. Maintenant que je 8*}s que vou6isece*^AUoBa^ rien ne m'empêchera plus. Je yops^impericie peur- votée ai&aUe lettre» Vous me consoles Wf5uj#t 4w\$ouffmnce$ de Werthm. ha ; fond , tous aves i^usqH ; r il 11^ m'a pas» fait de tort* auprès du puWic 4^ov, du moins» q\to je mçke* Gepftn4ant, : je aés pensé de ne. pouvoir lire et relire ce livre avec l'intérêt que d'autres personnes y trouvent. Je rencontre toujours un passade qui me blesse même dans le roman. En outre, il vient de paraître un commentaire donnant de soi-disant rectifications^ que personne n'a demandées. Il n'est pas méchant et écarte parfois les fausses interprétations. Mais à quoi bon ? Faut-il donc que le lecteur sache les moindres détails? On dirait vraiment que le public est un personnage fort respectable auquel on doit un rapport très-détaillé sur tout ce qui se passe. Je n'en connais pas l'auteur; mais il faut qu'il ait eu des renseignements exacts, quoiqu'il se trompe parfois. Je n'ai pas été formellement fiancé à Lotte. Et je ne comprends pas ce qu'il veut dire par ce s mots : a Que je ne m'occupe pas des affaires du monde. » J'ai vécu à Wetzlar dans le monde , ainsi que je vis ici. L'histoire en général m'intéresse et j'en fais mon étude. On devrait connaître l'homme qu'on veut représenter au public.

Un de mes amis m'écrivait dernièrement : a Sauf le respect pour votre ami, mais il est dangereux d'avoir un auteur pour ami. » Il a bien raison.

Quand vous serez tranquille, écrivez-moi plus en détail sur vous-même. Tout ce qui vous concerne m'intéresse.

Oh 1 si je pouvais tous revoir 1 Croyez-moi ; vous êtes toujours pour moi ce que tous avez été il y a nombre d'années. Si je m'examine moi-même, je trouve avec plaisir que mes sentiments n'ont pas changé avec les ans et les événements. Je vois seulement avec chagrin que mes affaires m'empêchent souvent de suivre le penchant de mon cœur. Je ne sens que trop vivement les défauts de ce monde quand je suis forcé de m'interrompre comme maintenant Adieu. Avant tout, soyez content et heureux. Gardez-nous votre affection. Ma chère Lotte vous salue cordialement. Saluez de ma part votre ami et aussi votre frère quand vous le reverrez.

Ml.

GCETHBAHANa

Le 9 janvier 1775.

Voici, mon cher Hans, une lettre pour Lotte. Demandez 4 et 1/2 fl. à chacune des dames, et envoyez-moi cet argent par occasion.

Vos lettres m'ont fait rire de joie et de chagrin. Continuez de m'aimer et saluez de ma part tout le monde.

GoiTHE.

GCETBE A LOTTE.

Le 19 janvier 1775.

Je vous écris du fond de la Suisse, de l'endroit où Tell a abattu la pomme posée sur la tête de son petit garçon. Pourquoi est-ce que je vous envoie justement d'ici quelques mots, après avoir gardé un si long silence?

Ma bonne et chère Lotte, je jette un rfegafcïsiûPvdtté', vos enfants, et votre cher mari, dans ce magnifique pays, au milieu de cette noble race qui ne doit pas être indigne de ses ancêtres, quoiqu'elle se compose d'hommes.

Je ne puis ni raconter ni décrire. Je vous raconterai peut-être davantage quand je serai parti d'ici ) ce qui m'est déjà arrivé en d'autres circonstances.

N'est-ce pas que vous m'aimez encore un peu? Conservez ce sentiment et embrassez pour moi votre mari et vos enfants. Adieu, bien des compliments à M. Meyer.

Altdorfj, à trois heures de distance du mont Saint- Gothard, que je monterai demain.

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