‹ Maximes et réflexionsChapitre 4 sur 37 · I-a mémoire peut toujours nous abandon · texte numérisé non relu

I-a mémoire peut toujours nous abandon

ncr pourvu que le jugement ne nous manque pas dans l'occasion.

Les poètes inspirés par la nature sont des talents dont la verve naïve et originale 'est repoussée par une époque raffinée.

Comme ils ne peuvent éviter de tomber souvent dans le trivial , on s'imagine facilement qu'ils sont rétrogrades. Mais , au contraire, ce sont des esprits régénérateurs , qui provoquent de nouveaux progrès.

Le jugement d'une nation n'est formé que du moment où elle peut se juger ellemême. Mais cette haute prérogative elle ne l'obtient que fort tard.

Les hommes sont contrariés de voir que la vérité soit si simple ; ils devraient se rappeler qu'il n'est pas facile de l'appliquer aux besoins de la vie pratique.

Une école doit être considérée comme un homme qui s'entretient avec lui-môme pendant des siècles et cpii est infatué de sa personne quelque absurde et ridicule qu'elle soit.

Tous les adversaires dune idée nouvelle remuent des charbons ardents qui jetés çà et là mettent le feu dans des endroits où il n'aurait pas pris.

L'homme ne serait pas sur la terre le plus parfait des êtres , s'il n'était pas trop parfait pour elle.

Les plus anciennes découvertes peuvent rentrer dans l'oubli. Quelle peine n'a-t-il pas fallu à Tycho pour faire admettre le cours régulier des comètes qui avait été reconnu depuis long-temps par Senèque.

Combien de temps n'a-t-on pas disputé sur les antipodes?

Il faut laisser à certains esprits leurs idiotismes.

Il y a des productions dans notre époque qui sont nulles sans être précisément mauvaises. Elles sont nulles parce qu'elles manquent d'idées. Elles ne sont pas mauvaises parce que l'auteur a eu devant les yeux la forme générale des bons modèles.

Tout devient inintelligible pour celui qui a peur des idées.

Nous avons raison d'appeler nos maîtres ceux dont nous apprenons toujours. Mais tout ceux dont nous apprenons ne méritent pas ce titre.

Tout ce qui est lyrique doit être trèsraisonnable dans l'ensemble , mais dans les détails un peu déraisonnable.

Vous ressemblez à la mer qui prend dif-

férents noms, et n'est toujours crt définitive que de Yebu salée (i).-

On dit propria Iaxis wfdet , cela peut être ; mais le blâme qui vient d'autrui, lorsqu'il est injuste , quel odeur a-t^l? Pour cela, le public n'a pas de nez.

Le roman est une épopée subjective dans lequel l'auteur se permet de traiter le monde à sa manière. La question est seulement de savoir s'il a une manière à lui ; le reste se trouve de soi-même.

Il existe des natures problématiques qui ne sont jamais à la hauteur de leur position et n'en sont jamais satisfaites, fte là cette lutte intérieure dans laquelle leur vie se consume sans leur permettre aucune jouissance.

(l) Goethe s'adresse à ses adversaires.

w Ut —

Ce qu'on peut appeler véritablement le bien se fait en grande partie clam, vi et precario.

Un gai compagnon dans un voyage à pied vaut un carosse.

La boue devient brillante lorsque le soleil luit.

Le meunier s'imagine que le blé ne croît que pour faire tourner son moulin.

Il est difficile de conserver son égalité d'humeur à tous les instants de la vie.

Les moments indifférents nous causent de l'ennui , les bons nous pèsent et les mauvais nous accablent

L'homme le plus heureux est celui qui sait mettre en rapport la fin de sa vie avec le commencement.

L'homme est singulièrement en contradiction avec lui-même. Quand il s'agit de son bien , il ne veut souffrir aucune contrainte, et pour ce qui lui porte préjudice, il endure toute espèce de violence.

Nous voyons l'avenir par un seul côté , le passé nous apparaît sous plusieurs faces.

Rien n'est plus ordinaire aux imprévoyants que de chercher des expédients pour sortir d'embarras.

Les Indous du désert font vœu de ne pas manger de poisson.

Une vérité insuffisante exerce son influence pendant quelques temps; mais au lieu d'une manifestation plus parfaite de (a vérité , parait une erreur brillante. Le monde s'en contente et se fait illusion ainsi pendant des siècles.

C'est rendre un très-grand service à la science que de rechercher et de développer les vérités incomplètes que possédaient déjà les anciens.

Il en est des opinions hasardées comme des pions qu'on met en avant dans le jeu d'échecs : elles peuvent être battues ; mais elles ont contribué au gain de la partie.

Il est aussi certain qu'étonnant que la vérité et Terreur découlent de la même source. Aussi, souvent on ne peut toucher à l'erreur sans nuire en même temps à la vérité.

La vérité appartient à l'homme , Terreur au temps. C'est ce qui a fait dire d'un homme extraordinaire : « Le malheur des » temps a causé son erreur , mais la force » de son ame l'en a fait sortir avec gloire. »

Chacun a ses originalités dont il ne peut se débarrasser; cependant, plus d'un homme se perd par ses originalités souvent les plus innocentes.

Celui qui n'a pas une haute opinion de lui-même est beaucoup plus qu'il ne croit.

Dans Fart et dans la science , aussi bien que dans l'action et la pratique , l'essentiel est de saisir nettement les objets, et de les traiter conformément à leur nature.

Si, parmi les hommes avancés en âge, il en est qui , malgré beaucoup d'esprit et de bon sens, estiment peu la science , cela vient de ce qu'ils ont été trop exigeants envers elle et envers eux-mêmes.

Je plains les hommes qui parlent sans cesse deTinstabilité des choses de ce monde ,

et se perdent dans la contemplation de leur néant. Ne sommes-nous pas ici-bas pour rendre impérissable ce qui est de sa nature périssable? Or cela ne peut arriver si nous ne savons estimer ce qui passe comme ce qui est éternel.

Un seul phénomène , une seule expérience neprouventrien. C'est l'anneau d'une grande chaîne , et il n'a de valeur qu'autant qu'il n'en est pas séparé. Celui qui, voulant vendre un collier de perles , ne montrerait que la plus belle , disant que les autres sont d'une égale beauté , et demanderait à être cru sur parole, trouverait difficilement un acheteur.

On doit de temps en temps répéter sa confession de foi, délarer ce qu'on approuve , ce que l'on condamne ; nos adversaires ne s'en font pas faute.

Dans notre époque , personne ne doit se

taire ni céder en rien ; on doit parler et se remuer, non pas pour vaincre, mais pour se maintenir à son poste ; que ce soit avec la majorité ou avec la minorité, peu importe.

Il se rencontre souvent des occasions où une œuvre d'art me déplaît au premier coup-d'œil, parce que je ne suis pas encore en état de la juger ; mais si je remarque en elle un mérite , je l'étudié davantage , et alors je fais une foi/le de découvertes qui me font le plus grand plaisir ; j'aperçois dans ces choses de nouvelles qualités, et en moi de nouvelles capacités.

Ce que les Français'appellent tournure , est une certaine prétention tempérée par la grâce. On voit par là que les Allemand»

manquent tout-à-fait de tournure ; leur prétention est raide et pleine de morgue ; la grâce chez eux est douce et humble; l'un

exclut l'autre > et ces deux qualités ne peuvent aller ensemble.

La foi est un capital secret et toujours en réserve , comme il existe des caisses d'épargne pour les jours de détresse ; et ici le croyant prend lui-même en secret ses intérêts.

Le véritable obscurantisme ne consiste pas à s'opposer à la propagation des idées vraies, claires et utiles, mais à en répandre de fausses.

Jusqu'ici je me suis occupé , avec persévérance , de la biographie des hommes plus ou moins illustres. J r en suis venu à penser que, dans le tissu <fe la société , les uns peuvent être considérés comme la trame , les autres comme la chaîne. Les premiers font la largeur du tissu ; las seconds donnent la force, la solidité, et peut-être aussi la forme. Les ciseaux des Parques déterminent

la longueur à laquelle tout le reste doit se sotfBKttre»

Les livres aussi ont leur histoire qu'on ne peut leur epleyer,: . k ..».•■

« Celui qui, n'a pap q^qgé spq pw^ar*.

» rosédese^laripesj^iqwinap^spw^.

» de tristes nmt$a^s,ur^u?jL»che, en v$r* » sant des pleurs; cçtyi 1# w vous courait » pas, ô puissances célestes l r » . .

Ces lignes, remplies d'une profonde douleur, une reine vertueuse et adorée les répétait souvent dans an «ruel exii , et pîohjjée dans un abîme de iwau* (i).;Bflê aimhttle' lWreiqui contient cbs paroles et d 1 aUtres > ttiâtes enseignements ; elle en tirait une eèfîad^ lation dans son infortune. Qui songe à une pareille influence qtlr peut ainsi s'étendre jusque dans l'éternité? lf l '

DtttiimÉ avec k pfaife'gttand plaîfcrf, dans

■ , : , ~ — , ! , ■ V- v , ;rn- i\T. — ;-;n| ^Tï'" ' " -

(l) La reine Louise, femme du roi {le Prusse Frédéric- t

GuMauie M. '" * : M T ' ' J ' L *' i' 1 ' "

— sala sfilte d Apollbft dfilâ viWa AlcW>*am)ihi, à Frascati , avec quel bonheur le Dootimcain encadrait les métamorphoses d'Ovide dans le paysage le plds convenable. A cette vue on se rappelle volontiers que les événements les plus heureux produisent une impression doublement agréable, lorsqu'ils sont placés dans une contrée enchanteresse. Les événements indifférents eux-mêmes acquièrent une grande importance, grâce à la beauté du lieu.

La vérité ^t Un flambeau , tuais ua flambeau immeqfef; .attssl&ous clignons de FcBtl en passant tteTaat lui , de peur de nous* brû^r. ,

u Les hommes sensés ont beaucoup Ue.

» principes communs. » (Eschyle, )

Un défaut particulier à des fcjmmteb, d'ailleurs fort sensés, c'est de ne pas savoir tenir compte de ce que disent les autres.

Or, il ne s'agit pas de ce que ceux-ci de-* v raient dire , mais de ce qu'ils disent.

Tout homme , parce qu'il est doué de la parole , croit pouvoir parler sur la langue.

Il suffit de vieillir pour devenir plus indulgent. Je ne vois pas commettre une faute que je n'aie commise moi-même.

Les heureux du monde croient-ils que le malheureux doit périr devant eux avec la même grâce que la populace romaine exigeait des gladiateurs?

Quelqu'un consultait Timon sur l'instruction de ses enfants. Faites- leur enseigner, dit-il , ce qu'ils ne comprendront jamais.

On regarde par habitude une montre qui s'est arrêtée, cwnme si elle marchait; ainsi,

— s* on considère la figure d'une belle femme comme si elle aimak encore.

La haine est un déplaisir actif , l'envie nn déplaisir passif; aussi, ne doit-on pas s'étonner que l'envie se change si souvent en haine.

La rythme a quelque chose d'enchanteur.

Il nous fait croire que le sublime nous appartient.

Le dilettantisme s&ipuk et la science traitée mécaniquement deviennent de la pédanterie.

Personne ne peut contribuer au progrès de l'art , si ce n'est les grands maîtres. Des protecteurs contribuent à faire avancer l'artiste , mais l'art n'y gagne pas toujours.

Le style de Shakespeare ^st riche en figures extraordinaires qui proviennent d'i-

dées abstraites personnifiées. EUes nt nous conviendraient certainement pas"j mais ebez lui eUes soat tout^fai* à leur place , parce que de son temps fente fes: arts étaient dominés par l'allégorie. Il trouve aussi des comparaisons où nous n'irions pas les chercher. Par exemple il prendra pour terme de comparaison un livre. Quoique la découverte de l'imprimerie remontât déjà à pius d'un siècle , un livre paraissait néanmoins encore une chose sacrée, comme nous le voyons par les reliures du temps } , de même aussi un livre était pour le noble poète un objet digne d'amour et de vénération. Nous , au contraire , nous nous contentons de brochçr.lés livres et nous n'avons plus de respect ni pour la reliure ni pour son contenu.

La plus folle de toutes les erreurs est celle de ces braves jeunes gens qui s'imaginent perdre leur originalité en reconnaissant des

— sévérités que d'autres ont déjà reconnues avant eux.

La beauté ne peut jamais avoir la conscience d'elle-même.

On a accordé à la poésie subjective ou sentimentale les mêmes droits qu'à la poésie objective et descriptive. Et c'était une nécessité ; car autrement il eût fallu rejeter entièrement la poésie moderne. On pouvait prévoir alors que s'il naissait des génies poétiques ils s'attacheraient plutôt aux sentiments de la vie intime qu'aux pensées générales de l'humanité. Il est arrivé en effet jusqu'à un certain point que l'on a une poésie sans figures, et à laquelle cependant on ne peut refuser entièrement son approbation.

TMlftlèiae Partif^

11 est beaucoup plufc facile de reconnaître Terreur que de trouver la vérité. La première €fct à la fttwfaci f et cfyacuh peut aisemant 4ft sai »îr ? < la aettmde ef u à « une pro r fcndeur pu il n'est pas donné à tout fe mônd* (Je pénétrer. » i ^

Nous ne vivons que par le passé , et le passé aotw j^rd» i .» ^ ^ • -

contrée , est on sentiment paisible du sublime y sous la forme du passé, .ou , ce qui est la même chose , de la solitude , de l'absence et de la mort.

Le magnifique chant d'église Veni creaior tpiritus est un appel au génie. Aussi agit-il puissamment sur les aines fortes et élevées.

Le beau est une manifestation des lois secrètes de la nature, qui ; sans cette révélation , seraient toujours restées inconnues.'

Je puis promettre la franchise et non l'impartialité.

L'ingratitude est une espèce de faiblesse.

Je n'ai jamais vu d'hommes supérieurs ingrate. ; i .

La vraie mesure dans tout ce qui tend a ta perfection , sou* le rapport du bien et du

juste , est très-rare. Un excès de prudence produit ordinairement des retards. La témérité engendre la précipitation.

Les paroles et les images sont des termes corrélatifs qui se cherchent sans cesse, comme nous nous apercevons dans les tropes et les comparaisons. Aussi , tout ce qui , dans la parole et le chant, s'adresse à l'esprit par l'intermédiaire de l'oreille, devrait également frapper les yeux. Et ainsi noua voyons dans la législation et la médecine des peuples enfants , dans la Bible et les anciens alphabets, le mot et l'image se correspondre toujours. Exprimait-on par la parole ce qui ne pouvait se peindre aux yeux ? Peignait-on aux yeux ce qui ne pouvait s'exprimer par la parole? Tout était dans Tordre. Mais souvent on commettait uqe méprise , et on se servait de la parole au lieu de la figure; de là naquirent eed monstrueux équivoques d'un langage mys* tique et symbolique.

Une^oHectiond , anecdocte3 et de maximes est pour lhQmme du monde le plus grand trésor , lorsqu'il sait semer les premières %vec habileté dans la ooïivqmtiot* #t se rappeler les- dern^es à propos.; ,\ ^

. On dit à l'artiste : Etudias la nature. Mais ce ' n 'est pas une petite dbfriulté îque dé tirer lé noble êà emrimtm et de damier lfe caractère do là beauté à ce qu^est iriforrae.

Oijt l'intérêt i cessé se pertt aussi la -pié^ moire. .■ • • ■ .•.*:■! ••* <''• ..*'!•/» <?it'»;-M'..

Le monde esi une cloclijQ fêlée , ello fait du ( br^it:jpai^jBl|f( ne sqnç^flfts, ; c /r

On doit supporter ar^c beaucoup d<3 bien jv<*illanoe> Importante des jeunes dilettantes* H* deviennent 'en atan<iaat eà âge! les vrais admirateurs de l'art pt des* grand»

maîtres.

Lorsque les hommes deviennent tout-àfait méchants , ils n'ont pas de plus grand plaisir que de contempler le mal d'autrui.

Les hommes sensés sont les meilleure) dictionnaires de conversation.

11 y a des hommes qui ne se trompent jamais : parce qu'ils ne se proposent rien def

La connaissance de mes rapports avec moi-môme et avec le monde extérieur est ce que j'appelle vérité : aussi chacun peut avoir sa vérité à lui , et cependant la vérité est toujours k même.

Celui à qui la nature commence à dévoiler ses secrets éprouve un désir irrésistible de connaître son plus digne interprète, Tartl

Le temps e# lui-même un élément.

L' homme ne comprend jamais combien îlestanthropftmorphique.

Une différence qui n'offre aucun sens à la raison n'est pas une différence*

La transformation d'une consonne dans une autre peut provenir d'un défaut dans l'organe; le changement des voyelles ea diphtongues vient de l'affectation.

On ne peut vivre pour tout le inonde , surtout pour ceux avec lesquels où ne vou-t drait pas vivre.

L'appel à la postérité naît d'un sentiment pur et vif de l'immortalité.

Lorsque j'entends parler des idées libérales, je suis étonné de voir combien les hommes aiment à se repaître de mots vides de sens. Une idée ne peut être libérale ; qu'elle soit puissante, excellente; que par là

elle remplisse sa mission divine d'être iHit* à l'humanité , à la bonne heure. Encore moins une idée abstraite peut-elle être libérale; car elle a une tout autre destination.

Où donc doit-on chercher ce qu'on appelle libéral? Dans les sentiments; c'est-à-dire dans la partie la plus intime de l'ame humaine. Les intentions sont rarement libérales, parce qu'elles émanent immédiatement de la personne , de ses rapports avec la société et de ses besoins* Nous n'en disons pas davantage ; on peut apprécier d'après cela ee qu'on entend tous les jours.

Nous voyons toujours avec nos yeux et notre imagination ; la nature seule sait ce qu'elle veut et ce qu'elle a voulu.

Donnez-moi un point d'appui , disait Archimède. Cherche toi-même le tien , a dit un autre. Moi je dirai : Garde celui que tu as.

L'observateur de la nature cherche les l

causes les plus générales et attribua les phénomènes semblable? à une oausegéné^ rajei n>ms wiipense; rarement À, la mvœ prochaine.

H n'arrive jamais à nn hQmme sensé d'avoir une petite foj^e.

Dans tout objet d'art, grand ou^petk , considéré jusque dans les plus petits détails, tout dépend de la conception.

Il y a une poésie sans figurés qui n'est qu'une figure.

La perfection est inépuisable.

On ne croit savoir que quand on sait peu ; avec la science augmente le doute.

Ce sont lès erreurs de l'homme qui le rendent particulièrement dig^e» d'intérêt;

Bonus vir mtftr tfco, 1

Arrêté jpar l'envie et la hain/e lobsejnraleur ne voit que la surface des choses % même lorsqu'il est «Joué d'^ne graj&de 82$^ cité; mais si, à cette qualité, se joignent la bienveillance et l'amour, alors il pénètre très-avant dans la connaissante du mondé et du cœur humain. 1! peut même espérer d'en dévoiler les mystères.

On devrait souhaiter à tout homme sejisé une certaine dose de poésie. Ce serait le vrai moyen de lui donner de la dignité et de la grâce T quelle que fût sa position.

Les matériaux de l'art sont à la pqrtéç de tous. Vidée n'appartient qu'à l'esprit original, et la forme est un secret presque pour tout te tàortde.

Les hommes ne sympathisent qu'avec <&

qui est plein de vie. ta jeunesse se forme dans le commerce deteojeutwitee: -

- Dfe quelque manière Iqrfè rkttàk cortsfdériotfà fe moride il aura toujours deux côtés : Yixti luttimëuxiPautfb téhébrteùk.

L'erreur se reproduit toujours davantage dans la conduite des hommes. On ne doit donc pas se lasser de répéter la vérité- dan6 ses discours.

\ À ttome il y a", * indépendamment des Romains/ tout un' peuple àë statues; dé même, en dehors du monde réel ? il y a un monde imaginaire bien plus puissant que le premier, et au milieu duquel vivent la plupart des hommes. , ,. .,

Les hommes sont comjtyg fa mer; Rouge :

à peine la verge les a-t-elle séparés qu'ils m réunifiant*. .*.., , . . . t , , i

Les pensées reviennent, les convictions s'enracinent; les ét^ts passent sans laisser de traces.

De tous les pmplës oe sont les Grées qui ont rêvé le phis beat rèrê de la vie.

Les traducteurs peuvent être considérés comme des entremetteurs qui nous vantent les attraits d'une belle à moitié voilée ; ils exeitent en nous un irrésistible désir de voir F original.

Nous reconnaissons volontiers la supériorté des anciens, mais non pas celle de la postérité. Il n'y a qu'an père qui n'envie pas à son fils la supériorité du talent.

Reconnaître son infériorité en général n'est pas un grand mérite; mais, dans une ligne descendait, mettre au-dessus de nous ce qui est au-dessous!.

Notre principale habileté consiste à sacrifier notre existence pour exister.

Tout ce que nous faisons est une fatigue ; heureux celui qui ne se fatigue pas.

L'espérance est la seconde ame dû malheureux.

Il y a aussi dans l'homme ta volonté de servir; c'est pour cela que la chevalerie chez les Français s'appelait servage.

Au théâtre., la jouissance de l'ouïe et de la vue absorbent la réflexion,

L'expérience ann champ ilfimité^ îa théorie ne peut se perfectionner et s'étendre dans la même proportion ; à îa première, l'univers est ouvert en tout sens; la seconde

reste enfermée dans les limites des facultés humaines. Aussi toutes les opinions se reproduisent- tel les nécessairement , et, chose singulière, malgré les progrès de l'expérience , une théorie étroite peut reprendre faveur.

C'est toujours le même monde que nous contemplons , que nous étudions ; ce sont toujours les mêmes hommes qui vivent dans le vrai ou dans le faux; plus souvent dans le dernier que dans le premier.

La vérité répugne à notre nature ; il n'en est pas de même de l'erreur , par une raison, toute simple. Là vérité exige que nous reconnaissions les limités de nos facultés.

L'erreur , au contraire , nous flatte en nous persuadant que notre esprit n'a pas de bornes.

Depuis bientôt vingt ans , les Allemands s'occupent d'idées transcendantes; quand

ils s'en apercevront , ils se trouveront bien extraordinaires.

De tout temps ce sont les individus qui ont travaillé au progrès de la science , et ce n'est pas au siècle qu'il faut l'attribuer. C'est le siècle qui a fait périr Socrate par le poison ; c'est le siècle qui a brûlé Jean Huss. Les siècles sont toiyours restés les mêmes.

La vraie symbolique consiste à représenter le général sous une forme particulière, et celle-ci non comme un rêve ou une ombre , mais comme une révélation vivante et âtitddBé de l'absolu.

La supériorité est souvent prise pour de l'égoïsme.

Aussitôt que cessent les bonnes œuvres vient la sentimentalité chez les protestants.

Tout ce qui est sptnosisine daas la pro*

ductiao poétique, devient machiavélisme dans la réflexion.

Il faut payer cher ses erreurs, et encore est-on bien heureux si on le peut.

Nihil rerum morlalium tam instabile ae fluxum est quàm poientia non suâ vi nixa.

Il y a deux sortes de faux artistes, les dilettantes et les spéculateurs. Les premiers font de Fart pour leur plaisir , les seconds par intérêt.

Je suis naturellement sociable ; aussi dans plusieurs entreprises littéraires, j'ai trouvé des collaborateur^ , et je me suis fait moimême collaborateur ; j'ai eu ainsi le bonheur de me voir vivre en eux , et eux en moi. . ;

Toute ma vie intérieure se ré vé(le comme

une méthode vivante d'invarçtkm , qui , reconnaissant une règle inconnue , s'efforce <te la trouver ou de l'introduire dans le monde extérieur. , *'.*'"•

Il y a une réflexion enthousiaste qui est du plus haut prix, pourvu qu'on ne se laisse pas entraîner par elle.

L'erreur est à la vérité ce que le sommeil est à la veille. J'ai remarqué qu'on revient de l'erreur à la vérité comme délacé par le sommeil.

Chacun souffre alors qu'il pe travaille pas pour lui-même. On travailla pour les autres afin de jouir avec eux*.

Nous apprenons seulement des livres que nous ne pouvons juger. L'auteur d'un livre que nous pouvons juger devrait apprendre de nouer; ' • '

Aussi là ftî&lë est un livre qui exercera une éternelle influence; car tant que le inonde existera f on oe verjrft pfHftftRfte, p§er élever la vQifyft dire ; f ie, lft <^$fyd?fi£ son çn^ei^le et je lit c^p^^Js^a^ sef, IWti^^^nt^ x^m^^mh^^J^desteipent f ; Dau*^ çn^n^e .^ ^c, ^

La pensée mystique est un développement transcendant de l'intelligence, aui se sépare d'une partie du monde réel et croit le laisser loin derrière elle*. Plus est graqd et important robiet auquel on renonce, plus sont riches les productions mystiques.

■liî.'fl'

La poésie ôrtefttrie mysdqfré» éi ce'gWîlî^ avantage que l'adepte , etf teriofltfahf èf tëM-l ehesse du monde, Ta toujours à sa disposition. U'âV Hâtive ainsi toujours atièlHifeu

de l'abondance à laquelle il renonce, et nage dans les voluptés dont il voudrait s'affran-

chir.

T t>h tiotîînrè d'esprit a dit : La nouvelle 7 mys^è^^t' la' dialectique dû cœut y' elle frappé 1 kt^èêdûit îes esprits, jiàke qu'elle e^JiWrlife tfès choses auxquelles Thémme riepetit ' arriver jtit là Vdte ordinaire du raisonnement ^ de l'intelligence et de lia téïî-'' gion. Celui qui se croit assez de courage et de force pour l'étudier, sans se laisse étourdir] peut se précipiter dans cet antre de Tfojùionius l toutefois à ses risqués et périls.

Iles' allemands devraient rester çendfmt, trente âh^ àans prononcer le, mot sentiment. * Alors on verrait renaître peu-à-peu le sentiment; maintenant il est synonyme d'inc^g^gcç^BPwJ^ faiWesse;4esr.^utreset ppfi^l ^siemnes propres* .»;■■ «,..i> •;■ ^ -. »

^^fls^FaîQtères érigent, leur f*ibksfcë

en loi. Des hommes qui oomnaUsen t bien te monde ont dit : L'habibfté accompagnée de la pair est invincible. Les hommes faibles ont souvent des idée* pévolutiottnaires ils pensent qu'ils se trouveraient mieux s'ils n'étaient pas gouvernés , sans songer qu'ils sont incapables de gouverner ni eux-mêmes ni les autres.

La lutte des anciennes et des nouvelles idées , de l'esprit de stabilité ou de conservation et de l'esprit d'innovation est perpétuelle. L'ordre fini! par êngehdrer la routine. Pour détruire celle-ci, on veut renverser le premier. Plus tard il arrive un moment où Ton sent la nécessité de rétablir l'ordre. Ecoles classique et romantique , privilèges des corporations , liberté du Commerce , maintien et morcellement de 'la propriété, c'est toujours la même lutte qui en engendre une au t*e. La plus grande habileté du souverain • consiste ■:&> ' rendre .cette lutte moins acharnée et» à balancer r un par

r autre les dèwx principes «ppodés , feahs en détruire aura». Mhi* u* pareil résultat n'est pas accordé & l'homme et ne parait pas dans tes : v«es de la divinité.

Queï est le meilleur système d'éducation? Réponse : celui des Hydriotes. Insulaires et marins ils prennent leurs enfants dans leur navire et les habituent ainsi au service de la mer. Ceux-ci, lorsqu'ils se distinguent, ont part aux bénéfices; ils prennent p^r, là intérêt au commerce , aux échanges , au. butin et deviennent d'excellents matelot y> d'habile? commerçants et des plates intrépide^ De cette foule peuvent sortir des héros qui de leur main attar cloront le brandon destructeur au vaisseau amiral de la flotte ennemie.

Tout ce qui est parfait ndus foit sortir <fe» limites de notre intelligent», parcfequentON* ne nous sentons pas encore arriva à q^e

hauteur. Ce n'est que qria*d une idée est entrée dans le cercle de notre développement intellectuel, et que nous l'avons appropriée aux forces de nette «éprit et de itdtre ame, que non* en apercevons tel valeur.

Il n'est pas étonnant que la médiocrité nous plaise plus Ou moins ; car elle nous laisse en repos; elle nous donne le même sentiment agréable que si nous nous trouvions avec nos égaux.

Ne cherchez pas à corriger un esprit commun , il restera toujours le même.

Il y a tant d honurte* d'un vrai mérite dispersés dans ce monde , et qui vivent dans la même époque! Mais malheureusement ils ne se connaissent pas.

. ; » Frr

Quel e*t te «»«*4tett gouvernement? Celui

qui nous apprend à nous gouverner nous-

11 peut arriva quelquefois que des malheurs publics et domestiques viennent frapper l'homme à coups redoublés d'une mamanière terrible; seulement, l'impassible destin , en frappant les épis , ne touche que la paille. Les grains ne s'en ressentent pas et sautent sur l'aire ça et là, sans se soucier s'ils doivent aller au moulin ou au champ.

Les meilleures pièces de Shakespeare manquent dans quelques endroits de facilité. Elles sont en quelque sorte plus qu'elles ne devraient être ; et, par cela même, elles révèlent le grand poète.

La plus grande probabilité de voir nos vœux accomplis laisse encore un doute ; c'est pourquoi, quand nos espérances se réalisent , nous soa&œes toujours surpris.

Nous sommes obligés de prêter aux arts de toutes les époques ; mais nous restons toujours débiteurs de l'art gre<5

Fis superba forma,, fyeUe jejp^p^aio^ d$ Johannes secundus.

La sentimentalité des Anglais est fyumoristique et tendre ; celle des Français est commune , p\ pleura ftdl^mçqt;; ççlte {tes Allemands ^stn^yç et n^ure)^.) ,i it ;^ :

L'absurde , représenté sous une forme élégante, exciite A^a-f!ôfe la répiigftânce et l'admiration! - j** £ * =*#-.*,- •: . ■; n :1 • ■;.•,

On at dfc (^ laJftftme sp4été ; jfflifiptnœ^ sation e^tinstnicUve^n feUçnpe estyçncfflff une leçon. ., ; t ,j , ., , 4 > j - v . .. 4

Il n'y a rien de terrible comme de voir agir l'igMprafooe? J> *ju- .i 1 -u ..-l 1 , ./J

On doit se tenir à dfetanpe fie la Jt>e^titë et de resjpjril , . ai l'on ne veut j^r «tevenjr leur esclave.

Le mysticisme est la scholastique du cœur, 1â dialectique du sentiment.

On ménage les vieillards comme on ménage les enfants.

l^e vieillard pcrd'un* déi pluà grands droits de Phtimànitë t celui d'être jligé par ses pairs.

Il n'46t. arrivé &*& iaç ^qieopes ce qui arriverait à un homme qui, s'étsst tevéde grand matin , attendrait avec impatience que l'aurore et le jour tû^nV dissiper les ténèbres ; et qui j lèisqtë le stflèîl ttuwit paru , se trouverait aveuglé par Pédat dé

ses rayons.

ni". . - • »,'i'tr :i î îiii ii"»j't î' -' • : .

On dispute beaucoup et OK>diap«*Brb icb»

encore long-temps sur les avantages et les inconvénients de ,1a propagation de la Bible. Il m'est évident flu'pUf sera nutsibleepmme elle Ta été jusqu'à présent , si Ton en fait un usage dogmatique et fantastique; elle sera utile comme enseignement gui s'adresse à l'esprit et au oceur.

Les fofecfc priniitives de la nature qui se

développent dé toute éternité ou dans le

1 temps, agissent incessamment; mais leur

action est-elle titité oit nuisible? C'est une

question accidentelle.

Vidée est éternelle et unique. Nous aVbns tort de parlé* ici au pforié!; toutes les choses que rious ootiii&i&ottè , et dont nous pouvons ffetfer ne sont que les manifestations de ridée. Nos conceptions n'ont un sens et ne pemiertti ^exprimer qo^ati tarit qu'elles 4btit 'ùné^ferttoè âë ridée absolue.

ï)ans les traités d'esthétique on a tort de dire Vidée du beau. Pàfrfé 'ôii restreint le domaine du beau qui , ; cependant , ne doit pas être conçu sous une fô^mè déterminée.

On peut avoir une notion abstraite du beau, et celle-ci peut être communiquée.

La manifestation de l'idée , sous la forme du beau, est aussi fugitive* que celle du sublime r de ce qu'oq appelé te spirituel , § l'agréable, le eomique, G'est pour cçla qu'il est si difficile de parle? $e ces sortes de sujets.

Si l'on veut traiter 1* théorie du beau d'une manière didactique, oa doit pa$ser sous silence, tout cq.quis>'adw$se ,au sentinient; ou n'en parler q^a,u; Bornent où on tpuche au ppiat Guln>jnarçt^ eft où Tes* prit 4es aufUteur^^t pr#p**é f ftl^is <¥>name cette conditjRK m pçutiê^^B^nipJip >

la plus haute prétention de celui qui enseigne dans une chaire, publique , devrait être de présenter à l'esprit de ses auditeurs, les idées dans un si grand nombre d'images vivantes , qu'ils fussent capables (Je, saisir tout ce qui. est bon , beau, grand et vrai, et de l'accueillir avec un vif intérêt, s^ns s'en apercevoir et s'en rendre compte. UiftéQ fondamentale dont tout le reste j^e^t qui? le développement , s'insuiue ainsi d«u?s Içur ame , et y prend unp forme vivante.

Quand on considère les hommes 4'iu^ esprit cultivé, on trouve qu'ils ne sont capables de comprendre le principe de toutes choses que dans une seule , ou du moins dans un petit nombre de ses manifestations , et cela suffit.. Le talent est développé d^ns la pratique, et il n'est pus besoin de prendre connaissance des théories particulières.

Le musicjen pept , sans préjudice > ignorer le sculpteur, ^t réciproquement. . . > .

Dans l'att ; on doit tout ramener au point de vue pratique, et par conséquent foiré em sdrte que les diverses manifestations (te l'idée du beau que l'artiste est appelé à réaliser, conservent, maigre leur affinité , leur indépendante tédproque, et né secotvtrarieht pas mutuellement. La peinture , la sctfpitùre et la mimique ont entre elles des rapporté indestructibles. Cependant, l'artiste attaché à un de ces arts doit bien se garder de recevoir des autres une atteinte funeste. Le sculpteur peut se laisser séduire par le peintre , celui-ci par l'acteur mimique , et tous trois brouiller tellement les genres, qu'àuoun d'eux ne conserve son originalité.

La danse mimique devrait , : à proprement parler , servir de base à téus lefc arts fignratifs. Si le charme qu'elle exerce sur les sens est très- tif, il est mo^neùtané *et ftigitif. Aussi cet art , pour produire ce eharme,

doit-il pousser ses moyens à l'extrême. C'est là ce qui effraie heureusement les autres artistes. Cependant, avec de la prudence et et de la circonspection , ils trouveraient ici beaucoup à prendre.

M me Roland sur l'échafaud demanda qu'il lui fût perm&d'&rire lès pensées remarquables qui s'étaient présentées à son esprit dans le fatal trtfjet: B est à regretter que sa' demande ne lui dii\>k$ éîté accordée ;car , à' ce moment suprême de la vie , des esprit» fermes, qui conservent leur sang -froid, ont souvent de* p^fts^& extràordihaires; ce

sont comme des anges qui descendent éclatants de lumière sur les sommets du passé.

On dit souvent qu'il faut éviter dans la vie une activité trop multipliée ( n*xv*p*y/no*-wr» ) et surtout , à mesure que Ton avance en âge, ne pas se créer de nouvelles occupations. Maison a beau se donner des conseils à soi-même et aux autres, vieillir c'est entrer dans une nouvelle sphère d'activité ; tous les rapport* 'ttaftgftfituÇt Ton doit, ou cesser complètement d'agir, ou , de bon gré et en connaissance de cause, accepter le nouveau rôle qui nous est donné.

. fïe n'ose rijsrç jiijrç dfi i^^ludans le seqs sj^cu|^f; ; wfy&Wf*r flffifWF W cebû qui le rewanaM jkp) ^j^ifesUtion^et l'a t^diur* jp^rçjt à,^^ >( €^ retire ua grapd avantage l( ,;. ^.z,.,. : , (l . ,

\ ivw dite* tfdbt„'e> v «ti traiter Fimpos^

sible comme si il était poBsèfcfar Lai même analogie ie fort re»Jtapieivpo>uB le caractère * Mais si l'idéq ette caractère se irèpcoftfrenf, alors naiç«enti<les éténcments leietque te monde ne tarifent» pas dé sa surprise pendant -des sièoks: Iôm^ •■*»" -^ ! * . s P *■■ t

Napoléorf) qui vivait toujours dans l'idéal, n'ei* avait* cependant pas conscient; H niait Vidèat } et lui refusait tout* réalité , tandis qu'il ^n'$>ou**éuivait avec ardeur là réalisation J^te sa i mi son si lucide le ^incorruptible ne pouvait snppoher 'perpétuellement cette contradiction intérieure, et ses paroles sont de la plus haute importance, lorsque darrèîes dcëasioïîs où'il 'y'dst pour ainsi dire forcé ,11 ^exprime sureb sûjet-de la manière la plus originale et la plùfe intéressante. bï /y ^ Uv - A [ '*" i '""' |: *'

H èoftèWfêwlîidée^cofcme «m étrfe lié vaisqd qui itfa ^'èi-.cst^yraï , aueuée /réalité;; mais qui /^oriqufil^^arioifitt, iaisiq;agrès

lai un residuûéi, (eqpumoïtmm)k^m nous ne pouvons refa^r\eptiarew*en4 la réalité- % cette opinion «cm* ipawûi p*èâaUe»ettt choquante et matériafete^i il B?6xpranetoi*t autrement lorsqv'iL' s'eqtlrelievt avec «es amis. Il parle alors avec conviction et oafcfiance des suites inévitables de sa vie et de ses actions. Il jfrorè tatontier* qu£ la f vie engendre la yi^jq^una idée féconde exerce son influe**** êM toutes tes éppquep.

Jl te fiait à retfmftaltffefifc'il H donné une impulskn nouvelle, une «feftelfc direction 4 ht marche du monde, .. a :..

C'estt une chose yr^in^ep,t djgne d'être remarquée que les hommes j^ojjt le trait caractéristique était uptç tendauç^ ^rè^-exclu- $ive yer$ l'idéal , éprouvaient y ne aversion extrême pour le fantastique! Tel £tait Hamann , qui ne pouvait supporter qu'on lui parlât *tes cbow*<dun Afctte«<*dfl. il pfexprifae ià^lemiA quelque -part,, rdanà >im paragraphe qu*â changea; qua*orie P fojs- ;

La littérature est fe fragïftetit des fragments. La plus petite partie de ce qui a été fait et dit, a été écrit, et de ce qui a été écrit la plus faible partie est restée.

Et cependant qtimqm h. littérature soit iaeoapièfo ,ony totem sroilte répétition» ; ee «ggi moatre eotabien sont bernés l'efprit et laéestiaéc derbwome.

Cette question : La prééminence appar* tient-elle à Thteto#ieu ou au poète? ne dpi l pas »ème être soulevée; Us ne rivalisent pas plus e«tree**xjquerath^e à la çou^ft, et l'athlète au pugilat. Chacun a droit à sa couronne^

Heu es&de&lrates crtamede jwwmuj relies 6ttràa«*fui0e& Au pwwwqr moneat mm* sommes tr^s-satisfilhs , lorsque^iouMrou*

- savons en eux des sentiments qui sont conformes aux nôtres , lorsque l'auteur sympathisa avec quelque point essentiel ^de notre existence ; mais lorsque nous faisons plus ample connaissance apparaissant toutes les différences. Et dans ce cas une conduite sage consiste principalement , non pas à se retfrer aussitôt , <x>miw>il;armé daps lajéunesse; rimais au cdnWa«^àsIattacber fortement au \ principes suri lesqtieb onn saccorde , à s'expliquer owriplèiement sèr les différences , sans pour cela renoncer à ses opinions.

Êa plus gronde *ffleuhé Jarfs les? obfeer* Vâtlons j^ychofogi^uës-'Vîent de ee qu'on doit toujduts c^Midênô^ ^pàfrallètein^ît J'intétiëur et l'exUérieii* , ou pl&tôt les! combiner ensemble. C'est un mouvement continuel de systole et diastole , l'inspiration et la inspiration de. l'étiré vivant Si J'on ne peutefoeore .se pnowapâr/sur ce: point ,. il mérite un, exaipen attentif, .

Mes rappocte ot ee Sceller avaient pour principes notre direction bien déterminée vers le même but; la ctofoiMknauté déno* tra*. vaux el la diflepenoe des moyens par lesquels nous tâchions d r atteindre à fce but. '

Au aujeU d'une diiéreoce délicate qui s'offrit à nous daas ua de ftos eotoetieo* et qui me rappelle un p^ssa^dlùoftdenso* lettres , je -fis » les Observation* SNÎpanlfte ( : i . Il y a une grande différence pour ikbpaèta à chercher le particulier en vue dtk<çfaérM&h à voir le général dans le particulier. Du premier point de vue naît l'allégorie où l'objet particulier est considéré seulement comme exemple , comme image de l'idée générale.

Le second est à proprement parler le caractère propre de la poésie ; elle exprime une idée particulière sans penser à l'idée générale, ou sans l'indiquer. Celui qui saisit vivement cet objet particulier possède en même temps l'idée générale sans le savoir , ou il le sait seulement plus tard.

L'aihitié ne peut s'engendrer que d'Une manière pratique et c'est par là seulement qu'elle dévient durable. Une inclination, lankrur même, tout cela ne prbdtit pas l'airiittë* La vraie amitié, l'amitié qui agit etçe révèle par des effets, consistée» ce que nous suivions la même voie dans la ne ; que mon ta» favorise mes desseins et moi les sier&y que nous marchions ensemble saft& nto* {détourner , quelle que soit d'aiMeurs

rtotre manière de penser et de vivre.

• \ ni / fijt î » t 'i!.,. r.-r*! .,/-.,.

On prend chacun 4ans le monde pour ce qu'il se doppe;, lirais il jfapt se donner pour quelque çhos£, ,Oj* importe plus vqlorir tiers le$ ^r^jnco^^odes qiieles hommes insigq^ls, ;^ , .^ ; a . , ^ : ^ t] ,.'.,,

On peut tQut W»P0S0r à & «$$£}, »##

Nous n'apprenons pas à connaître les hommes lorsqu'ils viennent à nous ; nous devons aller à eux pour savoir ce qu'ils sont.

Je trouve assez naturel que nous ayons beaucoup à redire sur les personnes qui viennent nous voir, et que, lorsqu'elles nous ont quittés , nous ne les jugions pas avec beaucoup de bienvieillance; car nous avons pour ainsi dïM'Jle 'Httifc'éB Ifes apprécier d'après notre mesure. Les hommes sages et bienveillants eux-mêmes ont de la peine , en pareil cas , à s'abstenir d'un jugement sévère.

Àu côn traire, lorsque riHusscimmes Chë2 les autres et que nous ïés' voyons' avec leur entourage , leurs habitudes* j lés ckosës que leur position rend nécessaire^ èi k inévitables; lorsqu'enfin nous les voyons agir, il faudrait être fifeh jtëtf «étts6'fel itiï&r bien de la mauvaise v^ohtë , ^di* r trofe«^ fidi^

cule ce qui devrait plutôt «ous parafera , sous plus d'un rapport, digne d'estime.

On doit chercher à gagner, par ïa conduite et les bonnes mœurs , ce qu'on ne pourrait obtenir autrement que par la force, et même ce que la force ne donne pas toujours.

La société des femmes est l'élément des bonnes mœurs.

Comment le caractère qui constitue l'originalité dans l'homme peut-il se maintenir avec le savoir-vivre?

Le savoir-vivre , loin de nuire à l'origi* nalité, devrait lui prêter un nouveau lustre,

La familiarité, à la place du respect, est toujours ridicule. On ne déposerait jamais son chapeau après avoir fait les pre-

nûors camplMBefltey si l'on Bavait otmbien cela parait conque.

Il n'y a aucun signe extérieur de politesse qui n'ait un principe moral. La bonne éducation serait celle qui donnerait à-la-fois le soigne et le principe..

La conduite sociale est un miroir dans lequel chacun montra son image.

Il existe une politesse du cœur ; elle est parente de l'amour; c'est d'elle que naissent les manières les plus aisées dans la société.

Une dépendance volontaire est la position la plus belle ; mais comment serait-elle possible sans l'amour? '

Nous ne sommes jamais plus éloignés* de l'objet de nos désirs que quand nous nous imaginons le posséder.

On n'est jamais plus esclave que quand on se croit libre sans l'être.

Celui qui ose se déclarer libre senl dans le momsnt même m dépendance ; calai <Jui ne craint pas de sa daelafrw dépendant se sent libre.

lt n'y a pas d'autre moyen de se défendre contre la supériorité d'autrui que d'aimer.

C'est quelque chose de terrible pour un homme distingué que de voir un sot tirer vanité de ses rapports avec lui.

Il n'y a p» de grand bopm*e> dit**^ pour le valet de chanibren; mais cela vifint amplement de ce que le grand homme ne peut être, reconnu q$e par ses pair^ 1$ ^let de cham^s^ra f^o^bie^eatr hiffi, apprécier ses égaux. î

La plus grande consolation pour la médiocrité est de voir que le génie n'est pas immortel.

Les plus grands hommes tiennent toujours â leur siècle par quelque faiblesse.

On croit généralement les hommes plus dangereux qu'ils ne sont. Les sots et les hommes sensés sont également inoffensifs ; il n'y a que la demi-sottise et la demi-sagesse qui soient dangereuses*

L'art est le plus sûr moyen de se soustraire aux exigences du monde, et cependant il n'y a pas de ltàsons ptjis sûres que celles dont l'art est le principe.

*" Dans h* plus haute prospérité et dans le derniërtfegré de malheur /nous avons toujours besoin de l'artiste.

Voir Je difficile traité facilement nous donne l'idée de l'impossible.

Les difficultés croissent à mesure qu'on approche du but.

Si nous regardons volontiers devant nous, c'est que nous nous plaisons secrètement à arranger au gré de nos désirs oe qui flotte vaguement dans l'avenir.

Nous nous trouvons rarement dans une grande réunion sans penser que le hasard , qui a ainsi rassemblé tant de personnes \ doit aussi y avoir amené nos amis.

On a beau vivre retiré , on devient , sans s'en apercevoir, créancier ou débiteur.

Lorsque nous rencontrons quelqu'un. qui nous doit de la reconnaissance, nous nous

le rappelons sur-le-champ. Combien de fois rencontrons-nous des personnes à qui nous devons de la reconnaissance, sans y penser?

On ne parlerait pas souvent dans le monde, si Ton savait combien souvent on comprend mal les autres.

i Celui qui parle, long-temps seul devant les autres, sans flatter ses. auditeurs, e*ck* leur aversion.

Chaque mot qui sort de notre bouche peut être contredit.

Les conversations dont le fond est la contradiction ou la flatterie sont également mauvaises.

Les réunions les plus agréables sont celles où régne entre tous les membres une politesse naturelle qui n'exclut pas la gatté.

— fia —

Le» hommes nèffâvèteiifcimHé part mieux teor caractètâ ,.qUeidàitd4» qu- ils trouvent

Le ridicule naît d'un contraste moral entre des objets hétérogène* fortuitement réunis , et *ai^ que jeur existence en paraisse compromise.

Jvhon>we vulgaire rît souvent sans snjet , paHe simple, effet d'une satisfaction intérieure qu'il ne peut contenir .

A un degré inférieur , la raison trouve presque tout risible ; à un degré supérieur , presque rien.

On <çe laisse reprocher sesuàéfcf te , on wpporte les^pHoitions, on souffre patiemment tous tes désagréments qu'ils nous attirent ; mais nous ne pouvons nous décider

-incertains défauts sont nécessaires à notre manière d'être individuelle. Nous serions très-fâchés si nos anciens amis venaient à se dépouiller de certaines originalités.

On dit d'un homme, lorsqu'il fait quelque chose contre sa manière et ses habitudes :

il mourra bientôt.

Quels sont les défauts que nous devons conserver et même cultiver en nous ? Ceux qui flattent les autres plus qu'ils ne leur nuisent.

Les passions sont des défauts ou des vertus poussées seulement à l'excès.

IN os passions sont de véritables phénix.

Lorsqu'une ancienne est consumée» une nouvelle renatt aussitôt de ses cendres.

Les grandes passions sont des maladies

sans espérance , ce qui pourrait les guériç les rend plus dangereuses encore.

La passion s'exalte et s'adoucit également par l'aveu. Le juste milieu n'est peut-être en rien plus désirable que dans la confiance et la réserve à l'égard des personnes que nous aimons.

Citer les morts à notre tribunal ne peut jamais être conforme à l'équité. La vie n'est-elle pas une expiation? Qui a le droit , si ce n'est Dieu , de leur demander compte?

La postérité doit s'occuper de leurs œuvres et de leurs actions , plutôt que de leurs fautes et de leurs souffrances.

Les défauts ne nous montrent que Thomme ; les bonnes qualités révèlent l'individu; nous avons tous en commun les imperfections et les malheurs. Ce qui nous distingue, ce sont nos vertus.

la? -

ftlxlème Partie.

Personne ne doit et ne peut dévoiler les mystères de l'existence humaine ; il y a sur le chemin de la vie des pierres contre lesquelles tout voyageur vient heurter. C'est au poète à les signaler.

CeneceRait<pt9i1a peine de vivre jusqu'à

soixante-dix ans, si toute la sagesse du monde n'était que folie devant Dieu.

La vérité ressemble à Dieu ; elle n'apparaît pas immédiatement. Nous devons la deviner sous ses manifestations.

Le véritable disciple apprend à connaître l'inconnu par le connu; et se rapproche ainsi du maître.

Mais les hommes ne peuvent facilement dégager l'inconnu , car ils ne savent pas que leur raison suit les mêmes procédés que la nature.

Les dieux nous apprennent à imiter leurs propres œuvres. Cependant, nous ne savons que ce que nous faisons ; nous ne connaissons pas ce que nous imitons.

Les hommes se sont créé eux-mêmes des lois, sans savoir sur quoi il^ les portaient;

mais l'ordre qui règne dahs la nature &>i l'ouvrage des dieux. •

Ce que les hommes ont établi de bien ou de mal n'est pas toujours conforme au but; mais ce que font les Dieux, que cela paraisse bon ou mauvais, est toujours à sa place.

Je veux montrer que les arts de l'homme ressemblent aux phénomènes de la nature qui s'accomplissent d'une manière visible ou mystérieuse.

Il en est ainsi de Fart divinatoire; iî connaît le passé dans ce qui se révèle à nos yeux; il voit ce qui est caché; le présent lui révèle l'avenir; dans la mort il surprend la vie, et il trouve un sens à ce qui n'en S pas.

C'est ainsi que l'homme instruit connaît toujours bien la nature de l'homme, tandis que l'ignorant la voit tantôt d'une façon ,

tantôt d'une autre, et chacun deux Ja reproduit à sa manière.

Si du rapprochement des dpux sexes naît un enfant , on peut dire que le connu a engendré l'inconnu. D'un autre côté si l'intelligence encore obscure de .l'enfant reçoit des idées claires, il devient homme et apprend à connaître l'avenir par le présent.

Sans vouloir comparer le principe vital , qui est périssable, à l'ame immortelle, il y a cependant aussi de la raison dans ce qui est purement vivant. Ainsi, l'estomac sait très-bien s'il a faim ou s'il a soif.

C'est ainsi que l'art de lire dans l'avenir a du rapport avec la nature huitaine. Poui l'observateur éclairé ils sont tous deux toujours d'accord. Cette harmonie échappe à l'esprit borné. >

Le fer se ramollit dans la forge par Tac-

- fil -

don du feu qui lui enlève les matières superflues. Lorsqu'il est purifié on le bat et on le rend flexible , puis on lui donne de la solidité par la trempe. Il en est de même de l'éducation.

Puisque nous sommes persuadés que celui qui contemple le mondé intellectuel et possède la véritable idée du beau , peut aussi connaître leur principe qui se dérobe aux regards des sens , tâchons, selon nos forces, de nous rendre compte à nous-mêmes, autant que ce sujet est susceptible de clarté , de la manière dont nous pouvons contempler la beauté de l'esprit et de l'univers.

Supposons donc que nous ayons sous les yeux deux blocs de pierre , l'un informe , l'autre façonné par l'art, une statue représentant un personnage humain ou divin.

Si c'est une divinité, ce siéra, si l'on veut , une Grâce ou une Muse ; si c'est un personnage humain, ce ne sera pas tel homme

- ut en particulier > mais plutôt un idéal, qui réunit tous Içç traits de la beauté épars dans la nature, •

Cette pierre, dont l'art a su tirer une belle représentation , vous parait belle ; cependant ce n'est pas la pierre qui est belle, car autrement cet autre bloc serait beau luimême ; c'est que le premier possède une forme qui lui a été donnée par l'art.

La matière n'avait pas d'elle-même cette forme ; celle-ci était dans l'imagination de l'artiste avant de passer dans la pierre. Et cependant elle n'était pas dans l'artiste parce qu'il avait des yeux et des mains , mais parce qu'il avait le génie de l'art.

Ainsi l'imagination de l'artiste renferme encore une idée supérieure de la beauté ; car la forme idéale qu'il conçoit ne passe pas dans la pierre ; elle reste dans son imagination , et fait naître une seconde forme

- us inférieure , qui ne conserve pas sa pùMté , et ne répond pas *xmmp\êtQmtmt aux vœui deJ'artiite., mais seulement autant que k matière rebelle obéit à l'art.

Mais si l'art réalise des idées qu'il tire de lui-même et de son propre fond , et cela d'après un type fourni par la raison qui Tinspire dans toutes ses créations , il est donc vrai que c'est l'intelligence qui possède cette beauté supérieure de l'art , beauté plus vraie et plus parfaite que tout ce qui s'offre à nos regards.

En effet , puisque la forme , en passant dans la matière se projette au dehors , elle devient plus faible que celle qui reste immobile dans ,$on principe* Car oe qui s'éloigne du aeàfcre sort de sowii4me 5 ainsi la forée qui procède de la forée , la chaleur oommuuquée par la ehaleur j de même la beauté qm émane de la beauté, la cause

productive doit donc être supérieure à ses

-m effets» Ce n'est pas la musique dans son enfance qui a fait le musicien , mais la vraie musique , la musique idéale qui engendré cette musique dont les sons frappent nos oreilles.

Si quelqu'un, se croyait en droit de mépriser les arts , parce qu'ils imitent la nature , on pourrait lui répondre que la nature elle-même à des modèles qu'elle imite. En outre , les arts n'imitent pas précisément les objets tels que nous les avons sous les yeux; ils remontent à ces idées de la raison , qui sont les lois de là nature et auxquelles elle se conforme dans ses oeuvres.

Il y a plus , l'art tire beaucoup de luimême, et d'un autre côté ajoute beaucoup à la nature ; il lui donne ce qui lui manque en perfection, parce que c'est lui qui possède la vraie beauté, Phidias a pu représenter Jupiter, quoiqu'il n'en trouvât pas le modèle autour de lui; niais il concevait par la

pensée le Dieu tel qu'il devait se manifester aux regards des hommes.

On ne doit pas en vouloir aux idéalistes anciens et modernes de ce qu'ils prennent si vivement à cœur de faire prévaloir l'être unique d'où tout est -sorti , où tout doit rentrer. Car le principe qui répand la vie et Fordre dans la nature est peut-être tellement confondu avec ses manifestations qu'il peut à peine conserver son existence indépendante. D'un autre côté, nous dévenons trop exclusifs, lorsque nous refoulons le principe formateur des êtres et la forme la plus haute dans une unité qui se dérobe aux sens et à la conscience.

Là nouvelle philosophie de nos voisins

Me l'ouest prouve que les heaunas ont beau

faire, et les nations, aussi bien que les

hommes, ils reviennent toujours à le*r

caractère primitif* Et comment en serais il

- néautrement, puisque c'est \m qui détermine leur nature et leur manière de vivre ?

Les Français ont abandonné le matérialisme* et dans l'explication du principe du jnpnde ils ont reconnu davantage la nécessité de faire intervenir l'esprit et la vie. Ils se sont affranchis du sensualisme et ont accordé à la nature humaine un développe- « ment libre et spontané* Jla admettent en elle une puissance créatrice et ne cherchent {dus à expliquer les arts par l'imitation de ' la nature extérieure. Puissent-ils persévé- « rer 4ans cette voie,

Une philosophie éclecjiqiie n'est pas pos- ■■» sible; mais il peut y avoir des philosophes ' éclectiques,

tlft &téetty»é\ tfmà mhxi qui choisit *,

dans tout ce qui Tenvironwe > dans tout ce *

tipxi se passe autour 4e faiy ce qui est con- |

forme à sa natwre et s4 l'approprie» ,,

Il faut ententbrfrdans le même sens tout ee qui s'appelle culture et perfectionnement , au point de Tue à Ja fois théorique et pratique.

Deux philosophes éclectiques pourraient par conséquent être deux adversaires déclarés , si , nés avec des dispositions opposées, ils s'étaient approprié , chacun de son côté, dans tous les systèmes, ce qui convient à leur caractère. Il suffit de jeter un coup-d'œil autour de soi pour voir que chaque homme se comporte toujours ainsi, et par conséquent ne comprend pas pourquoi il ne peut ramener les autres à son opinion.

Il est rare que le vieillard le plus avancé en âge, devienne pour fciwnéwe un personnage historique , et que ses «mtetaporatns , lui apparaissait sous le jfiênMàflfiéot. Auasî ne peut-il s entendre aveo personne.

Si on y regarde de pins près , on trouvera que pour l'historien lui-même , l'histoire n'est pas facilement de l'histoire* Chaque écrivain décrit les événements du passé comme ceux dont il est témoin.

Le chroniqueur ne reproduit que ce qui est renfermé dans son étroit horizon , les événements particuliers de sa ville natale, de son couvent , aussi bien que ceux de son époque.

Les maximes des anciens, que Ton a coutume de répéter si souvent, ont une tout autre signification que celle qu'on a pu leur donner dans les temps postérieurs.

Celle-ci , par exempte r « Nul ne doit entrer dans Fécole des philosophes, s'il ne connaît la géométrie » , ne signifie pas : on doit être mathématicien pour être philosophe.

La géométrie est ici considérée dans ses premiers éléments , comme nous la trouvons dans Euclîde , et telle qu'on l'enseigne aux commençants. Elle est alors la meilleure préparation et même l'introduction naturelle à la philosophie.

Lorsqu'un enfant commence à comprendre que le point visible a pour principe le point mathématique invisible ; que le plus court chemin d'un point à un autre doit être conçu comme ligne droite, avant que cette ligne soit tracée sur le papier , il éprouve déjà un sentiment d'orgueil et de satisfaction intérieure : et ce n'est pas sans raison ; car la source de toute pensée abstraite lui est ouverte ; l'idée et la réalité potentià et actu lui sont clairement révélées ; le philosophe ne lui découvrira rien de nouveau , et quant au géomètre, le principe de toute pensée abstraite lui est donné.

Si nous prenons ensuite ce mot remarquable : €owwi$-toi toi-même; nous ne devons pas l'interpréter dans un sens ascétique. Ce n'est nullement Iheaulognoêie de nos modernes hypocondri$te$> humoristes et hcautontumorumènss. Il veut dire tout simplement fais attention à toi-même , prends une certaine connaissance de toi-même ; afin de savoir comment tu dois te conduire vis-àvis de tes semblables et du monde. Pour cela il n'est pas nécessaire de se torturer l'esprit pour trouver un sens psychologique profond. Tout homme sensé sait par expérience ce que cela doit signifier ; c'est en effet un conseil salutaire dont chacun peut tirer le plus grand avantage dans la vie pratique.

Qu'on se mette bien dansTetyrit que ce qui a J&t la grtadedr des J&ôJes de l'antiquité , et en particulier de celle de Socrate,

c'est qu'elles 46 proposaient pour but le principe et la règle de toute la vie et de la conduite humaine; elles ne s'attachaient

pas à de vaines spéculations , mais à la vie

pratique et à' l'action.

Puisque la base de l'éducation dans nos écoles est l'antiquité , dont la connaissance exige l'étude des langues grecque et latine, nous devons nous faciliter de ce que ces études , si nécessaires pour wte plus haute culture intellectuelle, ne soient jamais rétrogrades.

Si nous nous plaçons en face de l'antiquité, et que nous nous proposiez sérieusement de noua former : à son école 9 , il flous semble que nous devenons hommes alors pour la première fois.

Le maître qw enseigne. le latin dans \e& écolesr, lovs^u'H essaie à écrire ou à parler cette langue, s'élève* à ses propres yeux et

- lit -*■

se croit un homme plu* important qu'il n'oserait se l'imaginer dans ses occupations journalières.

L'esprit né pour la poésie et les arts plastiques se sent, en présence de l'antiquité, dans une disposition idéale pleine de charme.

Encore aujourd'hui les chants homériques ont la vertu de nous délivrer, au moins pour un instant, du terrible fardeau que les traditions de plusieurs milliers d'années ont amassé sur nos têtes.

De même que Socrate appel la l'attention de l'homme sur lui-même, afin qu'il se rendit compte de sa nature par un procédé tout simple;* de même Platon et Aristotc procèdent en face de la nature comme deux esprits destinés à se la soumettre , l'un par son génie et son imagination, l'autre par son esprit observateur et sa méthode. Ainsi , chaque fois que , dans le système général

- f sade la science ou dans ses défaits , nous nous approchons de ces trois grands hommes , c'est un événement qui nous causé la joie la plus vive, et qui a toujours la vertu de contribuer au plus haut degré à notre développement intellectuel.

Pour échapper à la multiplicité des détails , au morcellement et à la confusion qui régnent dans les sciences physiques chez les modernes , on doit toujours se poser cette question : Comment aurait fait Platon en présence de la nature, si, malgré son unité fondamentale, elle lui était apparue avec cette variété de phénomènes?

Nous croyons pouvoir affirmer que , par cette méthode , on parviendrait à organiser les connaissances humaines jusque dans leurs dernières divisions, et que, sur cette base, on pourrait élever l'édifice de chaque science et en poser le fsjlte, quête que soient les secours et les obstacles que présente

- m laçiivitti intey^twelJle da^wle, C'est pputr être uoe;rec^Fchç q^e j^pua dayot&jious proposer chacp^joM*, w iww pe voulons p^s rejeter 1» pjeUleure jcoétjbiode etadqptçr la plus i^auvai&a : .

On vante le dix-huitième siècle parce qu'il s'est livré principalement à l'analyse.; la tâche du dix-neuviènjp consiste, maintenant à découvrir les fausses synthèses qui régnent dans la science, et à analyser de nouveau ce qu'elles renferment.

Il n'existe que deux vraies religions; Tune reconnaît et adora le Dieu samt qui habite en nous et autour de nous, invisible et sans formes^ l'autre Tadçre sous la forme la plus belle, Tout ce qvii est. intermédiaire entre ces deuxcuU#s est idolâtrie.

Sans doute l'esprit humai» cherchait à s'affranchir à l'époque de la réforme. L'an* tiqutté grecque et romaine qui venait d'être

révélée fit naître le désir ardent de jouir de la liberté , du bien-être , du bon goût.

Mais cette révolution ne fut pas peu favo* risée par lé besoin qu* éprouva le cœur humain de revenir à ta simplicité des premiers temps, et l'imagitfaiion de se concentrer en elle-même.

Tous les saints furent-à-la fois chassés du ciel j la divine mère avec son tendre enfant furent délaissés ; les sens, la pensée, le cœur de l'homme se reportèrent sur le Christ adolescent, acomplissant sa mission morale, souffrant injustement, plus tard glorifié comme demi Dieu et enfin adoré comme un Dieu véritable.

Sa figure se dessina seule en face de IUnivers ; il imprima au monde une nouvelle direction morale; l'humanité s'appropria ses souffrances en se tes proposant comme

modèles, et sa glorification fut le gage d'une vie éternelle.

Comme l'encens ranime le charbon qui s'éteint, de même la prière ranime l'espérance dans le cœur de l'homme.

Je suis persuadé qu'on sent toujours davantage la beauté de la Bible à mesure qu'on l'entend mieux ; c'est-à-dire quand l'on voit que chaque mot, compris d'abord d'une manière générale et appliqué à nousmême, âun sens particulier immédiat pour chaque individu et qui se prête à toutes #les circonstances et tous les lieux.

En y regardant de près, nous devons chercher tous les jours à nous réformer et à protester contre les autres quoique non dans un sens religieux .

Une chose à laquelle nous devons tra~

vailler tous les jours sans relâche et pour laquelle nous devons faire sans cesse de nouveaux efforts, c'est de mettre notre langage le plus possible en harmonie immédiate avec nos sentiments , nos perceptions , nos pensées, avec ce que nous éprouvons, imaginons et concevons par la raison.

Que chacun s'examine , et il trouvera que cela est plus difficile qu'il ne croit ; car maFheureusement pour l'homme les mots ne sont que des à-peu-prfo. Il pense la plupart du temps mieux qu'il ne parle.

Efforçons-nous sans cesse , par la clarté et la précision , de bannir les termes faux , impropres, inintelligibles qui se rencontrent ou se glissent dans nos discours et dans ceux des autres.

Avec les années augmentent les épreuves.

Aussitôt qtié je cesse d'être moral, je perds toute autorité.

La censure et la liberté de la presse seront toujours eh lutte.... Le pouvoir tient a ne pas être contrarié dans ses desseins et ses actes par des gens qui élèvent la voix pour le contredire* Cpux-ci veulent proclamer des principejs.qui l^gitàwent leur désobéissance, î :<,,.,

Cependant, on doit remarquer que le parti qui se prétend opprimé , cherche de son côté à étouffer la liberté de la presse ; c'est surtout lorsqu'il conspirçet, qu'il ne veut pas que ses complots soient trahis.

On n'est jamais tforiipé; on se trompe soimême.

Nous avoÀs dans notre langue un mot

qui exprime la différence entré te peuple considéré d'une manière abstraite , et ' le peuple proprement dit ( Volkheù- Volk ).

C'est le même rapport qu'entre enfance et l'enfant ( Kinrfheit-Kind). Le précepteur doit écouter l'enfance et non l'enfant. Le législateur et l'homme qui gouverne doivent entendre de même la voix du peuple. Le peuple ainsi conçu exprime toujours la même chose.

Il est sage, raisonnable; ses intentions sont pures et vraies. Lfc peuple, comme on l'entend vulgairement , ne sait ce qu'il veut.

C'est dans le premier sens que la loi peut être l'expression de U volonté générale des peuples , volonté que la foule ne manifeste ja^ mais, que le politique éclairé cortiprend, à laquelle l'homme sage sait se conformer, et que le bon prince se plaît à satisfaire.

De quel droit gouvernons-noûs? Ce n'est pas la question. Nous gouvernons. Que le peuple ait le droit de nous renverser , c'est ce dont nous nous inquiétons peu ; nous

prenons partie seulement que cette idée ne lui vien nç à l'esprit.

Si l'on pouvait abolir la mort, il n'y jurait rien a dire. Abolir la peine de mort serait difficile. Mais si cela arrivait , on serait bientôt forcé de la rétablir.

Si la société se démet du droit d'infliger la peine de mort, chacun se fera immédiatement justice à lui-même ; et la sanguinaire vtndeUf. yjendra frapper aux portes»

Toutes les lois sont faites par des vieillards et par des hommes: Les jeunes gens et les femmes veulent 1 exception; les anciens la règle. ,

Ce n'est pas l'homme de bon sens, mais le bon sens . l'homme raisonnable , mais la raison qui nous gouvernent.

Louer quelqu'un , c'est se rendre son égal.

Le patriotisme est étranger à l'art et à la science. Tous deux appartiennent, comme toutes les nobles productions de l'esprit humain, au monde entier, et ils ne peuvent être perfectionnés que par un concours général et libre de tous les hommes d'une même époque , travaillant les yeux fixés sans cesse sur les chefs-d'œuvre et les découvertes du passer

L'avantage inappréciable que les étrangers retirent de notre littérature, en l'étudiant aujourd'hui pour la première fois, est de se préserver de toutes les maladies par où elle a dû passer pendant la période de son développement, qui a duré près d'un siècle; et, s'ils savent en profiler, de se former eux-mêmes de la manière la plus désirable.

Ce que les Français du dix-huitième siècle détruisaient, Wieland le tournait en ridicule. \ ,

Que sont la plupart des tragédies, 1 sinon les passions mises en yersde gens qui s'embarrasent fort peu des choses extérieures ?

Yorik Stçrne est ljéçrav^in. le plus charmant qui ait existé. En le lisant on sent son ame s'épanouir eUprendre up essor libre ; son humour est inimitable; et toute espèce d'humour n'a pas la vertu d'alléger l'âme.

La 1 Vue eitfe pîiis noble' de nos serts.

Lès qtiàtreautrefe ne rtous instnrisfcnt que jf>ar l'organe du tact. Notrs fcatertdons, nous sentons, nous dddrons, nous palpons tous ïes objets par le toucher. La vub ck&upe tuirang infiniment plus «levé ; elle a quelque chose de subtil par ôùfeHë fe'éfoîgne de la matière et se rapproche des capacités de l'esprit.

Si nous nous mettions à la place des autrès , l'envie et la haine que nous éprouvons

si souvent à leur çgard disparaîtraient; et si nous mettions les autres à notre place, l'orgueil et la prétention en seraient beaucoup diminuées.

Quelqu'un a comparé la ipéditation et Faction à Rachel et à Lia $ l'une était plus féconde et l'autre plus gracieuse.

Après la santé et .la vertu, il n'y. a rien de plus précieuK au moade que le savoir, et rien n'est plu5>&cile à< acquérir. Toute la difficulté consiste à être calme et à savoir dépenser le temps que, du reste, nous ne pouvons mettre en résérte^

Si l'on pouvait mettre de côté du temps comme de l'argent,.ce serait une excuse pour l'oisiveté de la moitié dfis bommea, mais non pas une e^euse complète; car ce serait ressembler à un nçiénage qui vivrait du capital sans s'occuper des intérêts.

Les nouveaux poètes mettent beaucoup d'eau dans leur encre.

Parmi les nombreuses sottises que Ton entend débiter dans les écoles, je n'en connais pas de plus ridicules que les discussions sur l'authenticité des écrits^t des ouvrages de l'antiquité. Est-ce l'auteur ou son ouvrage que nous admirons ou que nous devons blâmer? C'est seulement l'auteur que nous avons sous les yeux. Que nous importe le nom lorsque nous étudions une oeuvre d'esprit ?

Quel est celui qui voudrait soutenir que nous avons sous nos yeux Virgile ou Homère lorsque nous lisons les écrits qui leur sont attribués? Mais c'est Fécrivain que nous avons devant nous , et que demandons-nous de plus? Les savants qui attachent tant d'importance à des choses si futiles , ne me paraissent pas plus sages qu'une très-belle dame qui me demandait un jour en souriant

avec beaucoup de grâce : Quel est donc l'auteur des drames de Shakespeare ?

Il faut mieux faire la chose la plus insignifiante du monde, que de passer une demi-heure sans rien faire.

Le courage et la modestie sont les vertufc qu'on peut te moins révoquer en doute ; car elles sont d'une nature telle que l'hypocrisie , ne peut les imiter. Elles ont oncore cette propriété de se manifester toutes deux de la même manière et sous les mêmes traits.

La plus insupportable engeance de Voleurs , ce sont les» sois ; ils nous volent à-lafois notre temps et notre bonne humeur.

Le respect de nous-méme est la règle de notre moralité. Le respect de nos semblables, celle de riotre conduite envers eux.

L'art et la seienofe sont des mots que ton emploie souvent , et dont on comprend rareu^nt la différence précise. Qn les emploie souvent l'un pour Tautrç. ,

Je n'aime pas les définitions qu'on en dottflCt J'ai vu quelquefois la scieace comparée à l'esprit de saillie^ Part, à Y humour. Je trouve en ceci plus d'imagination que die philosophie. Il y a bien là utye idée de la différence qui les sépare, mais nullement de leur eajraotèpelpropre. •

Je pense qu'on pourrait appeler la science la connaissance du général, le savoir abstrait ; l*ai*t , au contraire, -serait la science réalisée et mise en action. La science représenterai t. la raison, et l'art son mécanisme. Aussi, peut-oq appeler également l'art la science pratique. D'agrès cela la

science serait le théorème , et l'art le problème.

On m'objectera peut être qu'on regarde aussi la poésie comme un art , et cependant il n'y a en elle rien de mécanique; mais je nie qu'elle soit un art. Elle est encore moins me science. Les arts et la science sont du domaine de l'entendement. Il n'en est pas de même de la poésie. Celle-ci est due à l'inspiration. Elle était déjà conçue dans l'ame avant de se développer. On ne doit l'appeler ni art ni science , mais génie.

Encore aujourd'hui , tout homme d'un esprit cultivé devrait toujours avoir à la main les ouvrages de Sterne, afin que le dix-neuvième siècle comprit ce dont nous sommes redevables à cet écrivain , et ce que nous pourrons lui devoir par la suite*

Dans le développement successif des lit-

- 13a — tératures , ce qui a exereé une grande influence à une époque antérieure , s'éclipse momentanément, et les productions nouvelles qui en sont nées obtiennent la prédominance. C'est pour cela que l'on fait bien de jeter de temps en temps un ooupd'ceil en arrière. Ga {ui est original en nom se conserverait mieux et fions une forme plus vivante , si nous ne perdions pas de vue nos ancêtres.

L'étude, de la littérature grecque et romaine doit rester toujours la base de la haute culture intellectuelle.

Les antiquités chinoises , indiennes, égyptiennes, ne sont toujours que des curiosités. On fait très-bien de les étudier et avec elles l'histoire du monde; mais elles sont pour nous de peu d'utilité en ce qui concerné la culture esthétique et morale de nos faéultés.

Les Allemands ne peuvent courir un plus

-•189 ^ grand danger que celui dé s'associer au mouvement intellectuel et dé se former sur le modèle de leurs voisins. Il n'est peutôtre aucune nation plus propre à se développer par elle^mêube. Aussi , c'est pour eux un très-grand avantage d'avoir fixé si tard l'attention des autres peuples.

Si nous jetons un coup*d'<£il sur notre littérature telle quelle existait il y a un demi-siède , nous trouvons qu'elle n'avait rien produit sous une influence étrangère.

Mais le mépris de FrédéricJe-Cifand f qui ne voulait rien savoir de ce que faisaient les Allemands, les piquait au vif, et alors ils faisaient leur possible pour paraître quelque chose à ses yeux. -

Maintenant qu'unelittérature universelle commence à se répâridre , celle des Allemands, éi on y regarde de près , doit beau-

— uo -

coup perdre. Ils feront bien de faire attention à cet avertissement.

Des esprits très-éclaarés ne remarquent pas qu'ils veulent expliquer les principes qui servent de base à l'expérience, et où par conséquent la raison doit se reposer.

Cependant cela même peut avoir ses avantages , car sans cela peut être les recherches de la science s'arrêteraient trop tôt.

À l'époque où nous vivons , pour réussir chacun doit embrasser une carrière spéciale , soit un art libéral , soit une profession. Le savoir seul ne suffit pas. Dans le tourbillon du monde , avant qu'on ait acquis une connaissance superficielle sur toute chose , la vie s'est écoulée.

Le monde nous impose déjà la nécessité d'une culture générale; nous n'avons pas

- Ut -.

besoin de nous en occuper; mais il but s'approprier une spécialité.

Les plus grandes difficultés sont où nous ne les cherchons pas.

Lorenz Sterne naquit ^n f 71 5 et mourut en 1768. Pour le comprendre , il faut faire attention à l'éducation morale et à l'influence ecclésiastique de son époque. On doit à ce sujet bien se rappeler qu'il était le contemporain de Warburton.

Une ame indépendante comme la sienne risque de tomber dans l'arrogance , si elle ne trouve un contrepoids moral dans une noble bienveillance.

Tout s'échappait spontanément de son esprit et portait l'empreinte d'une extrême délicatesse. A travers leur conflit perpétue^ il distinguait la vérité deTenréur, s'attachait

- ut fortinleatà Japr^iète, km iwprenaït aucun souci de l'autre* .

Il éprouvait une antipathie prononcée contre le sérieux, parce qu'il e$t didactique et dogmatique, et qu'il devient facilement pédantesque. Or, il avait le pédantisme en horreur* De là aussi $qn élpigojeqient pour la technologie., it ,

Daas ses études et ses lectures, qui étaient très-varié^ H découvrait partout les défauts et les ridicules.

Il nomme Sfusud&isme l'impossibilité de s'arrêter deux minâtes 4e suite* mir on sujet sérieux.

Cette facilitée passer rapidement du sérieux au plaisant, dp/liùlccét à iindiflSérence, de IptristeBseà'kijoie^Jdèit éf^e dans le caractère irlandais* , ' . : : t

La sagacité et la pénétration chez lui sont infinies.

Pour la gaîté , la facilité de s'aecomoder de tout, la patience dans les voyages qui mettent au plus haut point un caractère à l'épreuve , on ne trouverait pas facilement

son égal.

Plus nous sommes enchantés de voir ainsi une ame libre et indépendante , plus nous devons nous rappeler ici que , parmi les qualités qui nous charment, il en est peu que nous devions prendre pour modèle.

Son épicurisme, dans lequel se montré toute la délicatesse pleine de charme de son esprit, serait dangereux à imiter.pour beaucoup d'hommes. ~

Ses rapports avee sa feHHneaiimqu'avœ le monde raériteat 4'étce jnent^ilé^ , U4it

— ut —

quelque part : Je n'ai pas su profiter de mes malheurs domestiques en homme sage.

Il plaisante avec beaucoup de grâce sur les contradictions qui rendent sa position équivoque.

« Je ne puis, dit-il, supporter les ser- » nions; je crois que je m'en suip donné v une indigestion dans ma jeunesse.

11 o'est un modèle en rien , mais il donne des vues sur tout, et il éveille l'intelligence»

Notre participation aux affaires publiques n'est que de la politique de cabaret.

Rien ne doit être estimé plus haut que le prix d'un jour.

Pereant qui anlc nos noslra dixerunt. Un mot m étrange ne pourrait sortir que de la bouche d')ift homme qui «'imaginerait être

un autochtone. Celui qui tient à honneur de descendre d'ancêtres raisonnable* , doit leur accorder au moins autant ëfe bon sens qu'à lui-même.

Les auteurs les plus originaux de notre époque ne lé sont j*as parce qu'ils disent quelque chose de nouveau , mais seulement parce qu'ils sofrrt capables de répéter les choses déjà tfiles conime si elles ne Fâtsfient jamais été.

Par conséquent ^ h plus belle preuve d'originalité consiste à sayorr donne* à la pen? sée d'autrui de si riches développements qu'il n'eût été facile à personne de voir combien elle était féconde.

Une foule die pensées naissent et se développent par l'effet de la culture générale des esprits, comme les rameaux se couvrent de fleurs au printemps. Dans la saison des roses on voit partout fleurir des roses. '

Tout dépendes sefUtupente. Ou :le &et\* lini^nt existe. > la pensée ne peut iqapquef de se développer ; tel est le sentiment ,• telle est la pensée.

IL^t^^pps^iblejd^ riqp ( reproduire avec un e^çte iipgpa^trçjité. ,Qfl pourrait dire que le miroir . ftit ^çqpliîp^ 5 fc ^L, cepo^dapt il ne nous présente jpmais potre,fîgnre véritablement telle qu'elle est. Dans le miroir, notre image est retournée. Ge qui est à droite est à gauche* Cette comparaison peut s'appliquer £ ^Wte^Hréûe^ions xjue nous faisons sim; nous-mêmfs. ; * *

Au printemps et en automne il arrive rarement qu'on songe au coin du feu ; et cependant si, par hasard , nous venons à passer devant un foyer allumé, nous nous arrêtons comme captivés par la sensation agréable que nous éprouvons. Il y a quelque chose d'analogue dans toutes les tentations.

*e*tlème Partie*

La première et la dernière chose qu'on doive exiger dû génie, est Tâmour de la vérité. y 1

Celui qui est et reste vrai pour lui-même et pour les autres, possède la plus belle qualité des plus grands taieirts.

- us-

Les grands talents sont les plus beaux moyens de conciliation entre les hommes.

Le génie jouit d'une sorte d'ubiquité ; il devance et suit l'expérience ; il la devance dans les conceptions générales ; il la suit dans les faits particuliers.

11 y a un scepticisme pratique qui s'efforce sans cesse de se vaincre lui-même et d'arriver, par une expérience mëttioflique, à une espèce de certitude restreinte.

Le caractère général d'un tel esprit est la tendance à chercher ea tout si telle propriété appartient réellement à tel objet ; et cela , dans le but de pouvoir appliquer avec certitude , dans la vie pratique , ce qui a été démontré par l'expérience.

Un esprit ê*m à'mtimtè et àer vi*«iééy

qui dans la pratique poursuit toujours un but immédiat , est ce qu'il y al de plus distingué sur fa terre.

La perfection est là loi du ctef ; y aspirer , la loi de l'homme.

Où doit distinguer deux choses dans l'homme t ce qu'il a reçu de la nature , et oe qu'il a acquis par lui-même.

L'homme est suffisamment pourvu des moyens nécessaires pour satisfaire tous les véritables besoins de sa condition terrestre, s'il se fie à ses sens et les perfectionne de manière à ce qu'Us méritent toujours sa confiance.

Ce ne sont pas les sens qui nous trompent; mais le jugement

L'animal est instruit par ses organes ; l'homme instruit les siens et tes gouverne*

Anpxagore enseignait que les animaux ont la raison active , maiç non h raison passive , qui sert en même temps d'interprète au rateonnemefrU,

Caractère juif : Energie, principe de tout, — but immédiat. Pas un juif , si petit ; si chétif qu'il soit , qui né ihontre dé l'énergie et de la résolution ; biais pour un but terrestre , temporel , l'intérêt du moment.

Le langage juif a quglqttë chose de §»thé~ tique. .*".'.*„

Toute tendance à l'idéal est suapeete, principalement chez les femmes. Quoiqu'il en soit, tout homme de talent s'entoure d'un sérail où l'on traite d'idées religieuses, morales et esthétiques. '

Toute grande idée qui apparaît dftiis le monde comme un évangile , est d'^ttord un

scandale pour le peuple des sots et des pédants, et une folie afix yeux des esprits cultivés , mpis super fie J6J$w , ;

Toute idée apparaît d'abord dans k inonde comme; un Jb^ta étrange^ , . et lors* qu'elle commence à $e réaliser, U e?t c|iffi T cile de la distipgi^er.d'ua rêvc.çt 4'pnc chi* mère de l'imagination; ; , , fl .,

C'est là ce qu'on a appelé idéologie dans le bon «ft w&uvats ;sen&; c'<est pour cela aussi que lé» hommes positife épreuve» t tant d'antipathie pour les idéologues;

On peut reconnaître f utitità d'iftie idée et ae pas savoir eneère- parfaitement) sien

servir. .

Je crois k ,u#, Diftu. C'est.uije. belle parôle; uims^çcpnnalu^ieq d$n$ seSjOeuvres, savoir où et comment il se manifeste , c'est la véritable félicité sur cçtte terre,

Keppter disait : Mon défcir le plus élevé est de sentir en moi-même , au fond de mon ame , ce Dieu qui se trouve partout dans le monde extérieur. Le grand homme sentait , sans le comprendre claireâtent , qu'entre le principe divin qui résidait en hii et la divinité répandue dans l'univers, il y avait un rapport intime.

La raison critique a rejeté la preuve tdéor logique (4) de l'existence dé Dieu ; mais ce qui ne vaut tien comme preuve , doit vafeir comment sentiment , et nous en appelons à oe sujet à tous tes travaux de» kowrnes religieux , depuis la iroarUothétlogiê jusque la nipho théologie. Ne devons-nous pas •«tir dans F éclair , le tonnerre et la tempête la présence d'une puissance supérieure ?

dans le parfum des fleurs et dans la douce

(l) Par les causes finales.

haleine du printemps, un être qui manifeste son influence bienfaisante ?

Oévingé* apo tryp h e t. fixerait irtiportahtde recueillir de nouveau tout ce que Ton connaît déjà historiquement sur ces livres , et de démontrer que les écrits apocriphes dont les églises chrétiennes ont été inondées dans les premiers siècles de notre ère, et dont notre canon souffre encore maintenant, sont les principales causes pour lesquelles le christianisme, en aucun moment de l'histoire politique et religieuse, n'a pu se développer dans toute sa beauté et sa pureté.

Le mal incurable de oes disputes religieuses consiste en ce que tes uns veulent ramener les plus bauU intérêts de l'humanité à des fables et à des mots vides 4e sens , tandis que les autres pensent trouver une base setide là où personne ne peut se reposer.

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