XXVII
On fait souvent vanité des passions, même les plus criminelles ; mais l’envie est une passion timide et honteuse que l’on n’ose jamais avouer.
La jalousie est en quelque maniéré juste et raisonnable , puisqu’elle ne tend qu’à conserver un bien qui nous appartient , ou que nous croyons nous appartenir; au lieu que l’envie est une fureur qui ne peut souffrir le bien des autres.
Le mal que nous faisons ne nous
attire pas tant de persécutions et de haine que nos bonnes qualités.
Nous avons plus de force que de volonté ; et c’est souvent pour nous excuser à nous-mêmes , que nous nous imaginons que les choses sont impossibles..
Si nous n’avions point de défauts, nous ne prendrions pas tant de plaisir k en remarquer dans les autres.
Xa jalousie se nourrit dans les doutes; elle devient fureur, ou elle finit, sitôt qu’on passe ‘du doute à la certitude.
L’orgueil se dédommage toujours , et ne perd rien , lors même qu’il renonce à la vanité.
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Si nous n’avions point d’orgueil , nous ne nous plaindrions pas de celui des autres.
L’orgueil est égal dans tous les hommes, et il n’y a de différence qu’aux moyens et à la maniéré de le mettre au jour.
Il semble que la nature, qui a si sagement disposé les organes de notre corps pour nous rendre heureux, nous ait aussi donné l’orgueil pour nous épargner la douleur de connoître nos imperfections.
L’orgueil a plus de part que la bonté aux remontrances que nous faisons à ceux qui commettent des fautes ; et nous ne les reprenons pas tant pour les en corriger , que pour leur persua-
MORALES
der que nous en sommes exempts.
Nous promettons selon nos espérances , et nous tenons selon nos craintes.
L’intérêt parle toutes sortes de langues et joue toutes sortes de personnages , même celui de désintéressé.
L’intérêt , qui aveugle les uns , fait la lumière des autres.
Ceux qui s’appliquent trop aux petites choses deviennent ordinairement incapables des grandes.
Nous n’avons pas assez de force pour suivre toute notre raison.
L’homme croit souvent se conduire lorsqu’il est conduit ; et pendant que
par son esprit il tend à un but, son cœur l’entraîne insensiblement à un autre.
La force et la foiblesse de l’esprit sont mal nommées ; elles ne sont en effet que la bonne ou la mauvaise disposition des organes du corps . x l v.
Le caprice de notre humeur est encore plus bizarre que celui de la fortune.
L’attachement ou l’indifférence que les philosophes avoient pour la vie n’étoit qu’un goût de leur amour-propre, dont on ne doit non plus disputer que du goût de la langue ou du choix des couleurs.
Notre humeur met le prix à tout ce qui nous vient de la fortune.
MORALES. j3
La félicité 'est dans le goût et non pas dans les choses ; et c’est par avoir ce qu on aime qu’on est heureux , non par avoir ce que les autres trouvent aimable.
On n’est jamais si heureux ni si malheureux qu’on se l’imagine.
Ceux qui croient avoir du mérite se font un honneur d’être malheureux, pour persuader aux autres et à eux-mêmes qu’ils sont dignes d’être en butte à la fortune.
ii i.
Rien ne doit tant diminuer la satisfaction que nous avons de nous-mêmes, que de voir que nous désapprouvons dans un temps ce que nous approuvions dans un autre.
Quelque différence qui paroisse entre les fortunes, il y a une certaine compensation de biens et de maux qui les rend égales.
un.
Quelques grands avantages que la nature donne , ce n’est pas elle seule , mais la fortune avec elle, qui fait les héros.
Le mépris des richesses étoit dans les philosophes un désir caché de venger leur mérite de l’injustice de la fortune par le mépris des mêmes biens dont elle les privoit; c’étoit un secret pour se garantir de l’avilissement de la pauvreté ; c’étoit un chemin détourné pour aller à la considération qu’ils ne pouvoient avoir par les richesses.
MORALES. l5
La haine pour les favoris n’est autre chose que l’amour de la faveur.
Le dépit de ne la pas posséder se console et s’adoucit par le mépris que l’on témoigne de ceux qui la possèdent ; et nous leur refusons nos hommages , ne pouvant pas leur ôter ce qui leur attire ceux de tout le monde.
Pour s’établir dans le monde, on fait tout ce qu’on peut pour y paroître établi.
Quoique les hommes se flattent de leurs grandes actions % elles ne sont pas souvent les effets d’un grand dessein, mais les effets du hasard.
Il semble que nos actions aient des étoiles heureuses ou malheureuses , à
i6 bAflexioks
qui elles doivent une grande partie de la louange et du blâme qu’on leur donne.
nx.
Il n’y a point d’accidents si malheureux dont les habiles gens ne tirent quelque avantage , ni de si heureux que les imprudents ne puissent tourner à leur préjudice.
La fortune tourne tout à l’avantage de ceux qu’elle favorise.
Le bonheur et le malheur des hommes ne dépend pas moins de leur humeur que de la fortune.
. Ii x i i.
La sincérité est une ouverture de cœur. On la trouve en fort peu de gens ; et celle que l’on voit d’ordinaire n’est qu’une fine dissimulation pour-attirer la confiance des autres.
MORALES. 17
L’aversion du mensonge est souvent une imperceptible ambition de rendre nos témoignages considérables, et d’attirer à nos paroles un respect de religion.
La vérité ne fait pas autant de bieç dans le monde que ses apparences y font de mal.
Il n’y a point d’éloges qu’on ne donne à la prudence : cependant, quel, que grande qu’elle soit , elle ne sauroit nous assurer du moindre évènement , parcequ’elle s’exerce sur l’homme, qui est le sujet du monde le plus changeant.
Un habile homme doit régler le rang de ses intérêts, et les conduire chacun dans son ordre. Notre avidité
le trouble souvent, en nous faisant courir à tant de choses à-la- fois , que , pour desirer trop les moins importantes , on manque les plus considérables.
La bonne grâce est au corps ce qus le bon sens est à l’esprit.
Il est difficile de définir l’amour î ce qu’on en peut dire est que dans l’ame, c’est une passion de régner; dans les esprits , c’est une sympathie ; et dans le corps , ce n’est qu’une envie cachée et délicate de posséder ce que l’on aime, après beaucoup de mystères.
* S’il y a un amour pur et exempt
du mélange de nos autres passions, c’est celui qui est caché au fond du
MORALES. if)
cœur et que nous ignorons nous-mêmes.
Il n’y a point de déguisement qui puisse long-temps cacher l’amour où il est, ni le feindre où il n’est pas.
Comme on n’est jamais en liberté d’aimer ou de cesser d’aimer, l’amant ne peut pas se plaindre avec justice de l’inconstance de sa maîtresse, «i elle de la légèreté de son amant.
Si on juge de l’amour par la plupart de ses effets , il ressemble plus à la haine qu’à l’amitié.
On peut trouver des femmes qui n’ont jamais eu de galanterie; mais il est rare d’en trouver qui n’en aient jamais eu qu’une.
I] n’y a que d’une sorte d’amour, mais il y en a mille différentes copies.
L’amour , aussi bien que le feu , ne peut subsister sans un mouvement continuel , et il cesse de vivre dès qu’il cesse d’espérer ou de craindre.
Il en est du véritable amour comme de l’apparition des esprits : tout le monde en parle , mais peu de gens en ont vu.
L’amour prête son nom à un nombre infini de commerces qu’on lui attribue, et où il n’a non plus de part que le doge à ce qui se fait à Venise.
L’amour de la justice n’est , en la plupart des hommes , que la crainte de souffrir l’injustice.
MORALES. «1
Le silence est le parti le plus sûr pour celui qui se défie de soi-même.
Ce qui nous rend si changeants dans nos amitiés, c’est qu’il est difficile de connoître les qualités de l’ame, et facile de connoître celles de l’esprit.
Ce que les hommes ont nommé amitié n’est qu’une société, un ménagement réciproque d’intérêts , un échange de bons offices ; ce n’est enfin qu'un commerce où l’amour-propre se propose toujours quelque chose à gagner.
La réconciliation avec nos ennemis n’est qu’un désir de rendre notre condition meilleure , une lassitude de la guerre, et une crainte de quelque mauvais évènement.
aa réhexiobs
Quand nous sommes las d’aimer, nous sommes bien aises qu’on nous devienne infidèle pour nous dégager de notre fidélité.
Il est plus honteux de se défier de ses amis que d’en être trompé.
Nous nous persuadons souvent d’aimer les gens plus puissants que nous, et néanmoins c’est l’intérêt seul qui produit notre amitié ; nous ne nous donnons pas à eux pour le bien que nous leur voulons faire , mais pour celui que nous en voulons recevoir.
Notre défiance justifie la tromperie d’autrui.
LXXXTII,
Comment prétendons - nous qu’un
Digitiz
MORALES. 23
autre garde notre secret si nous ne pouvons le garder nous-mêmes ?
L X t X V I I Ii
L’amour-propre nous augmente ou nous diminue les bonnes qualités de nos amis à proportion de la satisfaction que nous avons d’eux ; et nous jugeons de leur mérite par la maniéré dont ils vivent avec nous.
Tout le monde se plaint de sa mémoire , et personne ne se plaint de son jugement.
Il n’y en a point qui pressent tant les autres que les paresseux ; lorsqu’ils ont satisfait à leur paresse, ils veulent paroi tre diligents.
La plus grande ambition n’en a pas la moindre apparence lorsqu’elle se
rencontre dans une impossibilité absolue d’arriver où elle aspire, x c i i.
Détromper un homme préoccupé de son mérite , c’est lui rendre un aussi mauvais office que celui que l’on rendit à ce fou d’Athenes qui croyoit que tous les vaisseaux qui arrivoient dans le port étoient à lui.
Les vieillards aiment à donner de bons préceptes , pour se consoler de n’être plus en état de donner de mauvais exemples.
Les grands noms abaissent , au lieu d’élever, ceux qui ne les savent pas soutenir.
La marque d’un mérite extraordinaire est de voir que ceux qui l’en-
MORALES. 25
vient le plus sont contraints de le louer.
C’est une preuve de peu d’amitié , de ne s’appercevoir pas du refroidissement de celle de nos amis.
On s’est trompé lorsqu’on a cru que l’esprit et le jugement étoient deux choses différentes : le jugement n’est que la grandeur de la lumière de l’esprit; cette lumière pénétré le fond des choses; elle y remarque tout ce qu’il faut remarquer , et apperçoit celles qui semblent imperceptibles. Ainsi il faut demeurer d’accord que c’est l’étendue de la lumière de l’esprit qui produit tous les effets qu’on attribue au jugement.
Chacun dit du bien de son cœur,
et personne n’en ose dire de son esprit.
La politesse de l'esprit consiste à penser des choses honnêtes et délicates.
La galanterie de l’esprit est de dire des choses flatteuses d’une maniéré agréable.
arrive souvent que des choses se présentent plus achevées à notre esprit, qu’il ne les pourroit l'aire avec beaucoup d’art.
L’esprit est toujours la dupe du cœur.
Tous ceux qui connoissent leur esprit ne connoissent pas leur cœur.
MORALES. 37
Les hommes et les affaires ont leur point de perspective. Il y en a qu’il faut voir de près pour en bien juger , et d’autres dont on ne juge jamais si bien que quand on en est éloigné, c v.
Celui-là n’est pas raisonnable à qui le hasard fait trouver la raison , mais celui qui la connoit, qui la discerne, et qui la goûte.
Pour bien savoir les choses , il en faut savoir le détail ; et comme il est presque infini , notfconnoissances sont toujours superficielles et imparfaites, c v 1 1.
C’est une espece de coquetterie de faire remarquer qu’on n’en fait jamais, c v 1 i 1.
L’esprit ne sauroit jouer long- temps le personnage du cœur.
La jeunesse change ses goûts par l’ardeur du sang , et la vieillesse conserve les siens par l'accoutumance, c x.
On ne donne rien si libéralement que ses conseils.
Plus on aime une maîtresse , et plus on est près de la haïr.
Les défauts de l’esprit augmentent en vieillissant, comme ceux du visage.
Il y a de bons mariages , mais il n’y en a point de délicieux.
On ne se peutconsoler d’être trompé par ses ennemis et trahi par ses amis, et l’on est souvent satisfait de l’être par soi-même.
Digilized by Googu
morales. ag
Il est aussi facile de se tromper soimême sans s’en appercevoir , qu’il est difficile de tromper les autres sans qu’ils s’en appercoivent.
Rien n’est moins sincere que la maniéré de demander et de donner des conseils. Celui qui en demande paroît avoir une déférence respectueuse pour les sentiments de son ami , bien qu’il ne pense qu’à lui faire approuver les siens et à le rendre garant de sa conduite ; et celui qui conseille paie la confiance qu’on lui témoigne d’un rele ardent et désintéressé , quoiqu’il ne cherche le plus souvent, dans les conseils qu’il donne , que son propre intérêt ou sa gloire.
La plus subtile de toutes les finesses est de savoir bien feindre de tomber
5o BÉFLEXIOnS
dans les piégés qu’on nous tend, et l’on n’est jamais si aisément trompé que quand on songe à tromper le* autres.
L’intention de ne jamais tromper nous expose à être souvent trompés.
Nous sommes si accoutumés à nous déguiser aux autres , qu’à la fin nous nous déguisons à nous-mêmes.
On fait plus souvent des trahisons par foiblesseque par un dessein formé de trahir.
On fait souvent du bien pour pouvoir impunément faire du mal.
Si nous résistons à nos passions, c’est plus par leur foiblesse que par notre force.
On n’auroit guere de plaisir si l’on ne se flattoit jamais.
Les plus habiles affectent toute leur vie de blâmer les finesses , pour s’en servir en quelque grande occasion et pour quelque grand intérêt.
L’usage ordinaire de la finesse est la marque d’un petit esprit; et il arrive presque toujours que celui qui s’en sert pour se couvrir en un endroit se découvre en un autre.
Les finesses et les trahisons ne viennent que de manque d’habileté.
Le vrai moyen d’être trompé, c’est de se croire plus fin que les autres.
La trop grande subtilité est une
fausse délicatesse ; et la véritable délicatesse est une solide subtilité*.
Il suffit quelquefois d’être grossier pour n’être pas trompé par un habile homme.
La foiblesse est le seul défaut qu’ou ne sauroit corriger.
Le moindre défaut des femmes qui se sont abandonnées à faire l'amour, c’est de faire l’amour.
Il est plus aisé d’être sage pour les autres que de l’être pour soimême.
Les seules bonnes copies sont celles qui nous font voir le ridicule des méchants originaux.
MORALES
On n’est jamais si ridicule par les qualités que l’on a que par celles que l’on affecte d’avoir.
On est quelquefois aussi différent de soi-même que des autres.
Il y a des gens qui n’auroient jamais été amoureux s’ils n’avoient jamais entendu parler de l’amour.
On parle peu quand la vanité ne fait pas parler.
cxxxvnr.
On aime mieux dire du mal de soi- ' même que de n’en point parler.
Une des choses qui fait que l’on trouve si peu de gens qui paroissent raisonnables et agréables dans la con-
54 R é F L E x ions
▼ersation , c’est qu’il n’y a presque personne qui ne pense plutôt à ce qu’il veut dire, qu’à répondre précisément à ce qu’on lui dit. Lps plus habiles et les plus complaisants se contentent de montrer seulement une mine attentive, en même temps que l’on voit dans leurs yeux et dans leur esprit un égarement pour ce qu’on leur dit, et une précipitation pour retourner à ca qu’ils veulent dire ; au lieu de considérer que c’est un mauvais moyen de plaire aux autres ou de les persuader, que de chercher si fort à se plaire à soi-même, et que bien écouter et bien répondre est une des plus grandes perfections qu’on puisse avoir dans la conversation.
Un homme d’esprit seroit souvent bien embarrassé sans la compagnie des sots.
MORALES
Nous nous vantons souvent de ne nous point ennuyer; nous sommes si glorieux que nous ne voulons pas nous trouver de mauvaise compagnie.
Comme c’est le caractère des grands esprits de faire entendre en peu de paroles beaucoup de choses, les petits ' esprits au contraire ont le don de beaucoup parler et de ne rien dire.
C’est plutôt par l’estime de nos propres sentiments que nous exagérons les bonnes qualités des autres , que par l’estime de leur mérite; et nous voulons nous attirer des louanges lorsqu’il semble que nous leur en donnons.
On n’aime point à louer, et on no loue jamais personne sans intérêt. La
louange est une flatterie Labile , cachée et délicate , qui satisfait différemment celui qui la donne et celui qui la reçoit : l’un la prend comme une récompense de son mérite; l’autre la donne pour faire remarquer son équité et son discernement.
Nous choisissons souvent des louanges empoisonnées , qui font voir par contre-coup , en ceux que nous louons , des défauts que nous n’osons découvrir d’une autre sorte.
On ne loue d’ordinaire que pour être loué.
Peu de gens sont assez sages pour préférer le blâme qui leur est utile à la louange qui les trahit.
Il y a des reproches qui louent , et des louanges qui médisent.
MORALES
Le refus de la louange est un désir d’être loué deux fois.
Le désir de mériter les louanges qu’on nous donne fortifie notre vertu; et celles qu’on donne à l’esprit, à la valeur et à la beauté, contribuent à les augmenter.
Il est plus difficile de s’empêcher d être gouverné que de gouverner les autres.
Si nous ne nous flattions point nousmêmes, la flatterie des autres ne nous pourroit nuire.
La nature fait le mérite , et la fortune le met en œuvre.
La fortune nous corrige de plusieurs
défauts que la raison ne sauroit corriger.
Il y a des gens dégoûtants avec du mérite, et d’autres qui plaisent avec des défauts.
Il y a des gens dont tout le mérite consiste à dire et à faire des sottises utilement , et qui gâteroient tout s’ils changeoient de conduite.
La gloire des hommes se doit toujours mesurer aux moyens dont ils se sont servis pour l’acquérir.
Les rois font des hommes comme des pièces de monnoies : ils les font valoir ce qu’ils veulent; et l’on est forcé de les recevoir selon leur cours, et non pas selon leur véritable prix.
morales.
eux.
Ce n’est pas assez d’avoir de grandes qualités ; il en faut avoir l’économie.
Quelque éclatante que soit une action, elle ne doit pas passer pour grande lorsqu’elle n’est pas l’effet d’un grand dessein.
11 doit y avoir une certaine proportion entre les actions et les desseins , si on en veut tirer tous les effets qu’elles peuvent produire.
L’art de savoir bien mettre en œuvre de médiocres qualités dérobe l’estime , et donne souvent plus de réputation que le véritable mérite.
Il y a une infinité de conduites qui
paroissent ridicules , et dont les raisons cachées sont très sages et très solides.
Il est plus facile de paroître digne des emplois qu’on n’a pas, que de ceux qu’on exerce.
Notre mérite nous attire l’estime des honnêtes gens , et notre étoile celle du public.
Le monde récompense plus souvent les apparences du mérite que le mérite même.
L’avarice est plus opposée à l’économie que la libéralité.
L’espérance, toute trompeuse qu’elle est, sert au moins à nous mener à la fin de la vie par un chemin agréable.
MORALES