PREFACE XXI
ments, et va droit à l'homme, qu'il montre nu, petit, hideux et dégénéré. L'auteur des Caractères n'est pas indifférent comme Montaigne, ou froidement détracteur comme La Rochefoucauld, etc. »
7/ faut s'entendre cependant et ne pas se payer de grands mots : si La Bruyère montre l'homme hideux et dégénéré, il ne le flatte pas; mais le corrige-t-il? Du moins La Kochefoucauld, s'il est froid, se montre plus poli, et il ne mérite pas le nom de détracteur. Qui oserait soutenir que Vhomme de La Kochefoucauld est petit, hideux et dégénéré? Une semblable accusation ne pourrait partir que d'un faux point de vue.
Toute la morale humaine n'est pas dans La Kochefoucauld; mais il représente en traits vifs et saillants celle de ses contemporains, et ce ne lui est pas un médiocre mérite que d'avoir été le peintre fidèle de son siècle. A ceux qui prétendraient que la lecture des Maximes dessèche le cœur, nous pourrions demander s'il ne faut pas être indulgent pour celui qui a écrit cette humaine et noble réflexion : « 7/ est plus honteux de se défier de ses amis que d'en être trompé ; » et cette autre : « Il faut demeurer d'accord à l'honneur de la vertu que les plus grands malheurs des hommes sont ceux oii ils tombent par leurs crimes. » Non, l'écrivain qui a