‹ Maximes (volume 2)Chapitre 29 sur 85 · ADVIS AU LECTEUR · texte numérisé non relu

ADVIS AU LECTEUR

oiCY un portrait du cœur de l'homme que je donne au public sous le nom de Reflexions ou Maximes morales.

' // court fortune de ne plaire pas à tout le monde, parce qu'ion trouvera peut-estre qu'il ressemble trop, et qu'il ne flatte pas assez. Il y a aparence que l'intention du peintre n'a jamais esté de faire parroistre cet ouvrage, et qu'il seroit encore renfermé dans son cabinet si une méchante copie qui en a couru , et qui a passé même depuis quelque temps en Hollande, n'avoit obligé un de ses amis de m'en donner une autre, qu'il dit estre tout à fait conforme à l'original. Mais, toute correcte qu'elle est, possible n' éviter a-t-elle pas la

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censure de certaines personnes qui ne peuvent souffrir que l'on se mesle de pénétrer dans le fonds de leur cceur, et qui croyent estre en droit d'empescher que les autres les connaissent, parce qu'elles ne veulent pas se connoistre elles-mêmes. Il est vray que, comme ces Maximes sont remplies de ces sortes de veritez dont l'orgueil humain ne se peut accommoder, il est presque impossible qu'il ne se soulevé contre-elles, et qu'elles ne s'atirent des censeurs. Aussi est-ce pour eux que je mets icy une Lettre que l'on m'a donnée, qui a esté faite depuis que le manuscrit a paru, et dans le temps que chacun se mesloit d'en dire son avis. Elle m'a semblé assez propre pour répondre aux principales difîcultez que l'on peut opposer aux Reflexions, et pour expliquer les sentimens de leur auteur. Elle suffît pour faire voir que ce qu'elles contiennent n'est autre chose que l'abrégé d'une morale conforme aux pensées de plusieurs Pères de l'Eglise, et que celuy qui les a escrites a eu beaucoup de raison de croire qu'il ne pouvait s'égarer en suivant de si bons guides, et qu'il luy estait permis de parler de l'Homme comme les Pères en ont parlé. Mais si le respect qui leur est deu n'est pas capable de retenir le chagrin des critiques, s'ils ne font point de scrupule de condamner l'opinion de ces grands hommes en condamnant ce livre, je prie le lecteur

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