‹ Maximes (volume 2)Chapitre 67 sur 85 · LI. — Rien ne doit tant diminuer la satisfaction que · texte numérisé non relu

LI. — Rien ne doit tant diminuer la satisfaction que

nous avons de nous-mesmes que de voir que nous avons esté contens dans Testât et dans les sentimens que nous desapprouvons à celte heure. — lviii.

LVII. — Quoy que la grandeur des ministres se flatte de celle de leurs actions, elles sont bien souvent les effets du hazard ou de quelque petit dessein. — lxvi.

LXV — On élevé la prudence jusqu'au ciel, et il n'est sorte d'éloge qu'on ne luy donne; elle est la règle de nos actions et de nostre conduite, elle est la maistresse de la fortune, elle fait le destin des Empires; sans elle on a tous les maux, avec elle on a tous les biens, et, comme disoit autrefois un poëte, quand nous avons la prudence, il ne nous manque aucune divinité, pour dire que nous trouvons dans la prudence tout le secours que nous demandons aux dieux. Cependant la prudence la plus consommée ne sçauroit nous asseurer du plus petit effet du monde, parce que, travaillant sur une matière aussi changeante et aussi inconnue qu'est l'homme, elle ne peut exécuter seurement aucun de ses projets : d'où il faut conclure que toutes les louanges dont nous flattons nostre prudence ne sont que des effets de nostre amour propre, qui s'applaudit en toutes choses et en toutes rencontres.

Page 1