XVIII PRÉFACE
laisser aller à aucune illusion sur l'homme, trouver à la racine de tous ses penchants le ver rongeur qui doit le corrompre, /'amour-propre,... voi7à le seul résultat que peut obtenir une philosophie semblable, si toutefois l'on peut donner le nom de philosophie à une sagesse qui ne contribue en rien au bonheur et à l'amélioration du genre humain. »
C'est en ces termes sévères que s'exprime un critique du X/X« siècle. Nous croyons que c'est faute de voir bien clairement le milieu où a vécu La Kochefoucauld que l'on se livre à des attaques, honorables sans doute, mais un peu en dehors de la question. Si l'auteur des Maximes répondait à l'idéal que certaines personnes se font d'un moraliste, on ne parlerait pas de La Rochefoucauld. Sans même tenir compte du style, La Rochefoucauld vit et vivra par un côté de la faiblesse humaine qui ne saurait disparaître du cœur de Thomme, c'est-à-dire par l'égoïsme, qui résume ce que l'écrivain appelle amour-propre ou amour de soi. Il s'est sondé, étudié avant d'écrire, ou plutôt il n'a eu qu'à suivre les inspirations de son âme, et il nous a donné ce qu'il pouvait nous offrir. A son époque, La Rochefoucauld n'a pas soulevé les tempêtes qui ont éclaté plus tard. La plupart de ses contemporains, et j'entends par là ceux pour qui