‹ MaximesChapitre 107 sur 457 · II · texte numérisé non relu

II

Il est aussi facile de se tromper soi-même sans s’en apercevoir qu'il est difficile de tromper les autres sans qu'ils s’en aperçoivent.

Rien n’est moins sincère que la manière de demander et de donner des conseils. Celui qui en demande paraît avoir une déférence respectueuse pour les “sentiments de son ami, bien qu’il ne pense qu’à lui faire approuver les siens, et à le rendre garant de sa conduite. Et celui qui conseille paye la confiance qu’on lui témoigne d’un zèle ardent et désintéressé, quoiqu'il ne cherche le plus souvent dans les conseils qu’il donne que son propre intérêt ou sa gloire.

La plus subtile de toutes les *finesses est de savoir bien feindre de tomber dans les pièges que l’on nous tend, et on n’est jamais si aisément trompé que quand on songe à tromper les autres.

Max. 114 — 1 119*, I 115, I 114, IV 114. — L 10%, H 17*, SL 15*, B 140*.

Max, rs — lt F0 MleOM Mrs, IVarrs = Lt Hs SES, Barr.

Max. 116—1 118*, IL 117*, II 116, IV 116. —L 56*, H 19*, SL G2*, B 142*.

Mas. 117 — L 121%, Il 118, AE 57 IV cx7 LL: 64") Her68*, SG Bras

1. Début d’une longue série, presque ininterrompue, de maximes consacrées à divers aspects de la tromperie (déguisement, « finesses », trahisons, etc.), exercée soit à l'égard des autres, soit à l'égard de soi-même (114-129).

L'intention de ne jamais tromper nous expose à être souvent trompés.

L'on fait plus souvent des trahisons par faiblesse que par un dessein *formé de trahir.

On fait souvent du bien pour pouvoir impunément faire du mal.

Si nous résistons à nos passions, c’est plus par leur : faiblesse que par notre force.

On n'aurait guère de plaisir si on ne se flattait jamais.

Max. 118 — I 122, I 119, HI 118, IV 118. — L 95, SL 97, B 144.

Max. 119 — I 123*, Il 120, II 119, IV 119. —!L'ror* SLroz”, B 145*.

AS STAND AE IT ET LIT 120, IV 120. — L 135°,0H 272) SL 138*, B 146*, G*, lettre 4*.

More Nr Sr MI r22 Tr IV 127 L2329 Bay”.

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Max. 123 — I 124, II 123, IV 123.

Les plus *habiles affectent toute leur vie de blämer les *finesses pour s’en servir en quelque grande occasion et pour quelque grand intérêt.

L'usage ordinaire de la *finesse est la marque d’un petit esprit, et il arrive presque toujours que celui qui s'en sert pour se couvrir en un endroit, se découvre en un autre.

Les “*finesses et les trahisons ne viennent que de manque d’habileté.

Le vrai moyen d’être trompé, c'est de se croire plus fin que les autres.

La trop grande subtilité est une fausse délicatesse, et la véritable délicatesse est une solide subtilité.

Il suffit quelquefois d’être *grossier pour n'être pas trompé par un “habile homme.

Max. 124 — I 126*, II 125, II 124, IV 124. — L 47 fin*, H 166 fin*, SES fin Bron Gr

Max. 125 — I 127*, II 126, II 125, IV 125. — L 48*, H 167*, SEUS2 R0B 148 1G#, ,

Max. 126 — I 128*, II 127, II 126, IV 126. — H 169 fin*, SL 158*, lettre G*.

Max. 127 — I 129%, II 128, III 127, IV 127.

Max. 128 — I 130*, Il 129, III 128, IV 128. — L 162*, H 5s1*, SL 164*.

Max. 129 — I 131*, Il 130, III 129, IV 120.

La faiblesse est le seul défaut que l’on ne saurait corriger.

Le moindre défaut des femmes qui se sont abandonnées à faire l'amour, c’est de faire l'amour.

Il est plus aisé d’être sage pour les autres que de l’être pour soi-même.

Les seules bonnes copies sont celles qui nous font vOir le ridicule des *méchants originaux.

Max. 130 — I 131, II 130, IV 130.

Max. 131 — Il 132, II 131, IV 131.

Max. 132 — 1 133*, Il 133, I 132, IV 132. — L 247*, BITSOUIGÉ Max. 133 — II 134*, II 133, IV 133.

r. Le dictionnaire de Furetière montre bien qu'il faut prendre ici cette expression dans son sens moderne, et non dans un sens « honnête ». Il indique en effet qu’elle n’avait pas le même sens selon qu’on parlait d’un homme ou d'une femme : «On dit qu'un homme fait l'umour à une fille quand il la recherche en mariage. On le dit aussi odieusement quand il tâche de la suborner (..) On dit qu’une femme fait l'amour quand elle se laisse aller à quelque galanterie illicite. »

2. L'éditeur de la collection G-E.F. hésite entre deux interprétations : il est plus aisé de conseiller la sagesse que de la pratiquer, et : il est plus aisé de paraître sage que de l'être; compte tenu des indications des manuscrits, il penche en faveur de la seconde. Je comprendrais plus volontiers : il est plus aisé de conseiller autrui que de se tracer à soi-même une ligne de conduite, on voit plus clair pour le compte des autres que pour le sien propre, — interprétation qui convient aussi aux versions que les manuscrits donnent de cette maxime.

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