Cf. introduction pp. XXVIII sq
2. Cette copie avait fait l’objet d’une édition improprement intitulée La Première Édition des Maximes de La Rochefoucauld, d'après un manuscrit inédit (Paris, 1927); mais cette édition présente de nombreuses erreurs.
3. Cf. la notice des manuscrits des Maximes, p. 387, et les variantes données en note à propos du manuscrit de Liancourt, pp. 403 sq.
et de littérature, œuvre de l'abbé Granet et du Père Desmolets 1 un groupe de sept Réflexions nouvelles de M. de La R.2 (dans l’ordre : nos n°% V, XVI, X, II, IV, XIII incomplet, IT).
Les mêmes réflexions se lisent en 1789, sous le titre Réflexions diverses qu’elles ont conservé depuis, dans l’édition Brotier des Maximes, à ceci près que l’une d’elles (notre n° IV, De la conversation) y présente un texte tout différent.
La version Brotier se retrouve, à très peu de chose près, dans une édition qui n’a jamais vu le jour, mais dont on peut consulter les épreuves à la Bibliothèque Nationale, l'édition Herbert5. Cette édition reproduit un manuscrit de la Bibliothèque de Vitry-le-François (ms. 173) détruit en 1944, lequel datait du XVIII* siècle et avait probablement servi de base à Brotier.
2° Éditions comportant dix-neuf réflexions
À cinq ans d'intervalle parurent au xXIX° siècle deux nouvelles éditions des Réflexions diverses faites à partir d’un manuscrit, aujourd’hui introuvable, qui était conservé au château de La Roche-Guyon, le manuscrit À (163) ; il s’agissait d’une copie du XvII* siècle, comportant dix-neuf réflexions (parmi lesquelles on retrouvait les sept déjà publiées) et portant quelques corrections de la main de l’auteur. C’est d’abord
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2. Dans la 3° édition de son Dictionnaire des Anonymes, t. IV, p. 74, Barbier a prétendu que ce « M. de La K. » n’était pas La Rochefoucauld, comme l'avaient dit Brotier et ses successeurs, mais Henri- François de La Rivière, sieur de Coucy, obscur auteur de Maximes et Sentences sur les sources de la corruption du cœur de l'homme publiées en 1720, mort à 96 ans en 1738. Curieuse allégation, inspirée par un simple rapprochement de dates, mais que Barbier n'aurait pas dû hasarder alors que Barthélemy et Gilbert avaient déjà exploité le manuscrit À (163) de La Roche-Guyon, dont il sera parlé dans un instant. Cf. J. Marchand, La Rochefoucauld et La Rivière : une confusion de Barbier et de Quérard (Bulletin du bibliophile et du bibliothécaire, 1957).
3. Nlles acq. fr. 2585. — Pour plus de détails sur cette édition, cf. Marchand, Une édition mort-née des Maximes de La Rochefoucauld, l'édition Herbert (même Bulletin, août-septembre 1934).
4. Cette cote précise n’est indiquée ni par Barthélemy ni par Gilbert, mais par Régnier, qui le décrit dans l’appendice au tome I de l'édition G.EF. (p. rro).
Édouard de Barthélemy qui publia en 1863, dans ses Œuvres inédites de La Rochefoucauld, les douze réflexions que n’avaient pas données les éditions du XvVirI® siècle, plus la fin de la réflexion XIII. En 1868, dans le tome I des Œuvres de La Rochefoucauld de la collection G.EF., Gilbert reprit l’ensemble des dix-neuf réflexions.
Ces deux versions forment, avec la copie Chapet, un groupe de trois textes remontant à la même source, mais présentant de nombreuses différences de détail. En général le texte le moins bon est de loin celui de Barthélemy; le plus correct est celui de Gilbert, mais il n’est pas parfait, et les deux autres (surtout lorsqu'ils s'accordent contre lui) permettent de le rectifier sur plusieurs points.
En même temps la découverte du manuscrit A (163) permit d'éclairer l’origine des éditions du XvII* siècle : Barthélemy et Gilbert signalent une longue note, d’une écriture du XvIITe siècle, qui se trouvait en tête du manuscrit, et qui peut remonter aux éditeurs de 1731 eux-mêmes; il y est dit que dix réflexions seulement méritent d’être publiées, qui sont précisément les sept publiées à cette date, accompagnées des trois dernières : De l'inconstance. De la retraite. Des événements de ce siècle. Les neuf autres sont écartées pour diverses raisons, deux parce qu’elles sont barrées sur le manuscrit même (De l'amour et de la mer, De l’origine des maladies), les autres comme médiocres ou de faible intérêt2. Toutefois un point reste
r. Il les publia dans un ordre qui peut d’abord paraître bizarre, mais qui s'explique: il commence par compléter la réflexion XII; il continue en donnant dans l’ordre celles des suivantes qui avaient été omises jusque-là: XV, XVII, XVIIT; il revient ensuite en arrière, et donne successivement : XIV, XII, XI, VIII et IX, VII, VL, 1; il donne enfin, à part, les Événements de ce siècle.
>. Des réflexions Du vrai (1) et De l'incertitude de la jalousie (VIII) l'auteur déclare qu'«il y a quelque chose de louche », c’est-à-dire qu’elles manquent de clarté ; le morceau Des exemples (VII) est déclaré « peu approfondi et peu réfléchi », celui De l'amour et de la vie (IX) «de petite manière», et celui Dx rapport des hommes avec les animaux (XI) « faible et plat » ; il est reproché à la réflexion Des modèles de la nature et de la fortune (XIV) de contenir « plus de recherche d'esprit que de vérité », et à celle Des coqueites et des vieillards (XN) de tenir «aux mœurs du temps », en sorte qu’elle « pouvait avoir alors un mérite» qu’elle «n'aurait plus aujourd’hui». Cette note est reproduite en entier au tome Î de l'édition G.EF., pp. 274-277.
inexpliqué en ce qui concerne les éditions du XvIn* siècle : l’origine de la version de la réflexion IV (De la conversation) que donnent Brotier et le manuscrit Herbert!.
3° Recension d'un nouveau manuscrit: le manuscrit 325 bis
Lorsque le directeur de la collection G-.EF, Régnier, voulut contrôler et compléter l'édition des Œuvres de La Rochefoucauld, il découvrit à La Roche-Guyon une nouvelle copie du XvII* siècle, cotée 325 bis, capable de faire remettre en question l'établissement du texte des Réflexions diverses?. Il ne publia pas ce manuscrit, mais releva avec le plus grand soin les différences qu'il présentait par rapport à l’édition Gilbert, en sorte qu’il est aujourd’hui possible d’en reconstituer le texte (car lui aussi est désormais introuvable!). Ces différences sont de quatre sortes :
al un changement d'ordre — Alors que Gilbert donne (de même que la copie Chapet) les Événements de ce siècle en dixseptième position, avant De l'inconstance et De la retraite, le manuscrit 325 bis les place en tout dernier lieu. Si l’on en croit la note du XVII siècle signalée ci-dessus, une indication du manuscrit À (163) suggérait le même déplacement.
bl deux suppressions — Le manuscrit 325 bis omet les réflexions VI (De l'amour et de la mer) et XII (De l'origine
1. Brotier donne bien une indication à ce sujet : « On en trouvait (des Réflexions diverses) quelques parties, surtout ce qui regarde La Conversation, dans des bibliothèques particulières » (Observations sur les Réflexions diverses, p. 257) ; mais cela ne nous apprend pas comment a pu exister, d’une des réflexions, et d’une seule, une version aussi différente de toutes les autres.
2. Cf. appendice au tome I de l'édition G.EF, pp. VIII-IX, 83-98, 102, EU. à
3. L'auteur de la note écrit en effet à propos de la réflexion Des événements de ce siècle : « Ce dernier morceau est l’antépénultième dans le manuscrit; mais l’ordre qu’on suit ici (c'est-a-dire l'ordre dans lequel la note vient d'énumérer les Réflexions, en terminant par les Evénements de ce siècle) est le plus naturel, et une petite note qui est à la fin du morceau sur La Différence des esprits donne lieu de conjecturer que c'était l’ordre que l’auteur avait dans l'esprit» (éd. G.E-F, t. I, p. 275). On observera que la réflexion De la différence des esprits est la XVI, c'est-à-dire celle qui précède immédiatement les Événements de ce siècle dans le manuscrit À (163). Malheureusement ni Barthélemy ni Gilbert ne nous ont fait connaître la « petite note » en question.
des maladies). De fait l’auteur de la même note et Régnier signalent qu’elles étaient barrées sur le manuscrit A (163).
cl cinq additions — Le manuscrit 325 bis présente, à l’intérieur des Événements de ce siècle un développement consacré à la Grande Mademoiselle inconnu par ailleurs; il donne en outre, à la suite des Événements de ce siècle!, quatre fragments historiques concernant respectivement Mme de Montespan, Retz, Richelieu et le comte d’Harcourt, dont l’un n’est autre que le célèbre portrait de Retz publié dès le xXVIII® siècle par l'éditeur de Mme de Sévigné?, tandis que les trois autres étaient inédits.
d| une centaine de variantes de détail — Bien que quelquesunes de ces variantes correspondent à des lapsus du manuscrit 325 bis, une comparaison précise montre que dans l'ensemble il donne une version plus satisfaisante que l'édition Gilbert. Son texte est d’ailleurs souvent corroboré par la copie Chapet, voire par l'édition Barthélemy.
Il résulte de l'examen de ces diverses différences entre la version de Gilbert et ce nouveau manuscrit qu’il correspond très probablement à une ultime révision du texte des Réflexions diverses faite, sous le contrôle de l’auteur, à partir du manuscrit À (163) ou d’un autre analogue, et qu’il convient de le préférer aux autres versions.
Ces diverses considérations nous dictent les principes qui présideront à l'établissement de notre texte : 1° La version du manuscrit 325 bis sera retenue comme texte
de base.
20 Dans certains cas cependant (toujours signalés en note)
où il présente manifestement des erreurs, il sera corrigé en
r. Régnier a précisé les numéros des folios du manuscrit 325 bis, en sorte que l’ordre peut être reconstitué sans risque d'erreur : la réflexion Des événements de ce siècle commence, la dernière de toutes, au f° 37; du f° 39 v° au f° 43 v° s’intercale le développement sur la Grande Mademoiselle; ensuite les Événements de ce siècle continuent; viennent enfin le portrait de Mme de Montespan (F5 49 v° et 5o-r°), celui du cardinal de Retz (commençant au f° 50 v°), le morceau relatif aux débuts de Richelieu (f°5 52 v° à 54 v°) et le développement sur le comte d'Harcourt (f° 55 r° et v°).