‹ MaximesChapitre 178 sur 457 · DU FAUX · texte numérisé non relu

DU FAUX

avaient encore la faiblesse de l'enfance et sa légèreté. Maïs elles parurent avec toute leur force et toute leur malignité dans l'âge de fer, et répandirent dans le monde, par la suite de leur corruption, les diverses maladies qui ont affligé les bommes depuis tant de siècles. L'ambition a produit les fièvres aiguës et frénétiques!; l'envie a produit la jaunisse et l'insomnie ; c'est de la paresse que viennent les léthargies, les baralysies et les langueurs ; la colère a fait les étouffements, les ébullitions de sang, et les inflammations de poitrine ; la peur a fait les battements de cœur et les syncopes; la vanité a fait les folies; l'avarice, la teigne et la gale?; la tristesse a fait le scorbut; la cruauté, la pierre; la calomnie et les faux rapports ont répandu la rougeole, la petite vérole, et le pourpre3, et on doit à la jalousie la gangrène, la peste, et la rage. Les *disgrâces imprévues ont fait l'apoplexie ; les procès ont fait la migraine et le transport au cerveau ; les dettes ont fait les fièvres étiques +; l'ennui du mariage a produit la fièvre quarte, et la lassitude des amants qui n'osent se quitter a causé les vapeurs. L'amour, lui seul, a fait plus de maux que tout Le reste ensemble, et personne ne doit entreprendre de les exprimer; mais comme 1l fait aussi les plus grands biens de la vie, au lieu de médire de lui, on doit se taire; on doit le craindre et le respecter toujours.

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