‹ MaximesChapitre 22 sur 457 · GENESE, EVOLUTION, SOURCES XXII · texte numérisé non relu

GENESE, EVOLUTION, SOURCES XXII

développement sur l’amour-propre qu'il avait publié en 1659; c'était à vrai dire une page assez frivole par la préciosité du style et le goût du paradoxe; du moins permit-elle de faire clairement apparaître l’amour-propre comme le premier thème de l'ouvrage, d'autant plus que les maximes 2, 3 et 4 lui furent également consacrées. En même temps que cette introduction, le recueil reçut une conclusion, qui lui fit pendant : La Rochefoucauld rédigea un long texte sur le mépris de la mort, « j'entends, précisait-il, parler de ce mépris de la mort que les païens se vantent de tirer de leurs propres forces, sans l'espérance d'une meilleure vie' ». Ce n’est pas tout: un écrivain de second ordre, Henri de La Chapelle-Bessé, se chargea d’écrire une pesante lettre-préface pour réfuter les objections possibles (on les connaissait d'avance grâce à l'enquête de 1663), et pour situer les Maximes dans la ligne des Pères de l’Église: il reçut pour cela les conseils des Pères Esprit et Rapin, et de l’auteur lui-même?. Il ne restait à celui-ci qu’à composer un bref avant-propos, dans lequel il semble s'être plu à compenser le rôle de Père de l’Église dont on l’affublait (et qu’il ne se défendait pas d’endosser) par une affectation de désinvolture à l’égard de ses lecteurs.

La place nous manque pour examiner en détail le travail qu’il accomplit par ailleurs pour élaborer l'édition à partir des états antérieurs du texte4. Il va de soi qu'une grande partie de ce travail fut absorbée par le choix des maximes à retenir, et par leur mise en ordre, une autre par des améliorations de style. Une particularité doit toutefois être remarquée : aucune des notations de nature religieuse que l’on peut relever dans les versions manuscrites ne subsista dans l’édition; une dizaine d’allusions à Dieu, à la Providence, à la création, à la charité, ainsi qu’au péché originel et au diable, disparurent ainsi.

seté des vertus, et le rôle de l’amour-propre (la maxime 3 du manuscrit de Liancourt).

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