XX VIII INTRODUCTION
«On ne devrait s'étonner que de pouvoir encore s'étonner! » les réflexions désabusées de ce genre se multiplient; les sarcasmes contre les femmes se font plus appuyés que jamais, à tel point que l’abbesse de Malnoue écrit à l’auteur: «1/ me semble que Mme de La Fayette et moi méritons bien que vous ayez un peu meilleure opinion du sexe en général?. »
Une autre particularité avait frappé l’abbesse à la lecture des maximes destinées à la quatrième édition que La Rochefoucauld lui avait envoyées : la présence, dans cette série, de la maxime L'humilité est la véritable preuve des vertus chrétiennes; elle avait été « bien surprise de trouver là l'humilité® ». A la même époque furent composées trois autres maximes que l’on pourrait appeler de dévotion Mais celle-ci seule devait être publiée : s’il y eut à cet égard une amorce d’évolution, elle resta sans lendemain.
À tout prendre, l’on ne décèle pas de transformation tangible de l'esprit des maximes au niveau des troisième, quatrième et cinquième éditions. Un seul fait patent: la constante augmentation de la place réservée au thème de la vieillesse. Rien de surprenant à cela.
A côté des Maximes existe un autre ouvrage, dont il importe de déterminer l’origine et les rapports avec elles : les Réflexions diverses.
L’on manque, malheureusement, de documents à leur sujet; il est étrange que La Rochefoucauld, qui leur attachait assez de prix pour en revoir les manuscrits dans les dernières années de sa vie, n’en ait jamais parlé dans les lettres qui ont été conservées, que ses correspondants n’y fassent pas d’allusions non plus, enfin que personne ne semble s'être
Max. 384 (4 édition).
Lettre 45.
. Ibid. Y| s’agit de la maxime 358.
. MP 35, 37 et 38.
Cf. la notice des Réflexions diverses, pp. 177 sq.