‹ MaximesChapitre 282 sur 457 · CCXLIV. N° 230 à partir de la 2° édition. Texte modifié · texte numérisé non relu

CCXLIV. N° 230 à partir de la 2° édition. Texte modifié

Rien n’est si contagieux que l’exemple, et nous ne faisons jamais de grands biens ni de grands maux qui #'en produisent de semblables. Nous imitons les bonnes actions par émulation, et les mauvaises par la malignité de notre nature que la honte retenait brisonnière et que l'exemple met en liberté.

Limitation est toujours malheureuse, et tout ce qui est contrefait déplaît avec les mêmes choses qui charment lorsqu'elles sont naturelles.

Quelque prétexte que nous donnions à nos afflictions, ce n’est que l'intérêt et la vanité qui les causent.

Il y a une espèce d’hypocrisie dans les afflictions, car sous prétexte de pleurer la perte d’une personne qui nous est chère nous nous pleurons nous-mêmes; nous pleurons la diminution de notre bien, de notre plaisir, de notre considération, en la personne que nous pleurons. De cette manière les morts ont l'honneur des larmes qui ne coulent que pour ceux qui les versent. J'ai dit que c'était une espèce d’hypocrisie, parce que, par elle, l’homme se trompe seulement soi-même. Il y en a une autre qui n’est pas si innocente, et qui impose à tout le monde : c’est l’affliction de certaines personnes qui aspirent à la gloire d’une belle et immortelle douleur ; car le temps, qui consume tout, l'ayant consumée, elles ne laissent pas d’opiniâtrer leurs pleurs, leurs plaintes

CCXLV. Supprimée dès la 2° édition (MS 43). Remplacée par la maxime que voici (n° 231) :

C'est une grande folie de vouloir être sage tout seul.

CCXLVI. N° 232 à partir de la 2° édition. Un mot ajouté : ce n’est souvent que l'intérêt.

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